Le chant dans le liturgie
Lundi 10 janvier 2005 — Dernier ajout mercredi 17 août 2011

1- Introduction : des difficultés à surmonter

Chacun sait combien le chant tient une place importante dans la vie culturelle, économique et humaine, surtout lorsque l’homme se retrouve avec d’autres pour célébrer un événement particulier (fête de famille, rencontre sportive)
On comprend donc que toute célébration liturgique, puisqu’elle est action communautaire, donne une grande place au chant et que sa place soit essentielle dans la célébration chrétienne qui dit l’action de grâce et la louange

Dès lors, une question se pose de manière très forte aujourd’hui face au déferlement des chants liturgiques ou religieux : en célébration, quel est le chant qui convient ?


Lorsque vous achetez un CD ou une cassette,vous choisissez évidemment la musique qui vous plait.

Peut-on choisir ce critère lorsqu’il s’agit de chant liturgique ?

Si le plaisir de chanter aide à mieux célébrer, il est clair qu’il ne peut être ni le seul ni le premier critère de choix du chant liturgique. En effet, dans la liturgie, chaque chant a d’abord une fonction à remplir par rapport au temps liturgique et par rapport à l’action liturgique qu’il accompagne.

Les textes officiels

La Constitution sur la Sainte Liturgie (CSL) et la Présentation générale du Missel romain (PGMR) donnent un bon nombre d’indications concernant le chant liturgique

  • le chant sacré lié aux paroles fait partie nécessaire ou intégrante de la liturgie solennelle (CSL 112)
  • la musique sacrée a une fonction ministérielle dans le service divin (CSL 112)
  • la musique sacrée sera d’autant plus sainte qu’elle sera en connexion plus étroite avec l’action liturgique (CSL 112)
  • l’Eglise approuve toutes les formes d’art véritable, si elles sont dotées des qualités requises et elle les admet dans le culte divin (CSL 112)
  • la fin de la musique sacrée est la gloire de Dieu et la sanctification des fidèles. (CSL 112)
  • l’action liturgique présente une forme plus noble lorsque les offices divins sont célébrés solennellement avec chants, que les ministres sacrés y interviennent et que le peuple y participe activement (CSL 113)
  • on fera donc grand usage du chant dans les célébrations, en tenant compte de la mentalité des peuples et des aptitudes de chaque assemblée. (PGMR 19)
  • l’Eglise reconnaît dans le grégorien le chant propre de la liturgie romaine ((CSL 116)
    Chant grégorien
  • les autres genres de musique sacrée, mais surtout la polyphonie, ne sont nullement exclus. (CSL 116)
  • le chant religieux populaire sera intelligemment favorisé(CSL 118)

L’énumération peut paraître fastidieuse mais il est important d’avoir ces textes présents à l’esprit : ils disent dans quel esprit il faut choisir un chant liturgique. Par contre, ils ne disent pas quel chant il faut choisir : cela revient au discernement des acteurs de la liturgie

Des difficultés à surmonter

Certaines composantes culturelles de la mentalité contemporaine à l’égard de la musique rendent ce discernement très difficile.

  • Dans beaucoup d’esprits s’est installée l’idée que la seule vraie musique est celle dont le seul but est de procurer du plaisir à l’auditeur. Or, la musique liturgique est toujours une musique destinée à accompagner un rite précis ou du moins une action liturgique.
  • Le déferlement des musiques de variété et l’éclatement des cultures musicales ont élargi le champ des styles musicaux et augmenté leur vitesse de diffusion. En conséquence, de multiples « chapelles » musicales sont nées, provoquant des phénomènes de rejet ; un système de « mode » passagère s’est répandu, où un genre nouveau chasse sans cesse le précédent.
    Une gerbe de notes !
  • L’abondante production de chants liturgiques ou religieux n’échappe pas aux phénomènes d’exaltation du goût individuel et à l’instabilité de la mode. Le choix des chants devient excessivement difficile tant il est soumis aux pressions des courants ou des modes du moment. Alors, la convenance liturgique cède à un système commercial dont les principes premiers ne sont ni l’objectivité liturgique, ni la qualité des textes et des mélodies.

Or, la musique liturgique et particulièrement le chant ont une fonction d’unification. D’une assemblée diverse d’âges, d’expériences, de cultures, ils doivent faire une assemblée célébrante, chantant son Seigneur d’un seul cœur (chœur) et d’une même voix.

D’autre part, le chant liturgique doit avoir un minimum de stabilité de par son rapport au rite. Non seulement il doit aider à le déployer, mais il sert aussi à l’identifier ; non seulement il sert à la beauté des célébrations, mais il doit nourrir la foi des fidèles. L’actuelle ambiance de goûts individualistes, de réflexe de consommation, de recherche à tout prix de l’originalité passagère des modes, rendent difficile le travail de ceux qui ont à trouver le chant liturgique le mieux adapté au rite.

Pourtant des solutions existent et elles peu vent être mises en œuvre à condition d’avoir toujours à l’esprit que les chants doivent « s’accorder avec l’esprit de l’action liturgique » (CSL 116) et qu’ils doivent être « en connexion étroite avec l’action liturgique » (CSL 112).

Alors, comment choisir ?

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