Mercredi 9 novembre 2016 — Dernier ajout jeudi 17 novembre 2016

11 novembre : temps de prière pour la paix dans tous les diocèses

Dans le cadre de l’Armistice, Mgr Denis Moutel présidera une messe le vendredi 11 novembre à la Cathédrale Saint-Etienne de Saint-Brieuc, à 9h45.

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Photo d’archive (2015)
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Prière pour la paix
Une action de mémoire

Un temps de prière pour la paix est faite à tous les diocèses à l’occasion du 11 novembre, anniversaire de l’Armistice et fête de Saint Martin, patron secondaire de la France, élaboré par le Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle (SNPLS) et le Diocèse aux Armées françaises.

Mgr Luc Ravel, évêque aux armées françaises, redonne l’esprit de cette initiative à travers une interview donnée à Chantal Joly.

>>> Interview à retrouver en intégralité ici <<<

Témoignages
d’anciens combattants

  • Lettre d’un jeune prêtre à ses sœurs
    Mort pour la France en 1916

Ma bien chère petite Édith, ma bien chère petite Alice,

Si vous recevez cette lettre, c’est que le bon Dieu aura accepté le sacrifice que, depuis longtemps déjà, je lui ai fait de ma vie. Avec moi, mes bien chères petites, il faudra, non pas pleurer, mais remercier Dieu, qui aura exaucé ma prière.

Elle a toujours été en effet : mon Dieu, faites en moi votre sainte volonté. Si, fidèle à votre grâce, je puis vivre uni à vous malgré les distractions, les tentations, les épreuves, devenir même, à cause d’elles, meilleur et plus saint… J’accepte avec amour de vivre, quelles que soient les croix à porter. Mais si, cédant à ma faiblesse, je dois vieillir en devenant moins prêtre, en comprenant moins la croix, si je dois me rechercher et travailler pour moi, au lieu de travailler pour les âmes et en définitive pour Dieu, prenez-moi de suite près de vous, pour que, du moins, vous retiriez de ma mort ce que je n’aurais pas eu le courage de vous donner par ma vie : un peu de bien fait aux âmes, un peu d’amour et de gloire pour vous…

Il faudra vous dire, mes chères petites sœurs,… et vous ferez savoir tout cela à Papa, Fernand, Violette et Madeleine, que, maintenant plus que jamais, j’aime chacun de vous ; que je veille davantage sur vos âmes ; que je vous suis dans chacune de vos journées, partageant vos joies et vos peines… Vous prierez aussi pour que ma mort obtienne de Dieu ce que je lui demande en lui offrant ma vie. Mon Dieu, je vous offre mon pauvre sang, afin que votre règne arrive, et que votre volonté soit faite ; établissez votre règne dans toutes les âmes !

  • Lettre de Gaston Biron à sa mère
    Mort pour la France en septembre 1916

Ma chère mère,

Par quel miracle suis-je sorti de cet enfer, je me demande encore bien des fois s’il est vrai que je suis encore vivant ; pense donc, nous sommes montés mille deux cents et nous sommes redescendus trois cents ; pourquoi suis-je de ces trois cents qui ont eu la chance de s’en tirer je n’en sais rien, pourtant j’aurais dû être tué cent fois, et à chaque minute, pendant ces huit longs jours, j’ai cru ma dernière heure arrivée. Nous étions tous montés là-haut après avoir fait le sacrifice de notre vie, car nous ne pensions pas qu’il fût possible de se tirer d’une pareille fournaise. Oui, ma chère mère, nous avons beaucoup souffert et personne ne pourra jamais savoir par quelles transes et quelles souffrances horribles nous avons passé.

A la souffrance morale de croire à chaque instant la mort nous surprendre viennent s’ajouter les souffrances physiques de longues nuits sans dormir : huit jours sans boire et presque sans manger, huit jours à vivre au milieu d’un charnier humain, couchant au milieu des cadavres, marchant sur nos camarades tombés la veille ; ah ! J’ai bien pensé à vous tous durant ces heures terribles, et ce fut ma plus grande souffrance que l’idée de ne jamais vous revoir.

Nous avons tous bien vieilli, ma chère mère, et pour beaucoup, les cheveux grisonnants seront la marque éternelle des souffrances endurées ; et je suis de ceux-là. Plus de rires, plus de gaieté au bataillon, nous portons dans notre cœur le deuil de tous nos camarades tombés à Verdun du 5 au 12 mars. Est-ce un bonheur pour moi d’en être réchappé ? Je l’ignore mais si je dois tomber plus tard, il eût été préférable que je reste là-bas.

Tu as raison de prier pour moi, nous avons tous besoin que quelqu’un prie pour nous, et moi-même bien souvent quand les obus tombaient autour de moi, je murmurais les prières que j’ai apprises quand j’étais tout petit, et tu peux croire que jamais prières ne furent dites avec plus de ferveur.

Ton fils qui te chérit et t’embrasse un million de fois.

Gaston

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