Pèlerinage diocésain
Jeudi 18 mai 2017 — Dernier ajout vendredi 19 mai 2017

150 personnes en pèlerinage à Pontmain

Après Landevennec l’an dernier, les pèlerins du diocèse ont découvert, le 15 mai, le site de Pontmain. Ils y ont reçu les enseignements de Mgr Denis Moutel et du diacre Serge Kerrien sur le thème « Choisir l’espérance ». Le père Bernard Dullié, recteur du sanctuaire, a détaillé le contexte dans lequel la Vierge est apparue aux enfants de Pontmain.

Retour sur la histoire qui a fait
la renommée de Pontmain

La soirée du 17 janvier 1871 annonce une nuit glaciale, à Pontmain. Il est 17h, il fait déjà nuit noire. Dans ce hameau de campagne mayennaise, on a froid, on a faim. On a peur aussi : la France a perdu contre la Prusse et on dit que les Allemands seraient déjà à Laval ! Alors qu’ils aident leurs parents à la grange, deux enfants poussent le nez dehors, histoire de voir s’il neige encore. Mais un phénomène étrange arrête Eugène et Joseph Barbedette. Dans le ciel, au-dessus du bureau de tabac, une dame apparaît. Elle est vêtue d’une robe bleue parsemée d’étoiles… Qu’elle est belle ! Les adultes, eux, ne voient décidément rien… Pourtant plusieurs enfants du village, venus comme témoins, verront la Vierge Marie leur apparaître pendant trois heures, dans le ciel d’hiver. Et leur délivrer ce message : « Mais priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon fils se laisse toucher. »

L’histoire émouvante de Pontmain est relayée dans trois lieux qui se visitent dans un mouchoir de poche. Dans la grange de la famille Barbedette, restée telle quelle avec son sol en terre battue et ses outils d’époque, une fresque animée par un son et lumière rappelle le récit de cette nuit mémorable. Cinq statues présentent les différentes phases de l’apparition. A l’église paroissiale, reconstruite par l’abbé Guérin, le magnifique plafond peint nous remet la tête dans les étoiles. Enfin, à l’accueil des pèlerins, les enfants se réjouiront avec la vidéo qui retrace, sous forme de dessin animé, le formidable destin d’Eugène et Joseph Barbedette, Françoise Richer et Jeanne-Marie Lebosse. Comme Jeanne Courtel à Querrien (La Prénessaye), c’est à des enfants que la Vierge s’est adressée. Autre similitude avec le diocèse de Saint-Brieuc : celui de Laval, auquel appartient Pontmain, va lui aussi faire l’expérience d’un synode diocésain, dans les mois qui viennent.

Le diocèse de Saint-Brieuc en pèlerinage

Ce message, les 150 pèlerins des Côtes-d’Armor venus à Pontmain ce 15 mai ont pu le lire et le méditer dès leur arrivée au sanctuaire, vers 10h. Car il est inscrit en lettres capitales sur tout le chœur de la basilique érigée peu de temps après les apparitions. Sous les vitraux jouant dans avec les camaïeux de bleus, ils ont assisté, le matin, à une messe solennelle présidée par Mgr Denis Moutel.

L’après-midi, ils ont mieux compris le rôle crucial joué par l’abbé Michel Guérin dans l’édification des âmes de ce village reculé et oublié en cette fin du XIXe siècle. Le père Bernard Dullié, recteur du sanctuaire, explique : « Michel Guérin a l’entêtement des doux : il est arrivé à Pontmain en 1836 et ne l’a jamais quitté. Avec la spiritualité « A Jésus, par Marie », il réapprend à ces petites gens à prier le chapelet, distribue une statue de la Vierge dans chaque maison et fait restaurer l’église où il place une belle statue de la Mère de Dieu. Il insiste sur la communion fréquente et surtout celle des petits enfants. Il reconstruit une communauté chrétienne et humaine où l’espérance peut renaître. » Un terreau favorable où ces enfants de 10 à 15 ans, issus de familles très pauvres, recevront la grâce de voir la Vierge. Le recteur, oblat de Marie Immaculée, conclut : « Pontmain, c’est l’apparition de Dieu dans l’histoire des hommes, tels qu’ils sont. » Un procès en canonisation a ouvert pour que soit reconnue la sainteté du modeste curé.

Extraits de l’homélie de Mgr Denis Moutel

« Trois choses me marquent à Pontmain :

  • Les enfants : comme à Fatima, comme à Querrien, la dame se fait connaître à des enfants.
  • Les villageois : toutes les générations sont là, la nuit des apparitions du 17 janvier 1871, pour former la famille de Dieu.
  • Le prêtre, l’abbé Michel Guérin [curé de Pontmain au moment des apparitions, ndlr] : il a aimé passionnément ses paroissiens et le Seigneur. Il a initié ceux qu’il aimait à une prière véhémente à Notre-Dame de la prière, Notre-Dame d’Espérance.

A Fatima, le pape François a insisté sur le fait que « l’Eglise resplendit quand elle est pauvre de moyens mais riche d’amour. » Je confie la clôture solennelle de notre synode, le 4 juin, à Notre-Dame d’Espérance. L’espérance n’est pas du côté de la perfection, mais de l’enfant qui compte sur son papa, sa maman. Les enfants de Dieu doivent aussi savoir compter sur Dieu. En recevant le actes du synode, nous pourrons demander au Seigneur de venir nous enseigner, nous conduire là où nous sommes, petits et pauvres. Nous devons nous rassembler en pèlerinage, et aussi dans notre diocèse, sans perdre trop de temps à nous chicaner. »

Extraits de l’enseignement du diacre Serge Kerrien

« Derrière le phénomène des apparitions nous est dit quelque chose de la foi, de l’espérance. Dès l’Ancien Testament, l’espérance désigne la confiance en Dieu. Et c’est cela qui va être en jeu avec les suites de notre synode. Sommes-nous encore capables de faire confiance ? La Vierge Marie nous le dit : faites donc confiance ! Car Dieu répond toujours. Pas forcément de la manière dont on s’y attend. Le prophète Isaïe annonce la venue d’un sauveur, mais Dieu choisira le moment…

Lisez le livre de Sophonie : « Il dansera avec des cris de joie… »
Comment le prophète peut-il écrire cela alors qu’à cette époque, le peuple est exilé, en captivité ? Car l’espérance naît toujours au cœur de nos détresses. Aujourd’hui, sans doute, le synode est-il un don que Dieu nous fait dans sa grâce d’espérance.

La lecture du psaume 21, quant à lui, nous fait regarder le Christ autrement : comme un signe d’espérance. Face à la mort, nous disent les psaumes, nous n’avons rien à craindre.
Étonnamment, dans les Évangiles, le mot espérance n’est pas prononcé une seule fois. Parce que l’espérance, c’est Jésus, le Christ. Mais Paul indique que dans la mort, nous vivrons de la vie de Dieu. Nous allons en Dieu pour partager sa vie. L’espérance chrétienne est un visage, un appel pour aller au Christ.

Comment inviter à l’espérance ?

  • ouvrir nos cœurs pour que le Seigneur y sème l’espérance
  • être en amitié avec Dieu et le Christ par la prière
  • pratiquer une espérance active en aimant Dieu et les autres en adhérant à cette vie qui advient, sans nostalgie
  • choisir de faire confiance à Dieu. »

Voir en ligne : Plus de renseignements sur le sanctuaire

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