Sites Web : Communauté des paroisses du Littoral Ouest

Publié le dimanche 21 mars 2010

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Paroisses Notre Dame de la Mer (Plérin-Pordic), Étables-sur-Mer du diocèse catholique de Saint-Brieuc et Tréguier.

Jésus face aux médias

21 avril, par Kerprat

Profitant de la campagne présidentielle en France, Jésus a été invité par les médias. Vous ne l’avez peut-être pas vu.
Sur le plateau de la télévision ont pris place successivement, un sociologue, économiste à ses heure, un légiste diplômé en Droit Canonique, et une femme avocate.

Questions posées par le sociologue :

Q. : Bienvenue Monsieur Jésus, vous avez parcouru la campagne de long en large, du Nord au Sud et même en Décapole ; vous avez rencontré beaucoup de gens pour diffuser votre Parole. Quelle originalité pour un fils de charpentier et charpentier vous-même !

Jésus : Oui, vous faites bien de souligner que je n’ai exclu aucune population. J’ai pris du temps avant de me lancer dans cette campagne, en vie publique.

  • Pendant 30 ans je suis resté en famille, mon père et ma mère, une sainte famille, m’ont initié à la Foi de mes ancêtres, à vrai dire à l’Alliance de Dieu avec notre peuple. Je n’ai commencé qu’à 12 ans à entamer une nouvelle catéchèse, notamment à l’occasion d’un grand oral au Temple lui-même.

Q. : Venons-en à votre conception de la vie sociale. N’avez-vous pas un peu bouleversé les codes ?
J’ai lu que vous payez autant les ouvriers de la dernière heure que ceux qui ont trimé toute la journée sous le soleil ?

Jésus : C’est exact, mais une parabole est une façon de sensibiliser l’assemblée. Tout travail mérite salaire ; ceux qui ont chômé toute la journée, alors que personne ne les a embauchés, ont aussi une famille à nourrir. Comment rester insensible et ignorer leur situation ? La justice c’est bien, mais l’attention aux personnes, l’amour transcende la vision de grille de salaire. En fait, et c’est bien le cœur même de mon message de la Bonne Nouvelle que je suis venu annoncer, sans amour la vie est vaine.
J’ai appris dans l’Écriture que Dieu est amour, mais ce n’est pas un amour platonique, intellectuel, une pieuse pensée. C’est pourquoi j’ai annoncé sur la montagne, que seul un amour en acte est digne : l’accueil de l’étranger, Abraham l’a bien réalisé, de l’immigré, moi-même j’ai été immigré en Égypte, de l’orphelin et de la veuve qui n’a même pas de pension de réversion ni de minimum vieillesse.

Q. : C’est bien ce que je disais vous renversez les codes généralement admis.

Jésus : Je suis venu sur cette Terre apporter le feu, mettre les gens devant leur destin. La Terre n’est propriété de personne, les habitants ne sont que des locataires, des régisseurs.
Lodato Si ! disent les italiens, loué sois-tu Père Eternel de nous confier cet univers ! L’écologie n’est pas affaire d’hurluberlu, mais une vie en symbiose avec la Terre. Ce n’est pas moi qui le dit mais le Créateur « et Dieu vit que cela était bon ».

Q. : En stigmatisant les riches, en disant qu’il est plus facile à un chameau de passer par le chas d’une aiguille, vous y allez un peu fort.

Jésus : Oui je reconnais la force d’une telle affirmation ; mais être riche c’est être plein, plein de sous et surtout de soi-même. On ne peut servir deux Maîtres, Dieu ou l’argent. Le bonheur que je promets n’est pas un paradis… fiscal. Bienheureux sont les gens qui comprennent que vivre c’est être en relation harmonieuse avec les autres.

Q. : Dernière question plutôt sociétale, vous semblez attaché à la famille ; ne peut-elle évoluer ?

Jésus : En toute chose il faut revenir à la source à l’essentiel. En créant cet univers, Dieu le Père a créé l’homme à son image, on a tendance à l’oublier. Or, en Dieu, nous sommes Un et Trine : Le Père aime le Fils, le Fils aime le Père, en communion avec L’Esprit. Pour vous les hommes cela semble bizarre, mais la famille humaine, père, mère enfant est un échange d’amour, éros est assumé en agapè ; la vie humaine se transmet par acte d’amour. Comme vous le voyez on revient toujours à la source, à la cause première : l’amour, don de soi, suspendu au par-don divin.

Q. : je vous remercie de vos réponses toniques, et vous souhaite de faire campagne sur ces valeurs.

Jésus : c’est moi qui vous remercie de cette tribune inédite qui me donne l’occasion de mettre en exergue quelques évidences, Bonne Nouvelle que je transmets à tous.

L’organisateur de l’émission passe alors la parole à un juriste, bien connu, Professeur en Droit.

Question : Bonsoir Monsieur Jésus, c’est avec grand plaisir que je vous rencontre et que j’ose vous poser quelques questions. Vous êtes né et avez grandi dans un milieu sémitique un peu turbulent. Il est dit que Dieu fit Alliance avec ce peuple « à la nuque raide » , ne trouvez-vous pas qu’il n’a pas choisi un peuple des plus pacifiques ?

Jésus : Je ne me prononcerai pas sur le choix de l’Éternel. En appelant Abraham de l’Euphrate, ne lui a-t-il pas demandé de quitter son pays, pourtant riche de la culture assyrienne ? Et Abraham a d’emblée accepté la demande, adhérant au Dieu Unique. Par la suite, tout au long des vicissitudes de ce peuple errant, il l’a toujours accompagné. Dieu est fidèle, lui !
Son alliance avec le peuple élu demeure, mais je propose une Nouvelle Alliance.

Q. : revenons à vous. Vous avez adhéré au club des insoumis, traitant les docteurs de la Loi, les Pharisiens de sépulcres blanchis. Vous êtes rebelle à la Loi, à la Loi de Moïse ?

Jésus : Non je ne suis pas rebelle à la Loi, la Loi mosaïque a construit, structuré toute la vie du peuple juif. Mais certains prennent la Loi à la lettre, et la lettre tue, c’est l’esprit qui vivifie. Respecter les préceptes, certes, mais en gardant le sens de la prescription. Trop de loi tue la loi ; ce qui compte c’est pourquoi on doit respecter la Loi.
Un jour les gens m’ont amené une femme adultère, j’aurais dû me référer à la Loi de Moïse qui prescrit le châtiment. Logique légale et légitime. J’ai préféré faire appel à la responsabilité de chacun, non sans demander à cette pécheresse de ne plus recommencer. D’ailleurs que je sache un adultère s’était commis à deux, on ne m’a pas amené le monsieur !
La miséricorde est un remède divin, un remède c’est pour les malades.

Q. : quand même, passer à table sans vous laver les mains, cueillir des épis le jour du Sabbath, vous narguez un peu les bien-pensants ?

Jésus : Ce qui souille l’homme, ce n’est pas ce qu’il mange, mais ce qui en sort ; les ablutions corporelles sont l’extérieur, l’apparence, ce qui se voit. Pour moi ce qui compte c’est le cœur, le cœur du cœur : la conscience, la conversion en somme.
Aucun rite n’a de valeur que s’il est accompagné de sens. Mon cousin Jean a baptisé dans l’eau, moi je recommande le baptême dans l’Esprit, un plongeon dans la vie divine. Aujourd’hui Dieu se fait homme, s’incarne dans sa création humaine, pour que les hommes deviennent eux aussi des fils de Dieu.
La Loi était un cadre, l’Esprit est le tableau du divin peintre.

Q. : alors que devons-nous retenir de votre position juridique ?

Jésus : Je ne suis pas venu abolir la Loi, ni les prophètes, mais parachever, accomplir le projet d’un Dieu Père. Si je suis Son Fils bien-aimé, c’est pour que tous les hommes soient mes frères. Reconnaissez que c’est un programme qui a du sens.

Q : Je vous remercie de témoigner d’un tel idéal.

L’animateur présente alors l’avocate qui va interroger Jésus sur son programme sur les femmes.

Q. : Bonjour Monsieur Jésus. Vous allez trouver hardi qu’une femme vienne vous interviewer !

Jésus : Bonjour à vous ; non cela n’a rien d’hétéroclite. Dès le commencement le Créateur a fait l’homme et la femme à son image. Dieu est dit Père, mais il est aussi Mère ; il échappe à vos canons d’opposition.
D’ailleurs la première place de la femme c’est qu’elle reçoit la semence et l’a fait s’épanouir. Conception, gestation et mise au monde, quelle magnifique participation à la création.

Q : Vous élevez le débat très haut, mais concrètement quelle a été votre relation avec les femmes ?

Jésus : Permettez que je cite d’abord ma mère, la femme de ma vie. Elle a été choisie de toute éternité pour réaliser la promesse divine, donner vie humaine au Messie.
Quand j’ai débuté ma vie publique, lors des noces à Cana, c’est elle qui discrètement m’a pour ainsi dire lancé. Mais si je parle de ma mère, c’est pour dire qu’elle était un modèle, le paradigme pour toute l’humanité, puisque sont mon père ou ma mère ceux qui écoutent la Parole, et la mettent en pratique.

Q : soit, mais les autres Marie, Madeleine et Dina la Samaritaine ?

Jésus : vous faites bien de les citer. Plusieurs femmes nous ont accompagnés dans nos tournées .On dit qu’elles assuraient le quotidien, la logistique. Oui ,mais pas seulement.
Elles ont été championnes de fidélité, me suivant même lors de mon chemin de croix. Et même au pied de la croix et lors de mon ensevelissement.
Le troisième jour, de bon matin - les femmes sont toujours matinales - elles étaient les premières au Jardin d’Arimathie.

Q : Votre attitude vis-à-vis des femmes tranche avec la sainte Écriture : j’ai lu dans l’Ecclésiaste qu’on leur reproche d’être acariâtres, et que vivre avec une femme c’est comme vivre sous une gouttière percée.

Jésus : L’homme, le mâle, a toujours tendance surtout dans les civilisations nomades, bédouines, de se comporter en macho. Quand j’allais chez mon ami Lazare à Béthanie, ses sœurs étaient vraiment des amies attentives. Marthe, quelle délicatesse ! pas seulement pour sa cuisine, mais ses réflexions. Quant à Marie, la dilection qu’elle me portait allait tout droit au cœur de Dieu.

Q. : Vous avez quand même rabroué Madame Zébédée

Jésus : Je comprends l’amour intransigeant d’une mère pour ses fils, mais intervenir pour les placer au pinacle du paradis, ce sont des propos de mère juive ! Je ne l’ai pas rejetée, juste saisi l’occasion de proclamer une Bonne Nouvelle où seul l’amour est vertu. Pas de Zébédée gate !
Les femmes ont un gros avantage sur les hommes, elles sont douées d’intuition, ce qui est le seuil de l’attention aux autres.

Q. : Vous avez dit que certains se sont faits eunuques pour le Royaume, vous semblez indiquer le mépris ou la négation de la sexualité ?

Jésus : absolument pas, en créant l’homme et femme, Dieu dit croissez et multipliez vous. La sexualité est une base de la vie, et de l’épanouissement des époux. Reconnaissez que dans l’opus carnis, l’échange, le baiser a quelque chose de divin.
Mais en employant cette image que vous citez, j’ai voulu dire que renoncer à certains désirs, légitimes, pour adopter une vie plus spirituelle que charnelle, c’est un peu préfigurer la vie éternelle. Dans le Royaume, il n’y a plus ni homme ni femme, au sens matériel de créatures terrestres, mais des êtres nouveaux. Ce qui est impossible aux hommes, est possible à Dieu.

Q. : En fait vous admettez une égalité absolue entre les hommes et les femmes.

Jésus : Parfaite égalité et complémentarité. Les différences n’existent que pour être ajustées les unes aux autres.
Du haut de la croix, en une dernière parole, n’ai-je donc pas dit à Jean : Voici ta mère ?

Reconnaissez que c’était une façon de réunir hommes et femmes en place égale sous son giron.

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