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Publié le mardi 21 octobre 2008

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Monseigneur Christian Kratz : « Ce livre permet de dissiper les préjugés »

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13 septembre, par elise

A l’occasion de la sortie de l’ouvrage : « Évangéliser aujourd’hui – des catholiques et des évangéliques s’interpellent », Monseigneur Kratz, évêque auxiliaire de Strasbourg et co-président du Groupe national de conversations catholiques-évangéliques explique en quoi la question de l’évangélisation est un sujet à la fois crucial et sensible . Interview.

Comment est né le Groupe de conversations évangéliques-catholiques ?
Il existe un conseil pour l’Unité des chrétiens au sein de la Conférence des évêques de France (CEF). À l’intérieur de ce conseil sont nés des groupes de dialogue avec les luthériens, les réformés, les baptistes, les orthodoxes et les anglicans… Nous avons senti la nécessité, en 1998, de créer un Groupe de conversations évangéliques-catholiques. La création de cette instance nous permet de mieux nous connaître.
En 2008, à l’occasion des 10 ans du groupe de travail, vous avez décidé de travailler sur le thème « Evangéliser ensemble ». Quelle a été la genèse du projet ? Pourquoi ce choix 
Monseigneur Philippe Gueneley qui était le co-président catholique a lancé en concertation avec le groupe. Il s’agissait, à l’origine, de rédiger des fiches relatives à la question suivante : « Peut-on évangéliser ensemble ? » Pour répondre, il a fallu faire un détour théologique, et réfléchir à des problématiques spécifiques comme : qu’est-ce que c’est évangéliser, un chrétien est-il nécessairement un converti ?, l’homme a-t-il besoin d’être sauvé ? ou le baptême est-il un obstacle pour l’évangélisation en commun ? Nous avons travaillé ces quatre chapitres et avons réalisé que ces axes pourraient prendre place dans un livre qui regrouperait les différents travaux.
Ces quatre grands thèmes choisis ont-ils été facile à déterminer ?
Ils se sont imposés comme une évidence. Nous avons procédé à un « brainstorming » puis structuré les chapitres par deux. Les binômes composés d’un catholique et d’un évangélique soumettaient le texte étudié à l’ensemble du groupe. Dans chaque chapitre s’exprime les points de vue catholique et évangélique. Nous explorons les sujets qui nous différencient ou qui nous séparent et qui peuvent empêcher des actions communes.
Quels sont les points de convergence et ceux qui vous divisent ?
La grande question qui nous sépare est d’ordre ecclésiologique : le rôle et la place de l’Église, l’autorité dans l’Église ou les ministères dans l’Église… Toutes ces questions constituent des obstacles même si nous nous accordons sur certains points : la mort et la résurrection, la conversion et l’accueil de l’Évangile.
Le titre de l’ouvrage « Évangéliser aujourd’hui ? » est-il une évidence ?
Le titre initial : « Peut-on évangéliser ensemble ? » ne plaisait pas à tous. Nous l’avons reformulé pour qu’il soit accepté par les deux partis. La Conférence épiscopale française (CEF) et le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) se sont mis d’accord sur la formule suivante : « Evangéliser aujourd’hui des catholiques et des évangéliques s’interpellent. »
Dans l’introduction, vous soulignez les difficultés rencontrées : les sujets plus difficiles à aborder, la lenteur du travail. Ce temps de maturation était-il pas nécessaire pour progresser sur les différentes problématiques ?
Oui, ce temps était nécessaire pour que nous nous mettions d’accord entre nous car nous appréhendions la façon dont ces questions allaient être reçues par nos communautés respectives…
Le pasteur évangélique Jean-Paul Rempp souligne que « La guérison de certains malentendus passe par une meilleure connaissance de l’autre ». Cet ouvrage aide-t-il à mieux se connaitre ?
Ce livre voudrait permettre de dissiper les préjugés. L’ignorance de l’autre suscite la peur. Par exemple : les évangéliques pensent que nous faisons de Marie la quatrième personne de la Trinité ou que nous ne sommes pas vraiment chrétiens parce que nous baptisons des enfants. Du côté des catholiques, nous avons souvent une attitude d’une grande méfiance en les qualifiant de « secte ».
La démarche du Groupe de conversations évangéliques-catholiques est très intéressante car elle permet une découverte réciproque…
En effet, ce ne sont pas des catholiques qui écrivent sur des évangéliques ou sur les relations catholiques-évangéliques. Ce sont des catholiques et des évangéliques qui se rencontrent et prient ensemble. Nous apprenons à nous connaitre mutuellement. Nous discutons, nous débattons pour faire des propositions aux communautés respectives. Au-delà du travail théologique, c’est une expérience spirituelle et pastorale. N’oublions pas que le but de nos travaux est d’avoir un écho sur le terrain et de mieux appréhender la complexité des situations.
Quelles thèmes traiterez-vous dans les prochains mois ?
Nous n’en sommes qu’à la moitié du chemin puisque nous allons travailler avec nos experts en théologie sur les miracles et les guérisons, les médiations ecclésiales et le rôle médiateur de l’Église… Nous corrigeons, amendons, complétons les textes pour satisfaire les deux partis. Et cela fera prochainement l’objet d’un nouveau chapitre.
Quelles difficultés doivent-elles être encore surmontées ?
De nombreux évangéliques ne sont pas encore intégrés à nos conversations. Je souhaite que nous puissions continuer à avancer et que l’Église progresse vers plus d’unité. Depuis quelques années, les repères se brouillent et l’avenir est inquiétant. Tout l’enjeu pour les chrétiens est de mieux lire le message de l’Évangile pour conjuguer nos forces et permettre au plus grand nombre de connaitre le Christ.

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