Samedi 8 janvier 2005 — Dernier ajout vendredi 1er décembre 2006

A la découverte de la Liturgie des Heures

De quoi s’agit-il ?

Il s’agit essentiellement de ce que l’on appelait autrefois l’OFFICE DIVIN, (avant la réforme conciliaire …et le décret sur la Sainte Liturgie, dont nous avons fêté le 40e anniversaire à la cathédrale le 23 Novembre 2003)

Qu’était donc l’OFFICE DIVIN ?

L’office divin est né du besoin des premières communautés chrétiennes de sanctifier le temps des hommes à heures régulières.

  • Ce sont d’abord les moines, qui donnèrent à leur prière une organisation spécifique en fonction de leur genre de vie, calquée précisément sur les heures du jour, ou encore, la vérité du temps (veritas temporis). _
    Il s’agissait de sanctifier les heures du jour de telle sorte que le temps devienne « saint » à Dieu, c’est à dire se laisse habiter par lui, par sa gloire, qui repose sur la création toute entière, et devienne sa tente.
    La demeure de Dieu parmi les hommes, c’est le monde, et l’Eglise au cœur du monde
  • Peu à peu, l’Office Divin va devenir la prière du clergé, la prière du prêtre… (à une époque où le clergé ne vivait plus en communauté)

    Et le bréviaire (abrégé d’un office organisé pour une communauté) va permettre au prêtre de s’acquitter en privé à la maison comme en voyage d’une prière par nature communautaire

    Selon les aléas de la vie, la « vérité du temps », va devenir « la vérité des circonstances de la vie » et beaucoup de clercs -même de « saints prêtres », comme on disait alors ! - avaient du mal à « caser » la récitation de leur bréviaire.

    La longueur du bréviaire était difficile à harmoniser avec les exigences de la vie apostolique, et les nécessités de la pastorale, aussi parfois, on arrivait au soir sans avoir eu une minute pour dire son bréviaire.

  • Pourtant cela avait eu l’avantage de rapprocher l’office Divin de la vie séculière, ce qui préparait le voie au décret de la congrégation pour le « culte divin » en 1973, qui, tout en réveillant une juste restauration de cette forme de prière, la proposait , non plus seulement aux prêtres, mais aux autres membres de l’Eglise (c’est à dire aux personnes consacrées et à tous les membres de l’Eglise) En voici un extrait « Par la liturgie des heures qu’elle célèbre au long de la journée en vertu d’une antique tradition, l’Eglise accomplit le précepte du Seigneur de ne jamais cesser de prier, et en même temps elle s’acquitte de sa louange à Dieu le Père et elle intercède pour le salut du monde

C’est pourquoi le 2e concile du Vatican a fait le plus grand cas de la discipline reçue de l’Eglise et, désireuse de la rénover, a veillé avec soin à une juste restauration de cette forme de prière, pour qu’elle puisse être accomplie de façon meilleure et plus parfaite, dans les circonstances actuelles, soit par le prêtres, soit parmi les autres membres de l’Eglise »

Quelle est donc l’exacte signification et compréhension de la « liturgie des heures » aujourd’hui ?

C’est d’être, comme depuis les origines essentiellement la prière du CHRIST-PRETRE, prêtre de la Nouvelle Alliance en son sang, répandu pour le salut du monde, qui s’associe l’Eglise : tous les membres de son corps

« Cette fonction sacerdotale, il continue de l’exercer par son Eglise elle-même qui ne cesse de louer le Seigneur et d’intercéder pour le salut du monde entier, non seulement en célébrant l’Eucharistie mais aussi sous d’autres formes et surtout en s’acquittant de l’office divin » (décret n°83)

Sans doute, -et c’est bien là l’insistance de la réforme conciliaire- faut-il favoriser la dimension communautaire de la célébration de l’office divin, devenu « liturgie des heures », mais en tenant compte des situations réelles de la vie de l’Eglise et de celle de ses membres.

En tenant compte aussi de l’évolution de l’imprimerie et du livre qui fait que cette prière est devenue possible pur une personne seule (peut-être pour un couple) , de telle sorte que

« la prière publique de l’Eglise soit la source de la piété et l’aliment de la prière personnelle » (n° 90)

Une prière personnelle qui n’est jamais individuelle , mais toujours en communion avec tous les priants… et particulièrement les priants de la « Tente de la Rencontre ».

Une tente solidement plantée en terre, c’est à dire dans les circonstances actuelles de la vie des hommes et une tente dans laquelle chacun, chaque communauté puisse dire au Seigneur :

« je m’ajuste à tes décisions, je cours dans la voie de tes volontés car (c’est là que) tu mets mon cœur au large »
(Ps 118 passion vv30.32)

La liturgie des heures et le chant des psaumes

je viens de citer les versets d’un psaume. Il est évident que le chant des psaumes est l’essentiel de la liturgie des heures.. et qu’il y faut une véritable initiation… c’est pourquoi ce thème sera développé ultérieurement


C’est l’Eglise qui est la Tente de la Rencontre…

Elle l’est et le sera dans la gloire, transfigurée, lorsque le Christ reviendra, et tout le corps, rassemblé sous la tente chantera la louange, la louange éternelle, la louange d’un « Présent »

Prière du temps présent : écho dans nos vies totalement immergées dans la source et qui ne cessent dans l’aujourd’hui du temps, de s’y abreuver.

En attendant, l’Eglise marche (la « marche de l’Eglise », comme on dit souvent) , enracinée sur les chemins de hommes et ouverte à l’avenir du monde.

Elle marche et elle chante, elle chante en marchant.

le chant des psaumes, c’est la grande supplication des hommes du premier et du nouveau Testament, pour que le monde, en son histoire, devienne « la demeure de Dieu ».

« Ainsi, vous n’êtes plus des étrangers,ni des émigrés, vous êtes concitoyens des saints, vous êtes de la famille de Dieu. Vous avez été intégrés dans la construction qui a pour fondation les Apôtres et les prophètes, et Jésus Christ lui-même comme pierre maîtresse

C’est en Lui que toute construction s’ajuste et s’élève pour former un temple saint dans le Seigneur

c’est ainsi que vous aussi, vous êtes ensemble intégrés à la construction pour devenir une demeure de Dieu pour l’Esprit »

Ep 2, 19.22