Mercredi 2 mars 2016

« Accepter de regarder l’autre tel qu’il est »

Entretien avec Jean-Claude Lemercier, diacre auprès de la catéchèse des personnes handicapées

Lundi 29 février s’est tenue une journée de formation à la salle Saint-Matthias, à Saint-Brieuc, auprès de catéchistes armoricains désireux d’approfondir leurs connaissances sur la prise en charge des personnes en situation de handicap.

La catéchèse auprès des personnes handicapées est une « catéchèse spécifique » dont son objectif premier est de prendre en charge toute « personne atteinte de situation particulière », comme l’affirme Jean-Claude Lemercier, diacre auprès du Diocèse de Saint-Brieuc. Cette formation s’adresse en priorité aux enfants et aux adolescents atteints « d’un handicap moteur ou de déficience ». Pour lui, la catéchèse auprès des personnes handicapées n’est pas un service diocésain centralisateur, bien au contraire. « Notre mission vise à aider les paroisses à reprendre cette mission à leur compte ».

Les missions sont simples : il s’agit de préparer les malades à l’eucharistie, au baptême et aux sacrements de l’initiation chrétienne. « Ces jeunes ne se rendent pas toujours compte de leur différence mais plus on creusera un fossé avec eux, plus ils en souffriront ». C’est la deuxième fois que la catéchèse auprès des personnes handicapées propose une journée de formation aux catéchistes, mais aussi à toute personne intéressée aux questions liées au handicap. Lundi dernier, le thème choisit tournait autour des cinq sens. « Que l’on soit ou non handicapé, nous revenons toujours à la base : c’est-à-dire à nos sens ! », assure Jean-Claude Lemercier. Ainsi, les participants se sont prêtés à différents ateliers dont l’objectif était de réveiller l’ouïe, le toucher, la vue, l’odorat et le goût.

Pour Jean-Claude Lemercier, il ne s’agit pas simplement d’un parcours d’enseignement. « C’est la fraternité qui est en jeu. C’est vivre le parcours de Jésus-Christ qui était lui-même aux côtés des malades ». Quelles qualités faut-il avoir pour accompagner au mieux ces personnes en situation de handicap ? « Pour moi, la première des qualités, c’est le regard. Il faut accepter de regarder l’autre tel qu’il est », souligne-t-il. « La durée de la relation est également essentielle. Quand on s’engage dans un parcours, il est important d’aller jusqu’au bout » afin de ne pas casser la relation de confiance. Jean-Claude Lemercier rappelle enfin que la « démaîtrise » permet à l’accompagnant de lâcher-prise. Il s’agit alors d’accepter l’autre en laissant de côté ses préjugés.