Lundi 8 septembre 2014

André Le Méhauté (1925-2014)

L’architecte briochin André Le Méhauté est décédé au cours du mois de juillet 2014, à l’âge de 89 ans. Ce site diocésain tenait à lui rendre un dernier hommage, tant sa passion pour l’architecture fut indissociable de l’histoire du diocèse. Gilbert Guyon, l’ancien président de la Société d’Emulation dont était membre André Le Méhauté, a accepté d’évoquer sa mémoire.

André Le Méhauté était le meilleur spécialiste de l’histoire de Saint-Brieuc et de ses monuments anciens. Tout particulièrement notre Cathédrale, dont il avait méticuleusement relevé toutes les dimensions, examiné les moindres pierres sculptées, ce qui lui avait permis de dresser le seul plan précis de l’édifice. Il fut aussi le premier à reconstituer les plans de la cathédrale aux époques antérieures.

André Le Méhauté était né à Saint-Brieuc le 7 juillet 1925. Tout jeune, il avait été élève de l’Ecole du Sacré-Cœur, rue Saint-Benoit. Puis ses études secondaires s’étaient déroulées au Collège Saint-Charles, auquel il était resté très attaché par la suite. Il avait eu la chance d’être l’élève d’Emile Daubé, dont l’enseignement a marqué des générations de briochins.

Après son baccalauréat, en 1945, il s’inscrivit à l’Ecole des Beaux-Arts de Rennes (Atelier Le Fort) où il est resté jusqu’en 1947. Il y recueillit dix neuf mentions en un an, dont une médaille en Archéologie, et les félicitations du Professeur Cornon, Architecte en chef des Monuments Historiques. Il suivit ensuite les cours des Beaux-Arts de Paris où, en juin 1954, il reçut son diplôme d’Architecte.

L’architecture étant une véritable vocation pour André, il prit la décision de poursuivre sa formation, au-delà de l’obtention de son diplôme. Il commença par suivre les cours de l’Institut d’Urbanisme de l’Université de Paris, entre 1950 et 1956. Il en sortit Lauréat-Major. Il fut ensuite admis au Cours supérieur de l’Histoire et de la Conservation des Monuments Anciens de la France, pendant le cycle 1956-1958 (Formation qui prépare au concours des Architectes en chef des Monuments Historiques). Il en sortit Lauréat-Major de la Promotion 1958.

Il envisageait de passer le concours. Mais le chanoine Prud’homme lui proposait l’important chantier de la rénovation de la Basilique Notre-Dame d’Espérance. L’intérêt de se consacrer à cette Basilique qui lui était chère, et de travailler avec le chanoine Prud’homme qu’il estimait, l’ont décidé à revenir habiter Saint-Brieuc. Après la rénovation de Notre-Dame d’Espérance, il a restauré, ou réaménagé, de nombreuses églises, conduit d’importants chantiers, construit des immeubles et des maisons particulières…

La ville de Saint-Brieuc vient de perdre un érudit, dont la mémoire avait enregistré des connaissances dans des domaines variés, allant de la religion à l’architecture, à l’histoire, aux arts et aux artistes anciens. Mais aussi un architecte, diplômé d’Urbanisme, qui avait été apprécié par ses professeurs des Beaux-Arts de Paris, et par deux Inspecteurs généraux des Monuments Historiques.

Gilbert Guyon

Il y a 50 ans, la Maison des Œuvres…

Au début des années 60, sous l’épiscopat de Mgr Kervéadou, André Le Méhauté eut la charge de construire une Maison des Œuvres au chevet de la Basilique Notre-Dame d’Espérance. Le projet était de bâtir à côté de la Maison des Chapelains, place Saint-Pierre, une « Centrale apostolique et administrative au service des Œuvres du diocèse avec ses salles de réunion, ses bureaux, ses outils de travail », rapporte l’économe diocésain de l’époque, le chanoine Louis Hinault, dans une lettre adressée à l’évêque. Le chantier s’acheva en 1964. Le bâtiment se dressait sur cinq niveaux et permit d’accueillir la quasi-totalité des services et mouvements d’action catholique de l’époque, y compris la radio RCF Clarté qui s’installa au dernier étage en 1992. Sur la façade ouest, l’architecte eut l’idée d’installer les arcades du cloître de l’ancien couvent des Bénédictines du Calvaire daté de 1626 et situé rue Saint-Benoit.
En 2006, l’ensemble des bâtiments de ce que l’on appelait alors la Maison Diocésaine fut vendu à un promoteur…

Yves-Marie Erard
archiviste diocésain

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