
Tu es convaincu de la nécessité de l’oraison.
Plus encore qu’une conviction de tête, c’est un besoin du cœur profond.
Un appel que tu reçois. Une soif que tu ressens.
Mais comment s’y prendre ? Comment prier ?.
Par-delà la messe quotidienne et par-delà tous les goûts de silence et d’intériorité au long de tes journées, comment prendre et donner du temps pour répondre à l’appel et étancher la soif ?. Comment ?
D’abord, n’attends pas de moi, ni de personne ni d’aucun livre, une recette toute faite.
C’est en priant qu’on apprend à prier.
C’est en priant qu’on entretient et qu’on développe encore ce besoin d’oraison, de goût de l’oraison et - je vais dire un mot qui peut t’étonner - cette science de l’oraison.
Oui, on peut dire qu’il y a une science de l’oraison mais elle n’est pas humaine.
Elle est divine. Le maître, ici, c’est l’Esprit-Saint qui est en toi. On en reparlera.
Dans l’apprentissage de l’oraison, il n’y a donc pas de « prêt-à-prier » mais il y a quand même des jalons, des repères. On pourrait dire aussi des outils ou - mieux encore - une boîte à outils. Quand on a des outils, on n’a encore rien fait, rien produit. On a de quoi faire …
Tout ne peut être dit en même temps. Aujourd’hui, je me contenterai de dire une chose fondamentale : Dieu est Amour. Dieu t’aime.
C’est tout simple. Tout est là. Cependant, les vérités les plus simples sont les plus difficiles à expliquer. Mais faut-il « expliquer » que Dieu est Amour ? Il faut en faire l’expérience.
Le feu brûle. Une seule brûlure et on sait. On sait pour toujours. Ainsi des petites ou grandes « brûlures » de Dieu. Dieu est Amour. C’est une Bonne Nouvelle. C’est la Bonne Nouvelle. Est-elle vraiment bonne pour toi ?. Et pour toi, est-elle nouvelle, toujours nouvelle ?.
C’est parce que Dieu est Amour et que tu en as fait une fois et cent fois l’expérience que tu ressens l’appel à l’oraison et le besoin de faire oraison. Et c’est en faisant oraison - une oraison dans la vie, dans ta vie - que tu découvriras sans cesse que Dieu est Amour. Que c’est une nouvelle, que c’est une bonne nouvelle.
Tu veux faire oraison : il s’agit donc pour toi d’entrer et d’avancer dans la connaissance de ce grand mystère : Dieu est Amour.
J’ai dit connaissance. Je ne renie pas ce terme. Il faut bien le comprendre. Oui, il s’agit bien d’un savoir mais aussi et peut-être d’abord, d’une saveur. Dieu a du goût ! et les premiers à s’en émerveiller ne sont ni les sages ni les savants : ce sont les petits (les « petits » .. sur ce mot aussi et ce qu’il contient je t’écrirai une autre fois)
Je reviens encore et encore sur ce cœur du Mystère chrétien : Dieu est Amour. J’y reviens pour te dire que tu as immensément besoin de te convertir au Dieu Amour, au Dieu de Jésus-Christ. Car Dieu est plus grand, toujours plus grand, que toutes les images que tu as plus ou moins consciemment dans ton esprit et toutes les expériences - toutes les brûlures - qui ont déjà marqué ton chemin de vie dans la foi. Nous n’avons jamais fini de nous convertir au vrai visage de notre Dieu.
Voilà. Je m’arrête là après t’avoir bafouillé de mon mieux que Dieu Amour est à la source, au centre et au terme de ce temps de prière qu’on appelle oraison. Le mot lui-même, oraison, te parlera davantage au fur et à mesure que tu te seras jeté à l’eau de ces dix ou quinze minutes que tu as décidé de prendre pour « faire oraison ».
Maintenant donc, à toi de jouer ! D’abord qu’il y ait un lieu, un temps, un environnement que tu choisiras.
Et voici deux propositions pour ces dix ou quinze minutes d’oraison. La première part de l’Ecriture et la seconde de la vie. Aucune supériorité de l’une sur l’autre. L’important est que les deux se rencontrent : la Parole et la Vie.
Un jour viendra peut-être où ces distinctions n’auront plus tellement cours pour toi. Mais vieux vaut commencer avec un peu de méthode.
1. Le Psaume 139, 1-16
- A première lecture : Dieu terrible !
Où fuirai-je loin de ta face ?.
Et alors, où est ma liberté ?
(lis les versets 2 et 3) - Mais je me dispose à découvrir une proximité d’amour. Me voici placé au fondement de ma vie. Me voici conduit à prendre conscience de l’aventure humaine et spirituelle d’être vivant.
- Dieu me précède dans l’amour.
De toujours à toujours « Possession » (verset 10) mais possession d’amour. - Accueillant cet enveloppement créateur, je prends la mesure de mon propre mystère. Je suis. Je viens de Dieu. Me voici appelé librement à acquiescer ou à refuser cette emprise d’amour (verset 14). Au lieu d’un étouffement, je suis invité au consentement et à la louange.
- Partout où je suis : Dieu est. Non comme un rival mais comme la vie de ma vie.
Verset 11 : il y a des ténèbres en moi. Que cela ne tourne pas en culpabilité morbide, en conscience malheureuse. Dieu me rejoint là où il me semble être le plus loin de lui. - Verset 13-16
Je fais mémoire de mes racines. Mes racines sont en Dieu. Elles sont Dieu.
Comme je suis loin du Dieu Big-Bang qui appuie sur le bouton de la création et ensuite regarde comme ça se passe ! Loin aussi d’un Dieu castrateur, jaloux de l’homme ! Ici et maintenant, Dieu me tient et me tient libre. Chaque instant de mon existence est le lieu de sa présence d’amour. - Verset 17
Ça me dépasse. Dieu plus grand, toujours plus grand ! Et moi aussi, plus grand, toujours plus grand ! Je suis en éternité. Ainsi, prier c’est rapporter mon existence à Dieu, la recevoir et la lui rendre. « par lui, avec lui et en lui.. ». Prier, c’est aussi chercher et accueillir le dessein d’amour de Dieu sur moi et par moi. - Versets 19-22
Me voici conscient de ma responsabilité dans le monde et dans l’Église. Je dois combatte le mal sous toutes ses formes. - Versets 23-24
Au début du psaume, je parlais à Dieu en disant « Tu ». Il était, en quelque sorte, devant moi. Maintenant, il n’y a plus de distance. Comme Jésus dira, c’est « Moi en vous et vous en Moi ».
2. La vie - ma vie
Spontanément, tu griffonnes ou tu as griffonné la veille au soir trois ou quatre « choses » qui habitent ton cœur, qui pèsent dans l’aujourd’hui de ta vie. Ce sont des choses belles et bonnes. Ce sont aussi des choses lourdes et noires. En gros, des éclats des merveilles du monde et des éclats des drames du monde.
Tout simplement, tu parles de « ça » au Seigneur Dieu. C’est quelque chose qui est proche de toi ou dont tu t’es approché. C’est de la grâce (Dieu est là) et c’est du péché (l’Ennemi est là !). C’est « Béni sois-Tu Dieu » et c’est « Pitié pour .. »
Peut-être il se fera que tu « verras » Jésus s’émerveillant : « O femme, ta foi est grande ! » Ou Jésus pleurant sur Jérusalem.
Tu « resteras » avec lui.
Tu reviendras à lui.
Tu ne sauras plus si tu pries ou si tu es distrait.
Tu mettras la vie, ta vie, dans le cœur de Jésus.
Et tu mettras Jésus Amour dans la vie, dans ta vie.


















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