Lundi 6 février 2017

Aux origines du catéchuménat

C’est bien à l’époque de Tertullien dont on connaît l’adage : « on ne naît pas chrétien on le devient ! », qu’une structuration du catéchuménat s’opère.
Le terme catéchumène apparaît vers l’an 200, il signifie « étant en train d’entendre en eux l’écho », sous-entendu de la Parole de Dieu elle-même.
Auparavant l’Eglise avait développé des pratiques variées, marquées par une association étroite entre liturgie et catéchèse.
Quand le catéchuménat s’organise, les chrétiens sont souvent en bute aux persécutions. L’adhésion à la foi chrétienne implique une rupture radicale et fait courir des risques. L’enjeu du catéchuménat est donc de permettre au nouveau disciple du Christ de s’attacher à Lui, de mesurer toutes les implications de cette nouvelle vie et de s’intégrer à la communauté. A cette époque le catéchuménat durait de deux à trois ans. Les nouveaux venus à la foi étaient présentés par un membre de la communauté qui se portait garant.
Après un temps d’enseignement ponctué de catéchèses, l’admission à dernière étape de préparation était décidée par les responsables de la communauté. Le temps d’enseignement variait en fonction du zèle du catéchumène.
Le dernier temps était de nature plus spirituelle et supposait un engagement très soutenu. C’est l’origine du carême qui sera ensuite étendu à toute la communauté.
A l’issue de cette ultime étape les catéchumènes descendaient dans la piscine baptismale et la profession de foi était faite dans l’eau immédiatement avant le geste du baptême.
La tradition nous a légué les très belles catéchèses de Cyrille de Jérusalem et de Jean Chrysostome. Ces catéchèses sont à la fois pré baptismales puis mystagogiques : la catéchèse s’étendait donc avant et après les rites du baptême. Par la mystagogie le néophyte était invité à entrer plus avant dans le mystère qui avait été célébré à Pâques._ Avec la christianisation de l’empire romain et la généralisation du baptême des tout petits, le catéchuménat a connu une longue période d’éclipse de près de dix siècles : du VIe au XVIe siècle !
La découverte de nouveaux continents a provoqué une vague très importante de baptêmes d’adultes mais étrangement la démarche catéchuménale, progressive, ponctuée d’étapes, adaptée à la personne n’a pas été remise en vigueur.
Le Concile de Trente a édité un rituel du baptême des adultes mais tous les rites étaient rassemblés dans une célébration unique.
Il faudra attendre les missions en Afrique et en Algérie pour que la question d’un cheminement catéchuménal se pose de nouveau. Les missionnaires inventaient des rites et des démarches diverses mais, conscients de l’imperfection de ces pratiques, ils demandaient à Rome de concevoir une vraie démarche.
Cette sollicitation sera entendue quand elle fera aussi écho aux nombreuses demandes de baptêmes d’adultes en pays de vielle tradition chrétienne, spécialement en France.
Souvent les religieuses se sont vues confier l’accompagnement de ces personnes.
En 1962 est promulgué le Rituel du baptême par étapes mais ce texte se limite à reprendre les éléments du rituel du concile de Trente en les scindant en 7 étapes.
Le Concile Vatican II au N° 64 de Sacrosanctum concilium, sur la liturgie décide de « restaurer le catéchuménat des adultes distribué en plusieurs étapes », qui donnera le « Rituel de l’Initiation Chrétienne des Adultes » (RICA), publié et confirmé en 1996, document d’une grande richesse pastorale, que nous utilisons aujourd’hui.
Benoît RAULT,
membre de l’équipe diocésaine du catéchuménat