Lundi 30 novembre 2015

C’est moi qui lui apprenais à marcher !

Beaucoup de parents pourraient prononcer sans doute ces quelques mots en se rappelant les premiers pas d’un enfant. Mais c’est bien à Dieu que le prophète Osée attribue cette parole : « Oui, j’ai aimé Israël dès son enfance, et pour le faire sortir d’Egypte, j’ai appelé mon fils … C’est moi qui lui apprenais à marcher, en le soutenant de mes bras, et il n’a pas compris que je venais à son secours. Je le guidais avec humanité par des liens d’amour »(Osée 11, 1-4).

L’apprentissage des premiers pas est une belle figure pour la mission éducative. Tenir la main mais la lâcher dès que possible, soutenir mais ne jamais enfermer, orienter sans téléguider. Puisqu’il nous a créés à son image, Dieu nous a fait le plus beau des cadeaux : la liberté … au risque du refus, de l’éloignement, du péché.

Pour grandir, l’enfant a besoin de confiance. Il a besoin d’entendre la parole qui l’encourage et lui fait comprendre qu’il est capable de faire un certain nombre de choses par lui-même. On risque de le maintenir dans la dépendance si l’on en fait trop, si l’on fait à sa place. Voilà le bel amour des parents quand ils préparent leurs enfants à l’autonomie, quand ils les aident à comprendre ce qui a de l’importance et ce qui n’en a pas, quand ils désignent clairement ce qui fait du bien et ce qui fait du mal. Aimer vraiment, c’est renoncer à nous projeter ou même à nous contempler dans ceux qui nous sont confiés. Aimer, c’est reconnaître leur existence propre. Mais c’est aussi leur offrir toujours la promesse de notre présence, pour accueillir, consoler, relever, quand c’est nécessaire.

Dans nos communautés chrétiennes, nous pouvons nous interroger sur la manière dont nous faisons - où pas - œuvre d’éducation auprès des plus jeunes. Ont-ils des occasions d’agir et de prendre des initiatives ? Est- ce que nous leur confions des responsabilités ?

Leur apprendre à marcher dans la foi, dans l’existence chrétienne, c’est la marque d’un véritable amour fraternel. Dieu a besoin des « aînés dans la foi » pour guider tous ses enfants par des liens d’amour.

+ Denis Moutel
évêque de Saint-Brieuc et Tréguier