Vendredi 19 août 2016

Christian Le Meur : « Fidei Donum veut dire aujourd’hui mission universelle et de proximité »

Le 18 septembre prochain, Mgr Le Saux installera officiellement l’Abbé Christian Le Meur, curé de Mamers, dans la Sarthe. Costarmoricain d’origine, ordonné prêtre le 30 juin 1996 au diocèse de Saint-Brieuc, il était depuis quatre ans à la tête de la paroisse Notre-Dame de Châtelaudren. Rencontre au moment du départ pour cette mission Fidei Donum qui démarre le 1er septembre.

Abbé Christian le Meur -  voir en grand cette image
Abbé Christian le Meur

Claudine Pasquier : A la veille de votre départ, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

P. Christian Le Meur  : Je suis pacifié. Tant que je ne suis pas parti, je ne suis pas arrivé là-bas. Je vis pleinement avec simplicité et décontraction la préparation du départ et la messe d’au-revoir. Je vais rencontrer d’autres personnes et découvrir une autre réalité de l’Eglise avec un autre évêque. C’est un enrichissement personnel. Je suis heureux de partir pour cette mission sans me prendre la tête. Je pars dans l’esprit de servir l’Eglise. Un prêtre aujourd’hui est aussi le patron d’une communauté. Il montre la route.

Généralement, quand on part pour une mission Fidei Donum, on part loin, souvent en Afrique. Il y a 15 ans quand vous avez souhaité vous investir dans ce type de mission, est-ce que vous aviez imaginé être affecté en France ?

Non. Il est vrai que quand on pense Fidei Donum, on pense soleil, dépaysement, nouvelle culture. Aujourd’hui, il faut penser mission universelle et elle commence finalement avec la proximité. A l’époque, je pensais à l’Afrique car j’ai séjourné cinq fois au Cameroun. Je m’étais aussi intéressé aux territoires français à l’étranger comme la Guyane. Je ne connais pas la terre sarthoise mais elle n’est pas à l’autre bout du monde, juste à quatre heures de route. Ce ne sera pas un total dépaysement puisque j’ai un frère qui vit au Mans. Je ne sais pas ce que je vais trouver. Je sais que je vais trouver des gens sympathiques. Je leur ai d’ailleurs déjà dit que je les aimais comme ceux d’ici. Finalement, cela sera plus simple que l’Afrique. Je n’aurai pas de vaccin à faire.

Est-ce que vous connaissez déjà Mamers ?

J’y suis allé deux fois. Je connais mon prédécesseur, le Père Christian Mamelles, qui est resté 30 ans dans la Sarthe. Je connais le prêtre avec qui je vais travailler, le Père Jean Bosco, qui est coréen. Il est équipé des mêmes outils que moi, Iphone, Mac Book. On dit souvent que je suis un prêtre geek. J’ai mis l’informatique au service de la paroisse. A travers lui, je vais aussi découvrir - malgré tout - une autre culture. J’ai aussi rencontré l’EAP [équipe d’animation pastorale, ndlr] et les paroissiens. Il y avait tellement de monde que l’on a été obligé d’organiser la réunion à l’église. J’ai rencontré beaucoup de parents de religieux, de religieuses ou de futurs prêtres. C’est une terre de vocation. C’est un territoire sinistré où personne ne veut aller. Il faut donc que j’y aille.

Qu’est-ce qui risque de vous manquer plus ?

La mer, mais aussi les amis que je me suis fait ici, les paroissiens avec lesquels j’ai travaillé. Je veux leur dire que je ne les oublie pas. D’ailleurs, je me suis fait une série de selfies. Je les emporte avec moi. J’emporte aussi une expérience de 20 ans de prêtrise en Pays Breton qui est formidable. Il est temps de voir si cette expérience peut aussi être menée en Pays Sarthois. J’emporte aussi l’image des rencontres à table, ainsi que toutes les portes ouvertes et les sourires. Un sourire sur un visage nourrit ma foi. J’emporte aussi l’image de ce beau presbytère. Je suis heureux de pouvoir laisser ce bel outil financé par la paroisse à mon successeur. Je vais suivre aussi le souci de notre diocèse avec l’expérience du synode. Je n’abandonne pas le groupe que j’accompagnai. Je vais prier pour ce diocèse, pour les gens que j’ai accompagnés, ces familles, les prophètes du XXI e siècle.

Une messe de départ est organisée samedi 20 août (18h00) à l’église Saint-Magoire à Châtelaudren