Lundi 12 septembre 2016

Cinquième et dernier jour à Lourdes : le pèlerinage se conclut par la messe internationale

Ce dimanche matin fut ponctuée par la messe internationale présidée par Mgr Denis Moutel, suivie d’une procession avec les malades jusqu’à la grotte. Cet après-midi, l’évêque du diocèse de Saint-Brieuc s’est rendu auprès des hospitaliers adultes nouvellement engagés dans cette mission pour échanger sur leurs impressions.

Messe internationale à la basilique Saint-Pie X

« Pendant que nous passons la Porte Sainte de la miséricorde, comme ici à Lourdes, nous pouvons entendre cette parole qui a été prononcée lors de notre baptême : ‘Tu es mon enfant bien aimé’. » C’est par ces termes que Mgr Denis Moutel a débuté son homélie devant plus de 25.000 pèlerins du monde entier, accompagné d’une centaine de prêtres à ses côtés. « Jésus nous dit qui est vraiment son Père. Celui-ci nous cherche et nous attend. Chers pèlerins, je vous invite à accueillir de tout votre cœur la joie de l’évangile. L’amour de notre Dieu est tellement grand que nous n’aurons jamais fini d’en découvrir sa largeur. Dieu fait route avec nous dans nos déroutes », a-t-il souligné avec force. « Rappelons-nous avec reconnaissance ce qui nous est offert. Le Fils prodigue a cru prendre son dû alors que sa part était un don de son père. Avec Bernadette, nous sommes appelés à donner, à pardonner et à faire confiance. Avec Marie et avec le Christ, nous disons, Père, nous sommes Tes enfants bien aimés. Nous sommes heureux d’être dans Ta maison. Viens renouveler chacun de nos cœurs dans la confiance. »

Quand l’évêque rencontre les « Bleus »

Au terme de ce pèlerinage diocésain, Mgr Denis Moutel a répondu présent à l’invitation de Pierrette Roland, présidente de l’Hospitalité Notre-Dame de Lourdes pour les Côtes d’Armor. Il est donc venu rencontrer les adultes engagés pour la première fois dans cette mission humaine si particulière. Durant une réunion qui se voulait être un pré-bilan, les hospitaliers présents ont pu s’exprimer sur leur ressenti et leurs émotions. « Nous avons été superbement accueilli, avec le cœur. Nous, on rend aux malades ce qu’ils nous apportent », a souligné une dame dont le témoignage faisait écho pour sa voisine de chaise. « Travailler en équipe avec d’autres ‘Bleus’, cela nous a permis de souder des liens forts. On a tous mis la main à la pâte. » Pour d’autres, ils reviennent bousculés par cette expérience. « J’étais complètement perdu la première nuit lorsque je fus de garde. Ça m’a fait tout drôle de découvrir ces malades. Je repars en ayant appris plein de choses », raconte cet homme, encore pris par l’émotion. Même son de cloche pour son collègue hospitalier. « Initialement, je voulais aider essentiellement au ménage, aux tâches pratiques. Mais je ressors complètement revigoré. Il y a une envie d’aller et d’accompagner ces personnes qui sont formidables ! »

Annick, 63 ans, hospitalière novice

« Le plus difficile, c’est de prendre la décision de devenir hospitalière mais, depuis que j’ai franchi le pas, je recommencerai sans problème. Il s’agit d’aller au-delà de sa peur… La peur de rencontrer des malades, de réaliser des actes dont nous n’avons pas l’habitude de faire, de s’en occuper sans être – quelque part – agressif face à leur souffrance. J’ai vécu une relation simple et normale avec ces pèlerins. Le plus important, c’est de n’être pas sur la défensive. J’ai travaillé 42 ans dans l’enseignement auprès de personnes souffrant de déficience auditive, c’était un peu sur la même ligne. Je peux dire que j’étais avantagée et c’est ce qui m’a ouvert le chemin vers Lourdes, entre autre. Les malades sont en attente de notre présence. Ils sont là, ils nous attendent ! Ils attendent qu’on leur parle, qu’on leur sourit. Eux sont dans une position d’accueil vis-à-vis de nous. Les personnes malades et handicapées sont nos maîtres. Ils nous disent comment nous devons être avec eux. Ils ont une place primordiale dans notre société actuelle. Ils nous humanisent, ils nous montrent comment être dans la relation aux autres. »

Lourdes 2016, en chiffres :

  • 1.200 pèlerins valides et 218 malades ou handicapés costamoricains
  • Plus de 500 hospitaliers dont 110 jeunes et lycéens présents nuit et jour
  • Staff médical : 12 médecins, 14 infirmiers, 1 kinésithérapeute, un pharmacien