Mardi 22 novembre 2016 — Dernier ajout jeudi 1er décembre 2016

Damien HERVE, un jeune engagé

Paroisse de Gouarec
Damien Hervé, un jeune engagé dans sa paroisse de Gouarec
Damien Hervé, un jeune engagé dans sa paroisse de Gouarec

Damien, peux-tu nous parler de ton enfance, de ta famille ?

Je suis issu d’une famille catholique très investie dans la paroisse. J’ai 24
ans, je suis l’aîné des quatre enfants de Catherine et Michel, mes parents.
Avec deux soeurs de 21 ans, Solenn et Marina et un frère Gaëtan qui a 17 ans.
Une enfance épanouie remplie d’activités multiples : la musique avec la
batterie et au bagad de Saint Nicolas du Pélem, et puis le coup de main
tout à fait normal, à la ferme familiale. Le baptême et le parcours « 
classique » du jeune chrétien : KT, première communion, profession
de foi, messes dominicales régulières, puis confirmation au niveau de la
troisième de collège.
Quand on est jeune, on ne décide pas et on trouve normale cette vie, surtout
quand on y retrouve les grands-parents, les oncles et tantes, les cousins…
En seconde au lycée, c’est la rencontre avec l’abbé Hervé Le Vézouët. 3
fois à Taizé, et les « Vacances Inspirées » à Saint Cast : temps spirituel,
ateliers et loisirs. 15 jours aux J.M.J. de Madrid et puis les rencontres
européennes et oecuméniques de Taizé : une semaine d’un temps fort
merveilleusement apaisant et enrichissant. 3 fois avec un groupe de
Corlay, à Poznan, Rome et Berlin.
Et puis un investissement sur la paroisse dans la préparation des
confirmands avec Emmanuelle. Il correspond à l’arrivée de Mrg Moutel
et je prends alors le relais de Stéphanie. Cela me permet de tenir ma
foi, d’être acteur dans l’Eglise, de transmettre une foi, des valeurs avec
des temps forts, des projets, des rencontres avec d’autres jeunes. Nous
étions à Corlay la seule équipe d’encadrants de cet âge sur le diocèse à
nous occuper des confirmations.

Et tes études ?

Un bac S à Jean XXIII puis l’I.U.T.à Vannes en gestion des entreprises.
C’est l’époque où je suis trésorier pour Coat Favan et que se développe
mon goût pour gérer les projets côté financier. Alors, c’est licence de
Gestion et Master CCA (compta-contrôle-audit).
Aujourd’hui, je travaille dans un cabinet comptable sur Vannes dans
une entreprise nationale qui possède des structures d’une trentaine de
personnes (à taille humaine !) sur tout le territoire.
Mon travail est d’aider les entreprises dans leur gestion et d’accompagner
les créateurs de celles-ci.
J’aime les contacts, la possibilité d’aider, de conseiller.

En dehors de ta vie professionnelle ?

Ce qui me donne réellement vie, est mon engagement associatif. Dans
le foot gaëllique que je pratique à Vannes et où je suis le trésorier adjoint
du club, et les coups de main pour Coat Favan, l’hippodrome, les
Vieilles Charrues… et surtout, l’association « Terre d’Aurée » à Glomel.
Aurélia, une amie très proche a été tuée dans un accident de voiture par
une personne alcoolisée.
Il y a eu un projet de fest-noz qui a très bien fonctionné, un gros festival
au mois de mai, un concert en novembre, des interventions dans les
écoles sur les conséquences de conduites en alcoolémie, mais aussi sur
le don d’organes.
Quatre années déjà d’investissement et qui donnent une fierté devant le
travail accompli. Le bénéfice des actions est offert à des associations qui
aident les handicapés.
Des jeunes créent un projet, le mènent à bien, œuvrent ensemble
pour les autres : dévouement total et gratuitement qui prouve que le
bénévolat existe encore et a tout son sens. Il permet à notre manière de
lutter contre le fait d’être profiteurs ou consommateurs seulement au
lieu d’être acteurs. Je suis très sensible et très attaché à cette façon de
s’engager.
A la fin de mes études, j’ai pu partir au Burkina et m’investir un mois
dans un projet humanitaire avec les Soeurs de Gouarec. Ceci donne
un sens à notre vie, du recul face au monde dans lequel nous sommes.

Comme jeune, comment vois-tu l’Eglise et ta place dans celle-ci,
aujourd’hui et dans les années qui viennent ?

Il faut être lucide : les personnes pratiquantes sont âgées. Lorsque l’on
est jeune, il faut trouver une place au sein de l’Eglise. Mais il y a un
certain manque d’attractivité de la religion en Centre Bretagne dans ce
que je peux voir. Dans les villes, peut-être que les jeunes trouvent mieux
leur place.
Notre monde actuel, c’est l’Internet par exemple qui explique sans
doute comment tout va très vite. La religion paraît avoir du retard,
semble souvent vivre dans le passé. J’admire quand des personnes
non chrétiennes vivent les valeurs auxquelles je crois : la tolérance,
l’ouverture, l’humanité, l’accueil, l’écoute des différences, le respect
des réalités qu’offre chaque continent. Ils pratiquent l’Evangile sans le
savoir.
Il faut que l’Eglise évite le conservatisme et il est important pour elle d’
évoluer et vite si elle veut accompagner le monde.
C’est notre espérance à nous jeunes que notre Pape François réalise
de grandes et profondes avancées au sein de l’Eglise. Nous sentons
sa volonté. Il faut que l’Eglise aille délibérément plus encore vers les
jeunes, sente leurs attentes réelles et perçoive également leur façon de
vivre et d’exprimer leur foi et cela d’une manière différente de leurs
aînés. Ainsi elle pourra présenter une attractivité et donner sens et
raison à l’engagement des jeunes dans la foi.

  • Témoignage recueilli par Alain Bortolus, bulletin paroissial de la paroisse de Gouarec, « le serviteur de Notre Dame »