Vendredi 9 février 2007 — Dernier ajout lundi 7 janvier 2013

De Pessah à Pâques

Proposition de déroulement de célébration du Jeudi Saint


En lien avec la catéchèse (Parcours « Fais jaillir la vie », Année bleue, Unité 4 : « Faire mémoire et rendre grâce ») et le judaïsme :
( cf. livre animateur : Un merci à Dieu – Le repas de Jésus – Vivre l’ Eucharistie)
(Voir la note de l’auteur sur le nouveau programme du livre animateur )

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Introduction

« La Pâque est une fête historique et même la fête historique qui a pris le pas sur toutes les autres fêtes du monde et ce n’est pas une fête de pieux souvenir, mais de présence toujours renouvelée des faits qui se sont produits dans la nuit des temps. Chaque génération qui célèbre la fête s’unifie avec la première génération et toutes celles qui ont suivi »
Martin Buber (tiré de Moïse, éd. PUF)
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Contexte

L’objectif de cette démarche est d’offrir une prise de conscience aux enfants, et à toute l’assemblée, du sens profond de Pâque (passage, saut) comme une libération intérieure de l’homme, et de l’humanité toute entière. La Pâque juive (Pessah) est une fête joyeuse en mémoire de la sortie d’Égypte : la libération de l’esclavage, le passage de la servitude à la liberté. Cet événement est une première étape : précède le don de la Torah, de la Loi (2e étape) ; pour se rendre en Terre d’Israël (Terre Promise) et bâtir le Temple (3e étape). Pessah est le début de la libération du peuple Hébreu. Dans la tradition juive, l’individu s’identifie à son peuple. À travers toute l’histoire du peuple d’Israël, peuple élu de Dieu, le Juif s’inscrit dans cette quête de libération proposée par Dieu, et offerte à tous les hommes de la terre.

Le temps fort de cette fête (Pe–sah = la bouche parle) est le moment de la transmission (cette transmission permet le renouvellement de la libération « vécue ensemble » à travers Israël et toute la diaspora). Il s’agit du repas familial, le Seder, qui se déroule selon un ordre précis (seder = ordre). Il se vit comme une véritable liturgie à partir du récit rituel « la Haggadah » et en utilisant le « Plateau du Seder ». Autour de cette table, en famille, avec les amis, se succèdent ainsi des bénédictions (en commençant par Kiddousch, celle du shabbat et des jours de fête), le récit de la sortie d’Égypte, le repas…., des louanges (dont le Hallel = Ps 113-114, à l’origine de notre Halleluia) et des chants.

C’est un remarquable « Merci à Dieu », que le Juif célèbre chaque année, et honore comme une nourriture dont il s’imprègne, nécessaire sur le chemin de sa propre libération.

Ce repas rituel est ce dernier « Repas de Jésus », la veille de sa passion, que l’on célèbre le jeudi Saint : la Cène. On y retrouve le cadre du seder : avec ses amis, le pain sans levain et le vin, les bénédictions et le partage du pain et du vin, …
Jésus se donne à travers le pain et le vin partagés, il offre sa personne (« corps ») et sa vie (« sang »), comme on offre l’agneau pascal à Dieu pour être racheté, pour être sauvé, libéré de l’esclavage du mal. Jésus s’offre à ses amis pour accomplir cette Parole vivante et libératrice des Écritures donnée en partage à tous les hommes.
Le texte de l’Évangile selon Jean 13, 1-15, nous éclaire sur le sens de ce don de Dieu, en la personne et vie de Jésus (Corps et sang), « amour vivant » qui se donne à travers le service du prochain, le service de l’homme.

Table du Seder
Table du Seder
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Proposition

Utiliser une pédagogie de la tradition juive, s’appuyant sur les questions posées (en particulier par les enfants pour la fête de Pâque, au cours du seder), et de donner du sens à travers les réponses.
Les enfants qui préparent leur 1re « Eucharistie » sont invités à se placer autour de la table du seder (tout en faisant partie de l’assemblée) et, pour plusieurs d’entre eux, à poser les questions.

2Installation de l’église2

  • Au niveau de l’assemblée : une table de Pessah (belle table de fête dressée : nappe blanche, le pain sans levain (matsah), les 4 coupes de vin, … plateau du seder avec le pain azyme (Matsah), le Karpass (des herbes vertes : radis, persil, céleri…), l’eau salée, le Maror (les herbes amères : romaine, endive, raifort…), la Harosset (mélange à base de pommes, noix et cannelle dans du vin), un os d’agneau, l’œuf dur, ⇒ Introduction et 1re lecture, Exode 12.
  • Au niveau de l’autel : Pain et une coupe de vin (apportés de la table du seder) ⇒ lecture de la lettre de Paul aux Corinthiens.
  • Au niveau intermédiaire si possible, ou au pied et devant l’autel : les éléments pour le lavement des pieds (cruche, bassine, linge) ⇒ lecture de l’Évangile.

2Matériel2

  • Musique klezmer ou chant juif liturgique
  • Pain sans levain (fait à la main par un boulanger) ou pain azyme, quatre coupes de vin, plateau.
  • Céleri ou persil ou radis (pour le Karpass), coupe d’eau salée, endive (Maror), compote de pommes, noix pilée, cannelle et vin (Harosset), os d’agneau (grillé), œuf dur.
  • Livre de la Haggadah.
  • Bassine, cruche, linge.
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Déroulement

2Temps de l’accueil2

Musique klezmer, ou chant liturgique juif
Mot d’accueil (célébrant ou animateur) : Bonsoir et bienvenus à vous tous, invités au repas du Seigneur. Nous sommes réunis ce soir en son nom, pour nous souvenir du dernier repas que Jésus avait pris avec ses amis, le repas rituel de la pâque juive, seule pâque de ce temps là.
Mais aussi pour vivre ensemble, au nom du Christ, une première étape de notre propre pâque, ce passage vers notre libération intérieure.

Chant d’entrée : au choix

  • Dans le ciel d’Abraham, Christophe Morandeau (Fais jaillir la vie, année verte, n°5)
  • ou Danse de joie, cité de paix,F 20-52, couplets 3 et 5
  • ou Appelés à la liberté, couplets 1 et 4.

(En fonction du chant retenu, une phrase peut être redite, comme un leitmotiv, qui rythme le récit des dix plaies d’Égypte : une façon de le vivre au présent !)

3Introduction 3
4 Dialogue enfants (questions) - animateur (réponses)4
(l’animateur peut avoir en main une petite Bible, pour s’aider lors du récit… et montrer le livre de la Haggadah au moment adapté)

Laissons-nous guider un moment à ce qui ressemble un peu à la liturgie juive : célébrons cette invitation comme une action présente qui n’est jamais finie. Pour nous chrétiens, c’est pareil, cette marche libératrice continue, même avec Jésus, elle n’est pas finie.

« Nous sommes le peuple de la longue marche, un peuple appelé à la liberté » ou
« Nous sommes les étoiles dans le ciel d’Abraham qui brillent au cœur de Dieu » ou
« Réjouis-toi, Dieu vient demeurer chez toi »

Pourquoi nous réunissons-nous ce soir ?
Ce soir, nous allons nous souvenir du dernier repas de Jésus. Il s’est retrouvé avec ses amis pour fêter la Pâque : jour où l’on se souvient que Dieu a sauvé son peuple, au temps de Moïse. Tu as entendu parler de la sortie d’Égypte, de la traversée de la mer à pied sec des hébreux. C’est un événement fondateur, la naissance du peuple hébreu. C’est aussi le début de notre histoire de chrétiens.

Pourquoi y a-t-il cette table de fête ?
Cette table est prête pour vivre le Seder, un repas de fête que l’on prend en famille ou avec des amis, en suivant un ordre précis : bénédictions, gestes (se laver les mains, rompre et partager le pain), des récits bibliques, des chants, de partage du pain et du vin…. Toute cette procédure est prescrite dans les Mitsvoth (commandements de la tradition juive). C’est dans le livre, que je tiens là, qu’on trouve tout le déroulement de cette liturgie juive. On l’appelle la Haggadah. Il est indispensable pour célébrer cette fête. On y trouve, les récits, les prières, les chants…

Pourquoi ces 4 coupes de vins ?

« 4 » car, dans le livre de l’Exode (de la Bible), le passage où le Seigneur envoie Moïse voir Pharaon, on retrouve 4 expressions de « délivrance ». (voir Ex 6, 6-8)
Le repas commence par la bénédiction d’une coupe de vin avec la prière du
Kiddoush  : on célèbre la joie de la (de sa) libération. Tous se partagent la coupe. Les 3 autres coupes seront bues au cours du récit…
On parle aussi des 4 coupes en souvenir des 4 esclavages (Égypte, Babylone, Perse, Rome) à travers l’histoire, du peuple hébreu.

Pourquoi y a -t-il ce plateau ?
C’est le plateau du Seder. Il contient sept aliments.

Le plateau du Seder
Le plateau du Seder

Pourquoi ce pain plat ?
C’est un pain qui n’a pas levé, on l’appelle Matsah. Il est là pour se souvenir que les Hébreux ont dû partir à la hâte, sans attendre que la pâte soit levée, au moment où ils ont quitté l’Égypte, guidés par Moïse. On l’appelle aussi le « pain de misère ».

Pourquoi du radis avec ses feuilles ?
C’est le Karpass, (céleri) des herbes vertes amères, mangées en rendant grâce à Dieu d’avoir créé les fruits de la terre !

Pourquoi ces herbes, de l’endive ?
Ce sont des herbes amères, le Maror, pour se souvenir du goût amer d’avoir vécu en esclavage en Égypte, … d’avoir été obligés de faire des travaux pénibles avec l’argile et la brique, et imposés avec dureté… En fait le Karpass et le Maror expriment un peu la même chose !

Pourquoi cette purée bizarre ?
Le Harosseth, c’est un mélange de pommes et de noix pilées, couleur brique, pour représenter le mortier que les hébreux étaient condamnés à fabriquer pour construire les monuments des pharaons. On y trempe ces herbes amères en se souvenant que l’amertume s’est changée en douceur par le salut de Dieu

Pourquoi cette eau ?
C’est de l’eau salée pour symboliser les larmes des Hébreux, qui pleurent la mort des Égyptiens, en souvenir les dix plaies.
As-tu entendu parler des dix plaies d’Égypte ?
Rappelle-toi : Moïse, grand personnage du peuple hébreu. Fils de la tribu de Lévi, sa maman s’est arrangée pour qu’il échappe à la loi cruelle de Pharaon, qui ordonnait que tous les enfants mâles hébreux doivent être tués. Dès sa naissance, elle l’a caché, jusqu’au jour où elle dût l’installer dans une corbeille en roseaux qu’elle avait enduite de goudron et d’argile, et le déposer sur le bord du Nil, dans les joncs, pour tenter de le sauver. La grande soeur de l’enfant, se tenait là et guettait. Lorsqu’il fut recueilli par la fille de Pharaon… la soeur s’est approchée et lui a proposé « Veux-tu que j’aille chercher une nourrice de son peuple pour qu’elle s’en occupe à ta place ? » La princesse avait accepté. La soeur est allée chercher sa mère, et la fille de Pharaon lui a laissé l’enfant pour qu’elle l’allaite. C’est ainsi que ce bébé a grandi sans risques par sa propre mère. Et un peu plus grand, sa maman l’a conduit chez la princesse. Celle-ci l’a adopté pour fils et lui a donné le nom de Moïse qui signifie « tiré des eaux ». Moïse est resté à la cour de Pharaon. Là, il a étudié et devenu un homme très important et respecté
.

Moïse et Pharaon ont grandi ensemble, comme des frères.
Est-ce facile de s’entendre ?
Pharaon dit : « Je suis Dieu ! »
et Moïse : « Je n’ai qu’un seul Seigneur et je veux le servir ! »

« Nous sommes le peuple de la longue marche, un peuple appelé à la liberté » ou
« Nous sommes les étoiles dans le ciel d’Abraham qui brillent au cœur de Dieu » ou
« Réjouis-toi, Dieu vient demeurer chez toi »
.

Mais Moïse souffrait de voir son peuple rendu en esclavage. Il ne supportait pas qu’on maltraite ses frères. Et, un jour, il a dû fuir après avoir tué un Égyptien qui battait sauvagement un esclave. Dans le désert, de l’autre coté de ce bras de mer, qui sépare l’Égypte du pays de Madiân, Moïse a entendu la voix du Seigneur (le fameux passage du buisson ardent) et là il a reçu la mission de libérer le peuple hébreu, de retourner en Égypte (« Toi, Moïse, je t’envoie auprès de Pharaon et tu feras sortir mon peuple d’Égypte » ; Va, fais comme je t’ai dit, je serai avec toi… » lui dit cette voix). Et Moïse s’est mis en route pour accomplir cette difficile mission. Mais il fallait convaincre Pharaon, qui ne voulait pas se passer de tous ses esclaves. Moïse lui a annoncé que s’il ne libérait pas le peuple, le Seigneur allait envoyer toute une série de plaies. Et c’est ce qui se passa :

Les eaux du Nil (ce fleuve si précieux là-bas) furent changées en sang ; le pays fut envahi par les grenouilles, les moustiques, les mouches venimeuses. Ensuite, le bétail mourut ; les Égyptiens furent couverts d’ulcères ; leurs champs furent dévastés par la grêle, puis par les sauterelles. Et pendant trois jours toute l’Égypte fut plongée dans la nuit.

À chaque plaie, Pharaon envoyait chercher Moïse et lui promettait qu’il laisserait partir le peuple, mais dès que la plaie cessait, il changeait d’avis. Alors le Seigneur a annoncé la plaie la plus grave, la dixième : la mort de tous les premiers-nés d’Égypte, du fils de Pharaon à celui de la plus humble servante. Et il en fut ainsi : la nuit prévue, tous les premiers-nés des Égyptiens moururent, mais aucun de ceux du peuple hébreu ne fut touché. Le Seigneur leur avait dit :
« Ce jour sera pour toujours la Pâque, le passage (le saut), car cette nuit je passerai sur toute l’Égypte, et mon peuple sera délivré…Dans chaque maison, on égorgera un agneau, que l’on fera rôtir et qu’on mangera avec des herbes amères et du pain sans levain. Vous mangerez debout, prêts pour le voyage. Vous marquerez les montants de vos portes avec le sang de l’animal égorgé. Ainsi quand je passerai dans la nuit, je saurai que je ne devrai pas toucher aux maisons marquées du sang de l’agneau ».

Il y eût donc beaucoup de morts pour, qu’enfin, le Pharaon accepte de laisser partir les Hébreux. Les Égyptiens étaient tellement effrayés qu’ils les suppliaient même, de s’en aller au plus vite et les couvraient d’argent, d’or et de bijoux.

Les Hébreux sont partis, emportant avec eux toutes ces richesses : ils ont toujours garder en eux cette dette.

On a tous une dette envers son prochain !

« Nous sommes le peuple de la longue marche, un peuple appelé à la liberté » ou
« Nous sommes les étoiles dans le ciel d’Abraham qui brillent au cœur de Dieu » ou
« Réjouis-toi, Dieu vient demeurer chez toi »

Donc, cette eau salée est là pour se souvenir de ce drame car, malgré tout, on ne peut pas se réjouir de la mort de ses ennemis…. Aujourd’hui encore, les juifs jeûnent la veille de Pessah en souvenir de cette 10e plaie !

(La suite, tu la connais : c’est la traversée de la mer…)

Pourquoi cet os ?
Il représente cet agneau pascal (Pessah), que les juifs ont dû manger cette nuit là, cette première Pâque. Car ce sang de l’agneau a servi pour marquer leurs maisons (les montants des portes). Ainsi les hébreux ont été épargnés alors que le Seigneur Dieu, frappait les égyptiens.

Pourquoi cet œuf ?
Il est là en souvenir de la destruction du Temple de Jérusalem. L’œuf est symbole de deuil.

Ce soir, nous pouvons nous unir à cette joie de nos frères juifs, pour cette première libération de Dieu, pour le peuple de croyants : Rendons grâce à Dieu, chantons la première partie du Gloire à Dieu (jusqu’à Dieu le Père tout puissant)

Chant :
Gloire à Dieu, au plus haut des cieux,
et paix sur la terre aux hommes qu’il aime.
Nous te louons, nous te bénissons, nous t’adorons,
nous te glorifions, nous te rendons grâce, pour ton immense gloire,
Seigneur Dieu, Roi du ciel, Dieu le Père tout-puissant

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Temps de la Parole

Proposition d’un itinéraire, allant de

  • la table du seder (niveau de l’assemblée) : en mémoire de la l’Alliance de Dieu, libérant son peuple. En lien avec la première lecture ;
  • à l’autel (niveau surélevé) : en mémoire de la cène de Jésus ;
  • au lieu du service (cruche d’eau, bassine et serviette à même le sol devant l’autel) : en mémoire du message de Jésus : « se faire serviteur du prochain, comme Il l’a fait »

Maintenant nous allons écouter le texte qui raconte comment l’agneau sacrifié va permettre aux Hébreux d’être sauvés. Et comment il est prescrit de se souvenir de cet évènement, en célébrant cette fête tous les ans. Ce texte est tiré du livre de l’exode, et fait partie du Premier Testament.


1re lecture : Exode 12, 1-8.11-14
Voir le texte de la lecture


Psaume : « Bénis soient la coupe et le pain, où ton peuple prend corps » ou Psaume du Hallel (dit dans la liturgie juive) sur un fond de musique klezmer :
« Sois béni, Éternel, notre Dieu, Roi de l’univers, qui nous as délivrés et qui as délivré nos ancêtres (de l’oppression) de l’Égypte et qui nous as permis d’atteindre cette nuit et d’y manger Matsah et Maror. Éternel, notre Dieu et Dieu de nos pères, fais-nous ainsi atteindre d’autres fêtes et d’autres solennité dans un avenir de paix, où nous serons réjouis par la reconstruction de Ta ville et enthousiasmés par Ton culte…Nous Te rendrons grâce, par un nouveau cantique, pour notre délivrance et pour notre affranchissement. Sois béni, Éternel, qui as délivré Israël »

Pendant le psaume, on disposera une coupe de vin et la Matsah, sur l’autel.
Voir le texte du psaume


Introduction à la deuxième lecture
Le texte de Paul, nous raconte ce que Jésus a fait un soir de Pâque.
Il est tiré du Nouveau Testament, et a été écrit par des croyants qui ont suivi Jésus, des chrétiens du premier siècle.

2e lecture : Première lettre de Paul aux corinthiens 11, 23-26
À deux voix. : un lecteur, et un prêtre pour les paroles de Jésus, et si possible en utilisant la coupe et le pain de l’autel.

Voire le texte de la lecture

Mais alors Jésus a pris le pain et le vin de la fête de Pessah ?
Oui. Jésus était juif. Il avait l’habitude de le voir faire, et de le faire lui-même à l’âge adulte. Le père de famille, a l’habitude de bénir le pain, le vin, les herbes amères, de bénir les enfants… Mais ce soir-là, il se passe quelque chose de particulier : Jésus a annoncé, lors de la bénédiction, qu’il se donnait entièrement (corps) et offrait sa vie (sang). Une façon de dire que c’est bien lui le Messie qu’on attendait. Il est venu accomplir, c’est-à-dire vivre et réaliser les Écritures, l’Amour de Dieu qui libère l’homme, ce qu’avaient annoncé les prophètes.
Ce n’est pas tout, Jésus, lors de ce repas, a aussi fait quelque chose de particulier. Écoutons ce dernier texte de l’Évangile selon Jean.


Évangile selon Jean 13, 1-15
Devant l’autel. Gestué, en lavant les pieds d’un enfant, puis les pieds de Pierre…

Voir le texte de l’Évangile

Homélie courte
Proposition de trois pistes :

  • Et pourquoi Pharaon ne voulait-il pas laisser sortir les Hébreux ?
    Il se prenait pour Dieu, et n’admettait pas le seul et unique Seigneur des Hébreux ⇒ thème de l’idolâtrie. Sert-on son idole ou son Dieu ?
  • Jésus est un homme qui a vécu en communion avec Dieu, au point de devenir Fils de Dieu. C’est ce que Dieu souhaite pour nous tous : devenir des enfants de Dieu, habités de l’Esprit Saint. Et Jésus nous montre comment faire : en se mettant au service de Dieu, en se mettant au service de l’homme, c ’est à dire du prochain.
  • Passer « De la servitude au service » cf. Michel Auzou.

Prière universelle
Si possible en lien avec la paix universelle, à travers le monde ; la compréhension et le rapprochement avec nos frères juifs, qui viennent de fêter Pessah ; la paix intérieure libératrice de chacun ; le service du prochain au sein de notre communauté.
Ou en fonction du thème évoqué à l’homélie : idolâtrie - service - vivre en frères.
Voir proposition de la revue Signes : « Pour tous nos frères, nous te prions »

Temps eucharistique

Chants : Qui donc a mis la table, (C121)
ou pendant la communion : Voici le corps et le sang du Seigneur, D 44-80.
Prière eucharistique adaptée aux enfants.
Communion sous les deux espèces.
Bénédiction, si possible, des enfants de CE1, en marche vers la Première eucharistie.

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Temps de l’Envoi

Procession silencieuse vers le reposoir


Invitation à la prière
Méditation introduite par le texte de Charles Singer dans la revue Signes, et ponctuée par un chant : Je t’appelle à me vivre.

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Conseils

Pour des raisons de droits d’auteurs, les paroles des chants ne peuvent pas apparaître ici.

Pour plus d’informations :

  • pour une aide pratique (matériel…)
  • pour obtenir les coordonnées des conteurs plus spécialisés dans les récits bibliques (du diocèse) intéressés à aider l’animateur pour le dialogue conté
  • pour obtenir des enregistrements, partitions, chants et musiques klezmer ou liturgiques juifs
  • pour tout renseignement complémentaire…

N’hésitez pas à me contacter : Anne-Marie Laurent (par courriel ou au 02 96 71 10 40).

Il me reste à vous inviter à la soirée conférence « Pâque juive…Pâques chrétiennes », animée par Père Philippe Loiseau, enseignant le judaïsme à la faculté théologique d’Angers, le mercredi 7 mars à 20h30, à la Maison Mère des Filles du St Esprit, (20 rue des Capucins – St Brieuc). Le Père Loiseau présentera la Pâque juive à travers les rites du Seder et les Écritures, et offrira un éclairage à la compréhension de la fête chrétienne de Pâques.
(Participation aux frais 3 €.). Un enregistrement réalisé par RCF Clarté sera disponible à toute personne intéressée.
Voir aussi l’Diocésain

Bonne préparation à toutes les équipes, (catéchèse, liturgie, écoles, aumôneries… ) qui se lancent dans cette belle aventure !

Et joyeuse marche vers Pâque !

Anne-Marie Laurent
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Bibliographie :

  • Supplément du Cahiers Évangile n° 86, Les fêtes juives ;
  • Haggadah, de Joseph Bloch, Ed. Fondation Sefer ;
  • Le Judaïsme, Dominique de La Maisonneuve, Coll. Tout simplement, Editions de l’Atelier ;
  • Haggadah, de Colette Kessler, cours fait au SIDIC-PARIS.
  • Revue de d’animation liturgique Signes d’aujourd’hui, n° 189 (janvier-février 2007) ;

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Notes


2Note de l’auteur sur le nouveau programme du livre animateur2

Ce sujet m’a été demandé par le Père Gérard Nicole, dans le cadre de ma mission d’animatrice pastorale au niveau de la catéchèse, sur la communauté de la Baie, et en lien avec ma sensibilité au dialogue inter-religieux et au rapprochement judéo-chrétien. C’est avec plaisir et intérêt que je propose un déroulement de célébration de Jeudi Saint.
Par ailleurs, je suis très déçue de constater, en découvrant le nouveau livre animateur du parcours de catéchèse, une mise à l’écart d’une approche de la tradition juive (pourtant nécessaire pour une meilleure compréhension de l’Eucharistie), alors que cette dernière était bien présentée auparavant et accueillie avec grand intérêt de la part des catéchistes et des enfants.

Comparons les différents titres des rencontres de l’unité 4 :

Ancienne pédagogieNouvelle pédagogie
La première Pâque La messe : un merci à Dieu
Le repas de Jésus, le repas des Chrétiens Le repas de Jésus
La messe : un merci à Dieu Vivre l’eucharistie

La première Pâque a disparue. Alors qu’elle constitue un élément fondamental dans la tradition juive, étant la fête de la naissance du peuple hébreu : mémoire de la sortie d’Égypte, de la 1ère Alliance de Dieu avec son peuple, de la libération… et donc une clé à notre lecture chrétienne.

Cette approche permettait également de susciter le désir de s’ouvrir sur la connaissance et le respect des autres religions, un thème au programme de l’année verte en caté-découverte.

Où sont donc les applications de la déclaration de Jean Paul II aux délégués des conférences épiscopales (à Rome le 6 mars 1982) et de Nostra Aetate (déclaration conciliaire sur les religions non-chrétiennes et en particulier sur le peuple juif) ?

Cette attitude de retrait, dans le nouveau parcours de catéchèse, m’encourage à compenser ce manque, en proposant ce type de travail, donc sur le mode de la liturgie : comme cette proposition de célébration.

Anne-Marie Laurent

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2Lecture du livre de l’Exode (12, 1-8.11-14)2

Dans le pays d’Égypte, le Seigneur dit à Moïse et à son frère Aaron : « Ce mois-ci sera pour vous le premier des mois, il marquera pour vous le commencement de l’année. Parlez ainsi à toute la communauté d’Israël : Le dix de ce mois, que l’on prenne un agneau par famille un agneau par maison. Si la maisonnée est trop peu nombreuse pour un agneau, elle le prendra avec son voisin le plus proche, selon le nombre des personnes. Vous choisirez l’agneau d’après ce que chacun peut manger.

« Ce sera un agneau sans défaut, un mâle, âgé d’un an. Vous prendrez un agneau ou un chevreau. Vous le garderez jusqu’au quatorzième jour du mois. Dans toute l’assemblée de la communauté d’Israël, on l’immolera au coucher du soleil. On prendra du sang que l’on mettra sur les deux montants et sur le linteau des maisons où on le mangera. On mangera sa chair cette nuit-là, on la mangera rôtie au feu, avec des pains sans levain et des herbes amères.

« Vous mangerez ainsi : la ceinture aux reins, les sandales aux pieds, le bâton à la main. Vous mangerez en toute hâte : c’est la Pâque du Seigneur. Cette nuit-là, je traverserai le pays d’Égypte, je frapperai tout premier-né au pays d’Égypte, depuis les hommes jusqu’au bétail. Contre tous les dieux de l’Égypte j’exercerai mes jugements : je suis le Seigneur. Le sang sera pour vous un signe, sur les maisons où vous serez. Je verrai le sang, et je passerai : vous ne serez pas atteins par le fléau dont je frapperai le pays d’Égypte.

« Ce jour-là sera pour vous un mémorial. Vous en ferez pour le Seigneur une fête de pèlerinage. C’est une loi perpétuelle : d’âge en âge vous la fêterez » .

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2Psaume 1152

Bénis soient la coupe et le pain, où ton peuple prend corps

Comment rendrai-je au Seigneur
tout le bien qu’il m’a fait ?
J’élèverai la coupe du salut,
j’invoquerai le nom du Seigneur .

Il en coûte au Seigneur
de voir mourir les siens !
Ne suis-je pas, Seigneur, ton serviteur,
moi, dont tu brisas les chaînes ?

Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce,
j’invoquerai le nom du Seigneur.
Je tiendrai mes promesses au Seigneur,
oui, devant tout son peuple.

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22e lecture : Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 11, 23-262

Frère, moi, Paul, je vous ai transmis ce que j’ai reçu de la tradition qui vient du Seigneur : la nuit même où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faîtes cela en mémoire de moi. » Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faîtes cela en mémoire de moi. Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez à cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne.

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2Évangile selon Jean : 13, 1-152
Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout.

Au cours du repas, alors que le démon avait déjà inspiré à Judas Iscariote, fils de Simon, l’intention de la livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est est venu de Dieu et qu’il retourne à Dieu, se lève de table, quitte son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis, il verse de l’eau dans un bassin, il se met à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture.

Il arrive devant Simon-Pierre. Et Pierre lui dit : « Toi, Seigneur, tu veux me laver les pieds ! » Jésus lui déclara : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. » Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras point de part avec moi. » Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs… mais non pas tous. » Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. »
Après leur avoir lavé les pieds, il reprit son vêtement et se remit à table. Il leur dit alors : « Comprenez-vous ce que je viens de faire ? Vous m’appelez « Maître » et « Seigneur », et vous avez raison, car je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. »

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2Dans la fidélité2
(Charles Singer)

Ce soir-là, quand le Christ brise le pain,
verse le vin et se met à genoux pour laver les pieds de ses apôtres,
il accomplit des gestes prophétiques :
il ouvre sur une réalité nouvelle,
il livre le sens de sa vie et il la mène jusqu’au bout de la fidélité.

Il accepte d’être déchiqueté et d’être écrasé afin d’éveiller la terre à un autre Esprit.
Il se met à genoux
afin d’inverser les fondements et l’ordre du monde.
Il donne sa vie pour que la Bonne Nouvelle annoncée depuis le commencement
continue de résonner dans le cœur des hommes.
Cette Bonne Nouvelle dit :
que Dieu ne contrôle pas les hommes,
mais leur ouvre les bras,
comme un Père ou une Mère,
que les choses importantes se passent dans le secret,
à l’intérieur, que l’homme est plus important que la Loi,
qu’aucune Loi ne mérite qu’on lui sacrifie un homme,
que le pardon finit par vaincre toute violence,
que la miséricorde est la clé du bonheur,
que la douceur est une béatitude,
qu’aucun péché ne souille définitivement,
qu’aucune exclusion n’est justifiée,
que la grandeur consiste à se courber pour être à la hauteur des plus petits,
que le service est l’unique façon d’être grand devant Dieu,
que Dieu ne demeure dans aucune église ni cathédrale
mais qu’Il marche sur la terre des hommes,
qu’il n’y a pas de pain ni de richesses qui ne doivent pas être partagés !

Quand le Christ dit :
« Prenez et mangez ce pain, mon corps,
prenez et buvez ce vin, mon sang, »
il dit à ses amis :
Prenez ma façon de vivre !
Accueillez ma Bonne Nouvelle !
Laissez-la nourrir votre vie.
Vivez de mon Évangile.
Mangez ma Parole, qu’elle soit votre force.
À votre tour soyez des Christ !

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