Jeudi 24 mars 2016 — Dernier ajout mercredi 23 mars 2016

De nouveaux outils au service de la Bible

Le service diocésain de la catéchèse développe de nouveaux supports pour aborder la Bible avec les enfants. Virginie Mercier forme des conteuses bibliques.

Conter la Bible.

Mais la Bible n’est pas un conte ?

« La Bible est un témoignage », répond Virginie Mercier, membre du service diocésain de catéchèse et formatrice au conte biblique. « Le témoignage d’un peuple qui a relu son histoire comme une histoire de salut et d’alliance. Et c’est parce que cette parole est devenue Parole de Dieu pour moi que je vous la redis et deviendra peut-être Parole pour vous. » La Bible n’est pas un conte, mais elle se raconte sous la forme d’un « raconté ».

Un groupe de conteuses venant de tout le diocèse se réunit une fois par mois à la maison diocésaine à Saint-Brieuc, autour de Virginie Mercier, pour mettre au point divers « racontés » à partir de textes bibliques. En cette Année de la miséricorde, elles ont travaillé sur les paraboles de la drachme perdue, de la brebis égarée et du fils prodigue. Il arrive également qu’une des conteuses présente son propre travail, suite à une commande paroissiale, comme Marie-Antoinette le fit avec l’histoire de Moïse et du Buisson ardent. Le curé de Lamballe lui avait demandé de conter cet épisode lors d’une messe du deuxième dimanche de carême, à l’église Saint-Jean. Et les conteuses ne se cantonnent pas aux textes bibliques : Anne-Marie Boulard a raconté la vie de Jeanne Courtel lors d’une retraite de première Eucharistie au sanctuaire de Notre Dame de Toute Aide à Querrien (La Prénessaye). Enfin, le conte biblique s’adresse à tous les publics, enfants, jeunes, adultes… croyants ou non. « Seul le vocabulaire change selon le public visé », précise Virigine Mercier. « Le conte biblique crée de la proximité avec le récit biblique. Alors qu’ils ne le comprennent pas toujours dans le livre », explique Laurence Manaranche, de la paroisse Notre-Dame de la Baie, qui poursuit : « Pour des adultes, croyants ou non, le conte peut les conduire vers le texte », leur ouvrir l’appétit en quelque sorte. « C’est un manière de leur permettre de s’approprier le contenu biblique sous une forme différente », complète Carine Adobey, de Lannion. Virginie Mercier conclut : « Le conte ne se substitue pas à l’écrit mais il réveille l’écoute. Parole adressée d’une personne à une autre, elle pourra ensuite donner envie d’ouvrir le livre. Le conte est toujours un chemin vers l’Écriture. »

Virginie Mercier raconte la drachme perdue et la brebis retrouvée aux enfants qui se préparent au baptême, le samedi 5 mars, aux salles Saint-Matthias à Saint-Brieuc.

Témoignage

Anne-Marie Boulard, conteuse dans la zone de Loudéac

« Le conte biblique se présente sous forme orale. Mais, dans un premier temps, je passe par l’écrit. Cela m’aide à le structurer, à donner chair aux personnages. Avec le groupe diocésain de conteuses, nous avons déjà appréhendé le texte, son contexte historique et sociologique, les symboles présents, le caractère des personnages. Rentrée chez moi, j’essaie de me représenter la scène que je veux conter. L’important pour moi n’est pas ce qui est écrit, mais ce que l’Evangile nous laisse imaginer. Au bout d’un moment, un personnage s’impose. Je me mets dans sa tête et j’essaie de ressentir comme lui couleurs, odeurs et gestes. C’est là que l’écriture intervient. Elle m’aide à prendre le recul nécessaire au raconté, à rester extérieure à la scène que je veux décrire. Un plan se dessine, je le mémorise. C’est la colonne vertébrale sur laquelle je m’appuie. Ensuite, je mets en bouche le texte – je ne le lis pas, je raconte. A ce stade, je parle toute seule en faisant de grands gestes et en arpentant ma maison ! Puis, je soumets mon raconté au groupe de conteuses. J’écoute les compliments comme les critiques, je modifie mon texte en fonction de leurs remarques. Je suis prête à raconter. Je n’apprends pas par cœur le texte que j’ai écrit. Quand je conte, j’omets certains détails, volontairement ou non, selon le public à qui je m’adresse. Mais je dis l’essentiel, grâce au plan. Et ce n’est jamais que ma vision d’une scène biblique. Il y a autant de racontés que de personnes qui racontent. »

Encadré :
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