Edito de Mgr Moutel - ECA septembre 2016
Mardi 13 septembre 2016

Délivre-nous de tout mal et donne la paix à notre temps !

Cette prière qui est prononcée à la messe, juste après le « Notre Père » résonne très fortement à la rentrée : « Rassure-nous devant les épreuves en cette vie où nous espérons le bonheur que tu promets … »
Certes, il y a eu les vacances avec la recherche du repos, de la rencontre et de la paix. Bien sûr nous n’oublierons pas les J.M.J. avec les rencontres très fortes entre des jeunes de toutes les nations. L’expérience de la miséricorde a été un chemin heureux pour accueillir l’amour plus fort que la haine, le pardon qui libère du péché, la vie qui triomphe de la mort Mais, au cœur de l’été, le 14 juillet à Nice puis le 26 juillet à Saint-Hilaire du Rouvray, nous avons été frappés de stupeur. La juste réaction des catholiques a été saluée et beaucoup ont cherché lumière et paix dans toutes les prières qui se sont tenues dans nos églises. Mais le désarroi porte bien des fragilités car la peur peut nous paralyser, les divisions nous désunir, le désir de vengeance abîmer les cœurs. C’est pourquoi nous voulons persévérer dans les attitudes que nous inspire l’Évangile.

Chercher la vérité. Quand on s’échauffe sur les réseaux sociaux, quand on relaye de fausses nouvelles ou des amplifications non vérifiées sur un sujet sensible, alors on ajoute du mal au mal : ce qui m’a été dit … est-ce que c’est vrai ? D’où vient cette information ? Est-ce que j’ai cherché à la vérifier ou bien est-ce que je la propage simplement pour conforter les à-priori, ou les idéologies qui m’habitent ?

Servir la fraternité. Comment regarder avec confiance et bienveillance celui qui est différent de moi ? Cela commence à la maison avec le conjoint, mais cela concerne aussi les relations sociales et publiques en notre pays, ainsi que le dialogue inter-religieux.

On reproche parfois aux chrétiens d’être des « gentils », mais des gentils irresponsables (ce n’est pas un compliment), devant la gravité des problèmes du monde. Certes nous avons le devoir de soutenir tous ceux qui s’engagent pour la liberté et pour la sécurité en notre pays. Mais notre responsabilité consiste à trouver les mots justes pour éclairer, apaiser, réconcilier et nous n’avons pas d’autre lumière que l’amour et la vérité qui rayonnent sur le visage du Christ, trésor de l’Évangile. C’est en lui que s’accomplit vraiment la parole du psaume 84 : « Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent » (Ps 84,11)

C’est aussi le sens de la réflexion proposée le 20 juin dernier par les évêques de France au seuil d’une année électorale : « Pour celles et ceux qui ont foi en Dieu et qui vivent dans la communion au Christ, les difficultés que nous rencontrons ne sont pas un appel au renoncement. Au contraire, elles nous acculent à investir toutes nos capacités pour construire une société plus juste et plus respectueuse de chacun. Cela s’appelle l’espérance » (« 2017, année électorale, quelques éléments de réflexion ». Déclaration du Conseil permanent, le 20 juin 2016)