Lundi 3 mars 2014 — Dernier ajout jeudi 6 mars 2014

Entrons en Carême

Le carême n’est même pas seulement un exercice de sobriété nécessaire à tout ceux qui veulent rester éveillés et lucides. Le but du carême c’est Pâques. Le carême est un chemin vers la résurrection. Puisque nous sommes baptisés dans le Christ, nous nous préparons à participer à sa résurrection. Entrer en carême c’est se tourner vers la résurrection du Seigneur pour prendre le même chemin que lui.

Quel est donc le chemin pris par Jésus dans cette montée à Jérusalem vers Pâques ?

L’évangile commence par nous dire que l’Esprit l’a poussé au désert, et pour nous aujourd’hui le désert reste comme le mot-clé, la toile de fond de ces 40 jours de carême. Alors que notre vie est comme emportée par les torrent des images, du bruit, du désir envahissant de tout consommer, de tout acheter, de tout expérimenter, l’entrée en carême se veut comme un coup de frein à tout cela, c’est à dire une expérience du désert.

Il ne s’agit pas de faire l’expérience du vide ou du sommeil mais bien au contraire de faire l’expérience de la parole : de la parole de Dieu, à nouveau perçue plus intensément dans le silence, car Dieu parle toujours, c’est nous qui sommes inattentifs - et de la parole à Dieu à qui on retrouve le désir de s’adresser par la prière. Prière pour demander à Dieu qu’il nous purifie et nous transforme le cœur, ce dont nous sommes incapables, seuls. Priez dans le secret, dit Jésus, et priez aussi en vous rassemblant entre chrétiens, car là ou deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. Entrer en carême ce sera donc prendre la décision de réserver des moments
précis pour la prière silencieuse et à la participation à l’Eucharistie.

Pénitence, aussi pour faire entrer mon corps cette purification que la prière opère dans mon cœur. faire du vide en soi pour être rempli par Dieu. On pense tout de suite au jeûne de nourriture, mais aussi pourquoi pas un certain sevrage du bruit de fond pas toujours indispensable de SMS, de radios, de télés, de web. Jeûner de paroles inutiles et négatives, de gémissements trop faciles sur les autres. Se priver de tout cela pour mieux accueillir Dieu qui s’invite à notre table.

Enfin, le carême ne doit pas nous replier tristement sur nous-mêmes pour donner le spectacle d’une « face de carême ». Notre marche vers la résurrection est aussi une démarche joyeuse vers les autres. C’est le temps du partage. Ecouter quelqu’un avec plus d’attention, visiter une personne seule, mettre de côté de l’argent pour des personnes dont on devine les besoins matériels, donner un coup de main à une association d’aide, transférer une dépense secondaire (cigarettes, jeux, alcool, vêtements) sur un don utile qui aidera quelqu’un à repartir, pour ceux qui le peuvent prendre date pour une journée de réflexion ou une retraite. Bref, prendre le même chemin que Jésus pour être déjà associé à sa résurrection le jour de Pâques.