Vendredi 15 avril 2016

Exhortation apostolique : « L’Eglise est comme un phare »

Vendredi dernier, le Pape François a publié son exhortation apostolique Amoris laetitia  La joie de l’amour ») suite aux deux synodes autour de la famille. Hier, Mgr Denis Moutel, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier, a tenu une conférence de presse en vue de se livrer sur ce texte. Il était accompagné d’Isabelle Gosselin, co-responsable de la Pastorale de la famille du diocèse, et d’Hervé Boniteau, un jeune marié breton.

De gauche à droite : Hervé Boniteau, Mgr Denis Moutel et Isabelle Gosselin - JPEG - 1.8 Mo
De gauche à droite : Hervé Boniteau, Mgr Denis Moutel et Isabelle Gosselin

La publication de cette exhortation apostolique est un « moment important », a souligné Mgr Denis Moutel. « C’est une belle découverte pour moi ». Selon lui, le Pape François a su descendre « dans l’échange amoureux du couple en mettant en avant les vertus de la tendresse ». Ce constat est également partagé par Isabelle Gosselin. Cette exhortation apostolique porte en elle « une réalité concrète de la vie de la famille et du couple », assure-t-elle. Durant ces deux synodes, « il a su écouter » et livrer un message à travers « des mots très simples et un langage accessible ». Hervé Boniteau a, quant à lui, rappelé l’importance pour les jeunes couples d’être accompagnés « par des couples plus anciens et expérimentés afin de les aider à construire leur vie future ». Pour lui, ce texte permet « d’interpeller les communautés chrétiennes sur la préparation au mariage ». Le mariage « n’est pas un art abstrait mais un art artisanal » qui doit se construire progressivement à deux, a-t-il souligné.

Mgr Denis Moutel a insisté sur le fait que, « dans l’église catholique, nous sommes porteurs de la beauté du mariage », tout en rappelant que « nous avons aussi conscience de la réalité de certaines familles. Le rôle de l’Eglise est d’aimer les gens là où ils en sont ». Ce dernier a fait référence au divorce, thème présent dans l’exhortation apostolique du Pape François. « Le Pape se refuse de juger les personnes qui vivent dans le divorce. Il dénonce plutôt l’idéologie selon laquelle le divorce serait une variable d’ajustement normale ». Ainsi, l’évêque du diocèse de Saint-Brieuc se dit « heureux que cette lettre présente le mariage comme une aventure qui mérite d’être vécue » sans perdre de vue que « l’Eglise est comme un phare pour éclairer les personnes en difficulté ». Ces paroles font directement référence à celles d’Isabelle Gosselin. « Ce texte est tourné vers les plus fragiles, vers ceux qui se sentent exclus – notamment les personnes divorcées et souffrant de solitude –. Notre mission est de leur dire : “ta vie a un prix, je suis là pour t’accueillir comme tu es”. Le Pape parle beaucoup d’inclusion et d’accompagnement dans son texte ».

Tendresse et pardon au quotidien

A la lumière de la foi chrétienne et de son expérience propre, Hervé Boniteau a expliqué que le mariage était un « un don de Dieu » et qu’il ne pouvait être vécu « sans la présence des familles respectives des conjoints et sans une pratique de la foi au quotidien ». Son témoignage fait écho à celui d’Isabelle Gosselin qui insiste sur le fait qu’« il est important de prendre son temps », le mariage demandant un temps de réflexion et de préparation certain. « Quand un couple se marie, il faut qu’il sache dans quoi il s’engage ». Face aux difficultés de la vie, celle-ci rappelle que le couple doit regarder « chaque petit pas qui a été fait. Les marques de tendresse et de pardon au quotidien, c’est ça que Dieu aime ». Plus largement, l’exhortation apostolique du Pape François « s’adresse à toutes les personnes qui s’interrogent sur l’amour et qui ont envie d’être aimées », assure Isabelle Gosselin.

En conclusion, Mgr Denis Moutel a rappelé un passage de l’exhortation apostolique, passage qui montre toute « l’attitude maternelle et miséricordieuse de l’Eglise » selon lui : « Je veux souligner la situation des familles submergées par la misère, touchées de multiples manières, où les contraintes de la vie sont vécues de manière déchirante. […] Dans les situations difficiles que vivent les personnes qui sont le plus dans le besoin, l’Eglise doit surtout avoir à cœur de les comprendre, de les consoler, de les intégrer, en évitant de leur imposer une série de normes avec pour effet qu’elles se sentent jugées et abandonnées précisément par cette Mère qui est appelée à les entourer de la miséricorde de Dieu » [paragraphe 49].

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