L’essentiel inaperçu… en mémoire de ceux qu’on aime toujours
Lundi 19 juin 2006 — Dernier ajout mercredi 1er septembre 2010

Il restera de toi…

Lorsqu’on a aimé un être et qu’on en a été séparé par l’inéluctable mort,et que passe le temps, que nous reste-t-il de lui en mémoire ?

La fièvre de la première rencontre ? L’intensité du plaisir ?
Les élans passionnés ou sentimentaux ? Non.

Il nous reste de lui quelque chose de bien plus profond,
d’insaisissable dans l’évidence même, et parfois de déchirant.

Je veux parler , de ces petits riens de la vie quotidienne,
ces « allant de soi » à la limite de l’anecdote ou de la banalité
« petits riens » qui nous font rencontrer toute entière, dans son essence même,
la personne aimée qui nous a quitté,
ces choses impondérables et pourtant sublimes.

Tenez, rappelez-vous : telle inflexion de voix, telle manière d’incliner la tête en coupant un peu de pain pour ce repas avec des amis…

Ou encore, la vue de son manteau de pluie un peu usé,
ou, après un tour de clé à la porte, en revenant de faire une course, sa voix familière, archi-connue et qui après sa mort vous parait merveilleuse, unique dans sa simplicité, disant tout simplement :

« C’est moi ! »
« C’est bien moi ! » …

Vous savez ?… ce mot d’après la Résurrection, au bord du lac.

Ainsi, tout est là de cet être et de l’époque où on a vécu avec lui, partagé tant de choses…

On reste sous le choc de ce souvenir vivant, de cette part d’éternité, comme devant un excès de beauté.