Edito de Mgr Moutel - ECA décembre 2016
Lundi 19 décembre 2016 — Dernier ajout lundi 21 novembre 2016

Il y a Dieu quand même !

Il y a quelques semaines, recevant un groupe de confirmands, je posais la question suivante : « finalement, qu’est-ce qui fait que vous voulez rester chrétiens ? »
Une réponse a fusé comme une sorte de protestation : « Il y a Dieu quand même ! ». Ainsi, malgré l’absence de Dieu souvent décrite comme une évidence dans leur entourage, voici que des jeunes disent qu’ils ne veulent pas faire sans Dieu. D’autres jeunes m’ont écrit dans leur lettre de demande : « dans ma commune, je suis la seule à aller au caté ! » ou encore « je suis le seul de ma famille à aller jusqu’à la confirmation ». Je ne vois pas là un sentiment de désolation mais plutôt une position de confiance : je suis le seul, mais je suis là !

« Il y a Dieu quand même ! ». Cette parole est lancée comme un cri dans le désert : ces jeunes cherchent Dieu comme un point d’eau difficile à trouver, ils attendent des paroles neuves de nos sources chrétiennes trop souvent cachées, ils n’en peuvent plus d’un horizon limité vide de sens. Qui cueillera pour eux et avec eux les fleurs de l’espérance ?

Voici le moment favorable ! Voici le temps de l’Avent qui porte notre espérance vers Dieu, qui vient nous sauver. Ce moment liturgique est très beau et essentiel parce qu’il nous redit ce que doivent être notre pratique et notre témoignage : l’attente joyeuse du salut.
Sommes-nous des chrétiens de l’attente ? Nous pouvons si facilement nous endormir dans la consommation ou la recherche d’un bien-être un peu trop court, loin des autres, loin de Dieu. Nous pouvons aussi considérer que tout pourrait être fabriqué par nos savoirs, tout pourrait être atteint par nos propres forces.
Mais … il y a Dieu quand même ! Il ne s’impose pas mais il s’est approché de nous en Jésus le Sauveur. Et il vient toujours dans notre « aujourd’hui », fleuve d’amour et de vie pour irriguer nos déserts.
Si nous vivons un synode, si nous pouvons « choisir l’espérance », « c’est parce qu’il y a Dieu quand même ! ». Célébrer un synode, c’est dire, au fond, ce que nous annonçons au cœur de l’Eucharistie : « nous attendons que tu viennes ! » Merci de vivre intensément cette attente, merci de porter notre synode diocésain dans votre prière, pendant tout ce temps de l’Avent.

« Frères, vous le savez : c’est le moment, l’heure est venue de sortir de votre sommeil » (Rom 13,11)

+ Denis Moutel
évêque de Saint-Brieuc et Tréguier