Jeudi 19 mai 2011

Je n’imagine pas la Bretagne sans Saint-Yves !

Évêque de Saint-Brieuc et Tréguier depuis sept mois, je suis très impressionné par la figure de Yves Héloury de Kermartin. On dit volontiers en Bretagne, de Tréguier à Nantes : « Yves, c’est le Saint François des bretons ».

Il est né, en 1250, seulement 24 ans après la mort du « Pauvre d’Assise » et il est contemporain de Saint Louis, qui exerçait lui-même la justice pour les pauvres. A l’âge de 20 ans, il suit à Paris des cours de lettres et de théologie, avec Thomas d’Aquin, puis de droit à Orléans. Cette période est un temps extraordinaire de renouveau de l’intelligence et du cœur. Saint Yves est prêtre, avocat et ami des pauvres.

Les présentations traditionnelles le montrent souvent entre le riche et le pauvre. Refusant d’une main l’argent qui pourrait acheter son arbitrage, il tient, de l’autre, la loi qu’il présente au pauvre. Loin de mépriser celui qui possède, il fait appel à son intelligence et à une interprétation la loi, inspirée par l’amour et la vérité.

Pauvre lui-même, non pas parce qu’il était sans revenus mais parce qu’il donnait tout, il s’oppose publiquement à certaines perceptions d’argent abusives.

Oui Saint Yves est moderne et il a un bel avenir ! Beaucoup d’avocats et de juges sont soucieux des droits des plus pauvres et recherchent avec ardeur « la justice la plus juste » qui soit. Oui vraiment, impossible d’imaginer raisonnablement la Bretagne sans Saint-Yves !

+ Denis Moutel
évêque de Saint-Brieuc et Tréguier