Questions à …
Dimanche 8 novembre 2015 — Dernier ajout samedi 31 octobre 2015

Jean-Claude Lemercier - Diacre

A l’occasion de l’ordination diaconale de Stéphane Melot à Dinan, dimanche 25 octobre dernier, Henri Clairet, membre de l’EAP de Plouha [1], a posé quelques questions à Jean-Claude Lemercier, diacre, ordonné le 17 octobre 2004, sur son rôle dans sa vie de tous les jours et sur la paroisse de Paimpol-Plouha où il réside.

Jean-Claude Lemercier, vous avez été ordonné diacre permanent en 2004. Pouvez-vous nous en dire plus ?

17 octobre 2004, le jour de la journée mondiale de lutte contre la misère, quel beau signe pour l’Église que de m’ordonner à cette date ! Le diacre est envoyé « vers les périphéries existentielles » chères à notre pape François. Après 2 années de « discernement », 3 ans de formation, mon ordination en la cathédrale de Saint-Brieuc s’est située à mi parcours de ma formation théologique qui s’est prolongée durant 3 autres années.

Éducateur de métier, l’appel m’a été lancé par un diacre anglican et une maman en grande pauvreté, lorsque nous étions en famille, détachés en Angleterre, comme volontaires du mouvement ATD Quart-Monde. Cet appel a été confirmé par l’Église diocésaine. Mon ordination n’ a été rendue possible qu’après l’acceptation de mon épouse Sabine et en concertation avec mes 5 enfants.

Ma mission donnée par l’évêque a été de vivre en proximité avec ceux qui souffrent moralement, physiquement, socialement. Aujourd’hui elle se traduit par une délégation épiscopale pour la Diaconie de l’Église dans notre diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier. Ma mission d’aumônier à l’Hôpital et auprès de l’Hospitalité de Notre Dame de Lourde, me permet de vivre ce ministère dans le concret.

Diacre permanent ? Quelle est votre fonction, votre place dans l’église diocésaine ? Paroissiale ?

Le concile Vatican II a rétablit le diaconat en tant que ministère de manière permanent « comme degré propre et permanent dans la hiérarchie ». C’est à dire que par le sacrement de l’ordination j’ai quitté le statut de laïc pour celui de clerc. Avec l’évêque et le prêtre, le diacre fait partie du clergé.

Le prêtre et le diacre tous les deux ordonnés exercent la mission du Christ de façon différenciée et complémentaire. La particularité du ministère sacerdotale est d’agir « in personna Christi capitis » ( au nom du Christ tête). Présidant l’eucharistie, sacrement source qui rend présent le Christ Médiateur, le prêtre préside l’assemblée. L’évêque préside également à la communauté missionnaire qu’est l’Église. Choisi parmi les prêtres, il reçoit la plénitude du sacrement de l’ordre pour conduire l’Église locale qui est le diocèse.

Le diacre est habilité par son ordination, à servir le peuple de Dieu dans la liturgie, la Parole, et la charité. C’est pourquoi je célèbre des baptêmes, des mariages, je préside à la prière commune, et je fais des homélies. Dans la paroisse j’agis en concertation avec le curé.

Dans votre article paru dans le bulletin de janvier vous écrivez : « Le rétablissement du diaconat permanent par le concile Vatican II n’est pas de l’ordre d’une stratégie de maintien, d’entretien ou de sauvetage » . Pouvez-vous expliciter cette formule ?

Je veux dire par là que : comparer le rôle du prêtre et du diacre n’est pas un chemin qui aide à comprendre ces ministères qui sont importants et complémentaires. Jamais le diacre ne remplacera le prêtre ! Pour que l’Église soit ministérielle il faut des prêtres, des évêques et des diacres. Le diacre aide les baptisés à vivre dans le monde, le service de Dieu et des hommes en référence au Christ serviteur. En obéissance à son Évêque le diacre participe à sa charge pastorale.

Il est important de comprendre que le diaconat est un ministère propre. Trop le comparer au ministère presbytéral le ferait disparaître.

Qu’avez-vous à dire aux chrétiens de Plouha et Paimpol ?

Je dis souvent qu’il faut prier pour les diacres . Ce ministère est très beau : se faire serviteur de son frère est à contre-courant dans la vie de notre société. Dans la liturgie des heures qu’il m’est demandé de pratiquer matin et soir, je porte dans ma prière les paroissiens paimpolais et plouhatins ; plus particulièrement ceux et celles qui vivent des situations douloureuses ainsi que ceux n’ont pas encore rencontrés le Christ. Le diacre se doit d’être proche de ceux qui sont loin. Il a le souci de toujours rappeler aux chrétiens que le service du frère est intrinsèquement lié à leur foi. La charité n’est pas une option. C’est le sens de la présence des diacres dans la liturgie : Le Christ n’est pas venu pour se faire servir mais pour servir.

[1article paru sur le bulletin paroissial de Paimpol/Plouha en octobre 2015

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