Vendredi 24 juin 2016

Journée fraternelle entre le diocèse de Saint-Brieuc et celui de Quimper

Jeudi 23 juin, s’est tenue une journée fraternelle entre les diocèses de Saint-Brieuc et de Quimper. Le temps de quelques heures, les Fraternités chrétiennes des personnes malades et handicapées briochine et quimpéroise ont pu se retrouver et échanger entre elles. Une cinquantaine de personnes ont répondu présents.

Visite de la cathédrale

Dès le rassemblement des deux Fraternités chrétiennes, la journée a débuté avec une visite de la cathédrale Saint-Corentin à Quimper. Claudine, la guide, a rappelé l’histoire de l’édifice religieux. « A l’origine, le Frout - affluent de l’Odet - a dû être détourné pour bâtir le cœur de la cathédrale de Quimper ». Alors que la construction de la cathédrale date du XIIIe siècle sous Louis IX (dit Saint-Louis), celle-ci a dû s’interrompe à cause « des guerres, de la famine et de la peste noire au XIVe siècle causant la mort d’un tiers de la population européenne. Ce n’est qu’à la suite de ces catastrophes que les travaux purent reprendre par le porche occidental et ceci jusqu’en 1410 ».

Ce n’est qu’au XIXe siècle que les flèches furent construites sur les tours grâce à l’apport financier de nombreux donateurs : ducs, princes, évêques mais aussi marchands et commerçants… De part et d’autre de la cathédrale, notamment sur les vitraux ou sur certaines voûtes, il est possible d’apercevoir les blasons des familles donatrices à l’époque. Dernièrement, la cathédrale s’est refaite une beauté. « Les murs se sont écartés au fil des siècles au point d’avoir 25 centimètres d’écart entre la largeur au sol et celle au niveau des voûtes ! », souligne Claudine. « Les Bâtiments de France ont donc lancé des travaux de restauration entre 1989 et 2007 en vue de renforcer la structure ».

  • La déviation de la nef : une des principales inconnues de la construction de la cathédrale, concerne la différence d’orientation entre le chœur et la nef. Plusieurs hypothèses ont été émises. La première est d’ordre symbolique : le chœur suivrait l’inclinaison de la tête du christ sur la croix, une autre y verrait des difficultés rencontrées au cours des travaux à cause de la nature du sol et des fondations de la cathédrale romane.

Temps de prière

Une messe a conclu la matinée au sein de la cathédrale Saint-Corentin. « C’est une grande chance pour nous, Finistériens, de vous accueillir, Costarmoricains. Nous cherchons tous le même Dieu présent dans le monde des personnes qui sont porteurs d’un handicap », a souligné le Père Paul Berrou, curé pour le diocèse de Quimper et Léon.

Dans son homélie, ce dernier a adressé un message d’espoir à toutes les personnes souffrant de maladie ou d’handicap ainsi qu’à leurs accompagnateurs : « Prêtons notre lampe à toute personne qui est à la même table que nous. Sortons et allons éclairer les autres ! Cette lampe n’est pas simplement en nous, elle est aussi en eux. Donner la lumière et la recevoir nous permet de ne pas nous enfermer dans notre petit monde. Cela rejoint les valeurs de la Fraternité chrétienne des personnes malades et handicapées ».

  • En fin de messe, après avoir récité la prière universelle « Dans ta miséricorde, Souviens-Toi de nous Seigneur », la Fraternité chrétienne de Saint-Brieuc a offert à celle de Quimper une gravure de Notre-Dame-de-tous-les-Jours provenant de l’abbaye de Timadeuc (56).

Témoignages

  • Marie-Paule (diocèse de Saint-Brieuc) : « J’ai voulu participer à cette journée parce que c’était avant tout une journée autour de la fraternité et de l’amitié. Nous devons penser aux gens qui sont atteints par le handicap. Je rencontre des personnes âgées, on discute ensemble, parfois je les accompagne dans leurs courses. Ces sont des personnes qui souffrent beaucoup de solitude. Depuis que je fais partie de ce mouvement – cela fait une dizaine d’années –, je me sens très bien. A moi aussi ça m’aide de faire partie de la Fraternité chrétienne ».
  • Anna (Diocèse de Quimper) : « Je fais partie d’une équipe fraternelle depuis une dizaine d’années. Les biens portants ne se rendent pas compte du handicap de la personne, de sa sensibilité qu’elle peut avoir. Dans les moments difficiles, nous avons oublié Dieu. A la Fraternité chrétienne, on aime se retrouver et prier ensemble. Les gens me disent souvent que j’ai un visage serein, j’ai seulement la conscience de ce que je fais.
    Mon mari (victime d’un AVC) a toujours voulu mourir chez lui. Etre en humanité avec les personnes handicapées, c’est tout d’abord les respecter. Etre membre de la Fraternité chrétienne, c’est reconnaître l’autre comme il est. Ces personnes ont besoin d’amour et de reconnaissance. Je dis souvent : « Vous êtes une lumière pour nous. Vous êtes parmi nous ». Je crois en la valeur du pèlerinage, cela fait tellement du bien de partir en retraite spirituelle ».