Mercredi 9 juin 2010

Kit de survie spirituelle

L’accompagnement spirituel

« L’accompagnement spirituel, c’est aider quelqu’un à prendre conscience qu’il est mû par l’Esprit de Dieu ; c’est l’aider à reconnaître la source d’eau vive en lui, qui est plus ou moins ensablée, l’aider à découvrir son urgence intérieure, à déceler les puissances de vie qui sont en lui, à fonder ses décisions sur une double reconnaissance, celle de sa réalité et celle de la présence divine en lui. »
Odilon de Varine, sj.

Être accompagné c’est accepter qu’une autre personne chemine avec moi dans cette double reconnaissance. Prendre de la hauteur, en confiance en compagnonnage, relire sa vie de manière régulière, c’est faire crédit à Dieu et compter sur lui.

Le dialogue d’alliance

La prière d’alliance n’est pas une introspection, une recherche de perfection ou un chemin de culpabilisation. La prière d’alliance place Dieu au centre, le mettant à sa juste place.

Si au terme de ce temps de prière je ressens du trouble, de la colère, de l’angoisse, de la culpabilité c’est le signe que mon écoute a été trop centrée sur moi-même ; si la paix et la joie m’habitent c’est le signe d’un compagnonnage avec Dieu.

Rendre grâce -– demander pardon -– regarder demain et remettre sa vie à Dieu.

La relecture pastorale et spirituelle

L’objectif premier de la relecture est de cueillir les fruits de l’Esprit dans ma vie humaine et spirituelle.

Relire, c’est d’abord et avant tout se poser, comme je m’installe dans un fauteuil pour lire un bon bouquin ou pour regarder un bon film.

La différence est que ce bon bouquin ou ce film c’est ma vie et que je m’installe face à moi-même et devant Dieu. Il est donc nécessaire de prendre du temps au milieu des multiples activités comme Marie au pied de Jésus.

Relire, c’est entrer dans un récit d’une manière renouvelée, dans ce qu’il a de plus inédit dans ses moindres rouages, ses contours et ses articulations. Relire c’est faire mémoire. C’est faire le récit d’un événement en racontant avec les lunettes du présent ce qui a jalonné une tranche de ma vie. Alors, comme une toile de maître dévoile progressivement son trésor et sa pauvreté, la relecture met en lumière les richesses et les limites d’un événement que j’ai vécu. Un regard à distance permet d’objectiver une parole, une action, un comportement. Mais relire sa vie c’est bien plus que cela, c’est porter au regard de soi, d’un autre (l’accompagnateur ou un groupe) et surtout de Dieu cette tranche de vie. C’est alors entrer avec d’autres dans une dynamique de communion et de consentement à l’événement. Arriver à partager en profondeur sur un événement quel qu’il soit, est le signe que la confiance a chassé la peur. Partageant avec d’autres, j’accepte de me laisser interpeller et déplacer par leur parole. Je participe ainsi à la construction de l’Église.

Relire c’est ainsi me laisser visiter par l’Esprit Saint par la médiation de la Parole de Dieu puis par celle des autres. Je demande alors de me laisser toucher et conduire par l’Esprit qui tisse subtilement la trame de ma Vie faisant ainsi toute chose nouvelle. Relire, c’est reconnaître l’Esprit à l’œuvre dans ma vie.

L’oraison

« Tournez les yeux vers l’hôte intérieur
Sans rien vouloir que cette présence ;
Vivez de l’Esprit, pour être celui
Qui donne son nom à votre Père.
Tournons les yeux vers l’hôte intérieur
Car il habite nos silences
Et nos prières
. »
Hymne du temps de Pentecôte.

C’est cela l’oraison, tourner les yeux vers cet Hôte intérieur, c’est entrer en relation avec lui et le laisser prier en nous. Tout simplement. Alors, 5 mn, 10 mn, 30 mn, 1 h ou plus, peut importe le choix que vous allez faire si vous entrez dans cette disposition du cœur. Faire oraison c’est entrer dans un échange d’amitié avec le Seigneur et vivre de son Alliance.

2Déroulement de l’oraison2

  • Entrée dans l’oraison : après un signe de croix, me mettre en présence de Dieu. Invoquer l’Esprit-Saint.
  • Demande : demander une grâce au Seigneur, comme par exemple, un plus grand amour pour Lui, une plus grande foi, plus de persévérance dans l’oraison…
  • Prendre le passage de la Parole de Dieu ou le texte, le lire lentement, plusieurs fois. Me représenter la scène, la contempler. Regarder les personnes agir, entendre ce qu’elles disent…M’arrêter là où j’y trouve de l’intérêt, du goût.
  • Dialogue avec le Seigneur  : prendre le temps de me confier au Seigneur. Exprimer ma parole en réponse à sa Parole. Lui parler comme un ami parle à son ami. Lui demander conseil. Le remercier, l’adorer, le louer. Faire silence et l’écouter.
  • Terminer le temps de prière en récitant une prière comme le Notre Père.

2Sur le web2

web http://www.aelf.org/
web http://www.ndweb.org/chercher/index.html
web http://qe.catholique.org/priere/17908-comment-faire-oraison

Origine  : Récollection « Laïcs en Mission ecclésiale », Abbaye de Timadeuc, lundi 7 juin 2010.