Vendredi 19 janvier 2007 — Dernier ajout mercredi 14 septembre 2016

L’inter-religions mobilise toujours…

11e colloque inter-religions à l’Abbaye de Saint-Jacut-de-la-Mer autour du thème de la transmission

Plus de 200 personnes se sont rassemblées à l’Abbaye de Saint-Jacut-de-la-Mer le week-end du 12 au 14 janvier pour le traditionnel colloque inter-religions.

A la tribune :


Deux intervenants juifs :

  • Philippe HADDAD, rabbin de la communauté juive des Ulis
  • Liliane APOTHEKER, animatrice de rencontres inter-religieuses

Deux intervenants chrétiens :

  • Michel BERDER, bibliste, professeur à l’Institut Catholique de Paris
  • Jean-Marc AVELINE, directeur de l’Institut Catholique de Marseille, professeur de théologie des religions

Deux intervenants musulmans :

  • Ghaleb BENCHEIKH, président de la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix
  • Mehrézia LABIDI MAIZA, membre du Conseil d’Administration de la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix

La transmission en question

Cette année, c’est autour de la question de la transmission que se sont rencontrées les différentes religions monothéistes. Quand on dit « Transmission » , que dit-on ? un héritage ? une rupture ? une création ? ou les trois à la fois ? Transmettre la tradition vivante d’une religion ne va plus de soi. Il n’est pas facile aujourd’hui d’accepter un héritage vieux de plusieurs siècles.
D’ailleurs, ce passé millénaire n’est-il pas trop encombrant quand on aspire à créer, à inventer, à être l’auteur de sa vie ? A quelles conditions les croyants des religions monothéistes, juifs, chrétiens, musulmans, peuvent-ils transmettre le goût et la nécessité d’une relation au passé qui incite chacun, jeunes et moins jeunes, à vivre le présent et à espérer en l’avenir ? Ces questions étaient formulées aux participants par Bernard Stéphan, directeur des Editions de l’Atelier et animateur de ce colloque. Et il ajoutait deux écueils : adorer le passé, vouloir le donner intact aux jeunes générations, et adorer l’instant et faire que nous pouvons nous inventer sans nous recevoir de quelqu’un d’autre, d’une société, d’une histoire.
Il ressort des différentes interventions et du dialogue avec la salle que la transmission n’est pas d’abord de communiquer un savoir, mais d’éduquer à un art de vivre, de viser dans le quotidien des comportements qui traduisent une identité religieuse et culturelle, l’essentiel étant toujours de donner et d’accueillir ce qui rend plus humain. On a pu entendre aussi que, selon les traditions, le rite, joint à la parole, était gardien de la culture religieuse et familiale.

La transmission en musique


Ce thème de la transmission a été présent aussi à travers l’expression musicale : la chorale de la communauté juive de Rennes a interprété, lors de la veillée du samedi soir, des chants en hébreu, yiddish et judéo-espagnol, et le quintette Ot Azoï, cinq jeunes dynamiques et détendues se sont produites à la clarinette, la flûte traversière, l’accordéon, au violon et au violoncelle et, par leur musique klezhmer, qui allie musique tzigane et juive, ont séduit le public.

Pour continuer sur le thème de la transmission

Le thème de la transmission sera repris à l’Abbaye de St-Jacut-de-la-Mer par l’intervention de Jean-Marie Petitclerc, éducateur spécialisé dans les quartiers qualifiés de sensibles. Le samedi 3 février, il abordera la question de la problématique de l’éducation : « L’enfant et la règle ».