Vendredi 22 décembre 2017

« La Foi qui reste »

Le journaliste et écrivain Jean-Claude Guillebaud donnait une conférence à l’abbaye de Saint-Jacut-de-la-Mer, le samedi 16 décembre, autour de son dernier livre paru en septembre, « La Foi qui reste » (L’iconoclaste).

« L’aurore n’est pas seulement l’annonce du jour. Elle est une écoute, une espérance reconduite. Cet amour du matin est au cœur de ma foi », confiait Jean-Claude Guillebaud, le 16 décembre, lors d’une conférence qu’il donnait à l’abbaye de Saint-Jacut-de-la-Mer.
Né en 1943, Jean-Claude Guillebaud explique comment il est revenu à la foi dès les années 1990. Il a côtoyé de grands penseurs comme Michel Serres, Edgar Morin et René Girard. Il a relu Bernanos, Maurice Zundel et Jean Bastaire dont il a retrouvé des accents dans « Laudato si’ » Ceux-là, et d’autres, ont illuminé son chemin de foi. Pendant seize années, il a écrit six livres-enquêtes sur le désarroi contemporain. Mais en 2007, avec « Comment je suis redevenu chrétien », la foi lui est devenue de plus en plus joyeuse et puissante.

Aujourd’hui, il enjoint de ne pas céder au pessimisme ambiant. « On constate que la Russie redevient chrétienne, les églises sont pleines, les jeunes fervents, l’effervescence culturelle est partout. Cette semaine, nous avons assisté aux obsèques chrétiennes de deux personnalités qui ont marqué des générations de français : Johnny Halliday et Jean d’Ormesson. En Ethiopie, se vit un incroyable retour au christianisme. »
Et pourtant que voit-il en France ?
Des églises ferment, l’organisation institutionnelle se fissure, écartelée entre foi et cléricalisme. Il constate d’un côté la médiocrité des « d’âmes habituées » et de l’autre une diabolisation du religieux avec les actes de terrorisme depuis janvier 2015 qui ont disqualifié l’Islam et le religieux dans son ensemble. La pédophilie dans l’église n’a pas arrangé les choses.
Pourtant, Jean-Claude Guillebaud livre son « esperance joyeuse. » Car « dans la foi, c’est la vie qui gagne. » Il promeut une grande attention à la nature, surtout depuis « Laudato si’ », et un nouveau rapport aux animaux avec les progrès de l’éthologie.
Comment peut-il être si joyeux, lui qui fut longtemps reporter de guerre, témoin d’atrocités ? « Ceux qui ont des raisons de désespérer m’ont donné les plus belles leçons d’espérance. »
Donatienne Bouchez