Lundi 3 novembre 2014 — Dernier ajout mardi 4 novembre 2014

La Grande Guerre - Hors-série n°19 - Novembre 2014

Edito : Plus jamais la guerre !
Vous avez entre les mains un numéro spécial d’ “ Eglise en Côtes d’Armor ” consacré à la Grande Guerre. Je suis reconnaissant à tous ceux qui ont apporté leur
concours pour recueillir des documents, apporter un éclairage particulier, nous aider à réfléchir au drame qui a ensanglanté l’Europe pendant plus de cinq années. Parmi toutes les évocations qui marqueront le centenaire, il est bon que soit rappelé ce que fut la vie du diocèse durant cette période douloureuse ainsi que le rôle joué par bien des personnes et des institutions pour prendre soin des blessés et des familles en deuil.
+ Denis Moutel,
évêque de Saint-Brieuc et Tréguier

La foi à l’épreuve de la guerre :
“ Mon Dieu, quel malheur que la guerre ! ”
Ce cri n’a-t-il pas été souvent proféré face à l’imminence d’un conflit armé ou
devant ses désastres accumulés ? Pourtant, l’émotion ne doit-elle pas faire place
à la réflexion autant qu’à l’action ? À quel Dieu renvoie l’excès de malheur et de
souffrance qui pèse sur les êtres humains ?

La guerre dans la Bible
Elément de la condition humaine, la guerre était déjà un fait endémique dans
l’ancien Orient : de la razzia entre tribus nomades, en passant par la conquête
armée lors de l’établissement en Terre promise, jusqu’aux combats défensifs au
temps des rois. Presque ininterrompues depuis Josué jusqu’aux derniers rois
de Jérusalem, les guerres reprirent au temps des Maccabées, pour notre vie et
pour nos lois (1 M 2, 40) en vue de l’indépendance politique et religieuse.

L’autre guerre : l’Algérie
De 1955 à 1957, l’abbé Jean Hamon, alors séminariste au Grand séminaire de Saint-Brieuc, a vécu la guerre d’Algérie. Il revient sur ces années qui ont fortifié sa future vocation de prêtre

Le rôle de l’aumônier militaire : “ Etre tout à tous ”
Ordonné prêtre le 21 juin dernier aux Invalides, Philippe Neveu, originaire de Langueux, est aumônier militaire au 4e Régiment étranger de Castelnaudary, dans l’Aude. Il témoigne de sa vocation d’aumônier militaire, ministère très particulier puisqu’il vit et travaille en treillis et rangers, au milieu de soldats d’origines très diverses.

Les sources Les catholiques et la guerre à la source des archives
Août 1914. La France entre en guerre. Le président de la République, Raymond
Poincaré, invite toute la nation à “l’union sacrée”. La cause nationale ouvre la voie à la réconciliation entre les catholiques et la République. Mais de vives campagnes anticléricales contraignent l’Église à faire la démonstration du patriotisme du clergé, à prouver l’engagement massif des catholiques dans la guerre et à montrer que cette mobilisation générale s’accompagne d’un regain de ferveur religieuse. Au sein des Archives diocésaines, ce combat contre les tenants de la laïcité transparaît à travers trois catégories de documents…

La vie du diocèse en temps de guerre
Opinions et réactions diocésaines en temps de guerre
Dès le début de son épiscopat, le 11 juillet 1906, Mgr Jules Laurent Morelle se trouve confronté aux tracas déjà connus par son prédécesseur Mgr Pierre-Marie Fallières (1896-1906). Après la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905, il est lui-même expulsé de son évêché le 15 décembre 1907. L’anticléricalisme ne désarme pas : la querelle scolaire prend le relais. La vie du diocèse s’en trouve très perturbée.

Gestion pastorale en temps de guerre. Le diocèse de Saint-Brieuc de 1914 à 1919
Les paroisses du diocèse de Saint-Brieuc, comme toutes les paroisses françaises,
basculent dans les préparatifs de guerre le samedi 1er août 1914, quand le funeste
tocsin mobilise les populations. Commence alors une période de près de cinq ans,
au cours de laquelle la vie paroissiale est profondément transformée, en raison de
l’absence de nombreux fidèles mais aussi d’une importante partie du clergé.

L’Hôpital complémentaire n°42 de Broons
Au début de la Première Guerre mondiale, personne n’avait envisagé une guerre
aussi longue et aussi coûteuse en hommes. Et, quand la crise des effectifs provoquée
par les épouvantables saignées des premiers combats et du "grignotage" de 1915
devint dramatique, il fallut bien imaginer de multiples techniques de rééducation
pour tenter de renvoyer dans la tourmente un maximum de blessés. Le service de
santé dut donc improviser et innover non seulement pour que le plus grand nombre
possible de blessés soit accueilli et soigné mais surtout pour que ces blessés soient
bien soignés et suffisamment remis sur pied pour redevenir des combattants et
n’être pas d’inutiles et coûteux réformés.

Témoignage de Grande Guerre :
L’abbé Auguste Amicel et sa correspondance de guerre
De 1916 à 1919, l’abbé Auguste Amicel, chapelain de l’archiconfrérie Notre-Dame d’Espérance à Saint-Brieuc, rédigea une correspondance assidue avec le chanoine Jules Gadiou. Des récits riches d’informations sur ce qui se passait au front, malgré les effets de la censure militaire.

Mémoire de la Grande Guerre
Chacun a pu remarquer dans beaucoup d’églises et de chapelles du diocèse, des
objets à caractère votif, témoignages du fort sentiment religieux du (des) donateur(s), de la reconnaissance pour l’accomplissement d’un vœu fait à divers
intercesseurs, au Christ, à la Vierge, à Dieu ou à ses saints, à la suite d’événements
vécus, très souvent douloureux.

Pour aller plus loin :

Bibliographie :
Boniface (Xavier), Histoire religieuse de la Grande Guerre, Fayard, 2014.
(consultable aux Archives diocésaines de Saint-Brieuc).
Cent ans après. Mémoire chrétienne de la Grande Guerre, document épiscopat, n°3, 2014.
Galesne (Norbert), Galesne (Erik), Les vitraux patriotiques en Côtes d’Armor, édition Petit Louis, Collection patrimoine, 2009. (consultable aux Archives
diocésaines de Saint-Brieuc)
Lettres à N.D. d’Espérance, Correspondance de l’abbé Auguste Amicel au chanoine Jules Gadiou (Juin1916-février 1919), Association Bretagne
14-18, 2013. (consultable aux Archives diocésaines de Saint-Brieuc)
Minois (Georges), L’Eglise et la guerre, de la Bible à l’ère atomique, Paris, Fayard, 1994. (Consultable et empruntable à la bibliothèque diocésaine)
Rousseau (Norbert), Pouvoirs et privilèges des prêtres mobilisés, législation canonique de la guerre 1914-1918. (consultable et empruntable à la bibliothèque
diocésaine)
Livre d’or du clergé et des congrégations religieuses. La preuve par le sang, 1914-1922, Paris, Bonne Presse, 1925. 2 tomes. (consultable aux Archives diocésaines de Saint-Brieuc)

Expositions :

  • Les Côtes-du-Nord dans la Grande Guerre (1914-1918), aux Archives départementales des Côtes d’Armor, Saint-Brieuc, jusqu’au 31 mars 2015.
  • Eclats de guerre, Dinan, Crédit Mutuel, jusqu’au 15 novembre 2014.
  • Centenaire de la Grande Guerre, Saint-Brieuc, lycée Saint-Charles, jusqu’au 13 décembre 2014.

Mais aussi … Vie religieuse en paroisse pendant la première guerre mondiale et La présence religieuse aux Armées pendant la Guerre 1914-1918 par Louis-Claude Paturel - Site internet de la Communauté des paroisses du Littoral-Ouest.
http://www.cplittoralouest.catholique.fr/La-presence-religieuse-aux-Armees
1re partie : http://cplittoralouest.catholique.fr/Vie-religieuse-en-paroisse-pendant
2e partie : http://cplittoralouest.catholique.fr/Vie-religieuse-en-paroisse-pendant-1220

Retrouvez tous les horaires des célébrations sur egliseinfo.catholique.fr

Couverture : Eglise de Sévignac.
Vitrail patriotique