Edito de Mgr Moutel - ECA février 2016
Lundi 8 février 2016 — Dernier ajout jeudi 28 janvier 2016

Laissez-vous réconcilier !

Il arrive que l’on se plaigne de l’absence des prêtres : on ne les voit pas assez ! Mais il peut arriver aussi que ce constat douloureux, et souvent injuste, soit tout simplement faux. En effet, il existe un moment – et des lieux – où les prêtres sont plutôt présents tandis que nous sommes le plus souvent absents… C’est le sacrement de la réconciliation, avec la confession de nos péchés. Pour ce ministère de la miséricorde, les prêtres ne sont pas vraiment débordés, ils vous le diront. Et ça dure depuis un moment… si l’on en croit le titre du livre du Père Bernard Bro, paru en 1969 : « On demande des pécheurs » !

Que nous est-t-il donc arrivé ? On tente parfois d’expliquer : « Nous avons perdu l’habitude… je ne sais plus très bien comment faire, c’est un « truc » d’autrefois qui entretenait la culpabilité etc ». Et si nous devions convenir tout simplement qu’il nous est très difficile de nous reconnaître vulnérables, de regarder en face nos blessures, de confesser notre péché ?
Et les attentes de la société nous tirent plutôt du côté de la belle apparence ou de la performance, bref du « zéro défaut ». Nous savons, en principe, que Jésus est venu pour « nous chercher, nous guérir, nous sauver », mais il nous est difficile de nous reconnaître parfois perdus, malades, pécheurs.

Et pourtant… ce sacrement de la réconciliation est un témoignage. Ceux qui acceptent de le vivre humblement participent directement à l’annonce de l’Évangile.

- Dans un monde qui porte tant de blessures, le pardon reçu est comme une fenêtre ouverte qui fait entrer le Christ dans notre quotidien, avec sa douceur, sa justice et sa miséricorde.
- Dans des communautés chrétiennes fragilisées par nos trop nombreuses divisions, le pardon reçu est une invitation à la fraternité pour mieux comprendre l’autre, reconnaître ses talents et porter avec lui nos faiblesses.
- Dans nos vies personnelles, le pardon reçu est un choix d’espérance. La vie est devant puisque Dieu ne nous laisse jamais seuls dans nos déroutes : « Par sa miséricorde, il nous libère du péché » (« Délivre-nous », prière après le Notre Père). En regardant Jésus, dans l’Évangile, dans sa mort et sa résurrection, nous comprenons que le pardon est toujours offert, sans condition.

L’Année Sainte de la miséricorde est le moment favorable pour célébrer ce beau sacrement. Au cours du carême 2016, plusieurs « journées de la miséricorde » seront organisées dans tout le diocèse et aussi des heures de confession dans les églises.

Chacun doit réfléchir honnêtement à la réponse qu’il donnera à l’appel du pape François : « Puisse le Carême de cette Année Jubilaire être vécu plus intensément comme un temps fort pour célébrer et expérimenter la miséricorde de Dieu… remettons au centre le sacrement de réconciliation puisqu’il nous donne à toucher la grandeur de la miséricorde de Dieu » (Pape François, Bulle d’indiction du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde N° 17).