Lundi 6 février 2017

Le chemin catéchuménal, une pédagogie d’initiation

Le verbe initier constitue le fil rouge de tout le parcours d’accompagnement des catéchumènes.

Quand une personne frappe à la porte de l’Eglise pour devenir chrétien, on lui propose un itinéraire de découverte de la foi chrétienne, des étapes pour grandir dans la relation à Dieu révélé en Jésus Christ. Nous utilisons un mot en Eglise pour nommer cet itinéraire : INITIATION.
Ce mot est riche se sens et dit bien ce que nous devons vivre avec les personnes que nous accompagnons dans leur quête de Dieu. Ce n’est pas pour rien que l’Eglise appelle les sacrements du Baptême, de la Confirmation, et de l’Eucharistie, les sacrements de l’initiation chrétienne.
Le verbe INITIER est comme le « fil rouge » de tout le parcours d’accompagnement du catéchuménat.
Mais quand nous parlons d’initiation, de quoi parlons-nous ?
Retenons simplement quatre convictions :
1) Le sujet du verbe INITIER est Dieu lui-même.
En langage chrétien c’est Dieu qui initie. Il est bon de reprendre le Texte national pour l’orientation de la catéchèse en France, publié par les évêques, en 2006 : « On est initié par Dieu lui-même qui nous donne part à sa vie.. Une pédagogie d’initiation cherche à faciliter la croissance d’une expérience de foi, dont le catéchiste [l’accompagnateur] n’est pas le dépositaire.. C’est Dieu qui l’a déposée au cœur de l’homme et de la femme. » (Page 64) L’accompagnateur d’un catéchumène n’est pas lui-même la source, il est au service de la personne en l’ouvrant à tout le trésor de la bible et de la Tradition de l’Eglise, pour lui permettre de se tenir dans la vie en croyant.
2) INITIER à la foi demande du temps.
Il arrive que des catéchumènes trouvent que l’itinéraire de 2 ans et plus apparaisse long, mais ce temps est nécessaire pour se laisser initier à la vie chrétienne par le Christ et son Evangile. Pas à pas, avec les célébrations qui rythment le parcours, avec la rencontre de chrétiens aînés dans la foi, le catéchumène chemine, s’ouvre aux trésors de la vie avec Dieu. Il découvre que l’Evangile de Jésus vient convertir sa vie, son regard. Que Dieu vient illuminer sa vie, la rendre plus belle. Le temps n’est pas un obstacle en catéchuménat, mais une chance.
3) Des célébrations liturgiques pour INITIER.
Pour manifester que c’est Dieu lui-même qui vient former le croyant, rien de plus signifiant et efficace que les célébrations qui jalonnent le parcours catéchuménal. Les paroles et les signes posés durant ces célébrations viennent révéler la proximité de Dieu, l’action du Christ dans la vie. Un catéchumène qui venait de recevoir l’onction d’huile sur les mains est venu me dire à la fin de la célébration : « Le Christ m’a touché ! » Nous sommes invités à croire à l’efficacité des signes sacramentels durant le catéchuménat. Ils disent l’action du Christ aujourd’hui, révèlent le Christ qui initie à la foi.
4) Une INITIATION qui continuera durant toute la vie chrétienne.
Après avoir reçu les sacrements de l’initiation chrétienne, le parcours « initiatique » est terminé. Mais n’avons-nous pas à continuer notre initiation à la foi ? Dieu nous a tout donné, mais nous avons encore des choses à découvrir, à vivre. Tout au long de notre vie nous devons laisser Dieu nous former à la vie selon l’Evangile de Jésus. Un Père de l’Eglise du IIIe siècle, Tertullien, dit bien notre vie chrétienne en marche, en conversion permanente : « On ne naît pas chrétien, on le devient. »

Abbé Guy Marzin.
Prêtre accompagnateur du SDCC