Vendredi 19 janvier 2007 — Dernier ajout mercredi 1er décembre 2010

Le dialogue œcuménique en marche

« Il a bien fait toutes choses, il fait entendre les sourds et parler les muets » (Mc 7, 37)
Tel est le thème annoncé de la Semaine de prière pour l’unité chrétienne 2007 avec la question : Chance ou défi pour l’Eglise fondée en Jésus-Christ ? Un défi qui est en train de devenir une chance. Une unité en marche à la prière de Jésus : « Que tous soient un comme Toi Père tu es en moi et que je suis en Toi. Qu’ils soient un en nous eux aussi afin que le monde croie que Tu m’as envoyé » (Jn 17, 21). Tel est l’enjeu de l’œcuménisme hier et aujourd’hui.

Qu’est-ce que l’œcuménisme ?

C’est le mouvement venu de l’Esprit-Saint qui a mis en marche les Eglises chrétiennes divisées à la rencontre les unes des autres, en fidélité à l’héritage que Jésus nous a laissé, la veille de sa mort, en écho à sa prière : « Qu’ils soient un ».

Et c’est là toute une histoire qui commence vers la fin du 19e siècle, lorsqu’un religieux lazariste, français, rencontre Lord Halifax, Anglican, et qu’ils deviennent ensemble initiateurs du dialogue Catholique-Anglican. En 1937, au cours de la semaine de prière pour l’Unité (18-25 janvier), l’Abbé Couturier lance la charte de cette prière : « L’unité des chrétiens telle que le Christ la veut et par les moyens qu’Il voudra ». Il n’y a pas d’autre moyen que la prière. Et cette prière porte déjà ses fruits dans la traduction œcuménique du Notre Père comme aussi celle de la Bible achevée en 1975.

Le décret conciliaire sur l’œcuménisme, publié le 21 novembre 1964, engendra à son tour, grâce au travail des théologiens, nombre de Comités mixtes : Anglican-Catholique, Catholique-Luthéro-Réformé et le comité mixte Catholique-Orthodoxe aujourd’hui d’une brûlante actualité dans le document : « la primauté romaine dans la communion des Eglises ». Le Conseil d’Eglises chrétiennes en France est né en 1983.

Assumer les ruptures

Les ruptures qui se sont produites en Orient concernent d’une part les Eglises qui ont refusé le Concile de Chalcédoine (451) et, d’autre part, celles qui pour des raisons culturelles et politiques autant que théologiques, ont donné les Eglises que nous appelons « orthodoxes » (1054).

C’est au XVIe siècle que se sont produites les ruptures qui ont donné naissance aux Eglises protestantes à la suite de la Réforme initiée en Allemagne par Luther. L’histoire de l’Anglicanisme marquée aussi par la Réforme l’est davantage par la situation particulière de l’Angleterre.

Il s’agit, en effet, d’assumer ces ruptures. L’histoire de l’œcuménisme au cours de ces 40 dernières années a connu deux périodes. La première celle des retrouvailles que l’on pourrait appeler « l’œcuménisme du cœur » a laissé croire à beaucoup que l’unité était à portée de la main. Mais au fur et à mesure que s’approfondissait la connaissance mutuelle et que les liens d’amitié se resserraient, on s’est aperçu que la seule bonne volonté ne pouvait venir à bout de nos séparations. Il ne s’agit pas d’occulter mais de creuser les différentes compréhensions de la nature de l’Eglise, des ministères ordonnés, de l’Eucharistie pour n’en citer que quelques uns. A « l’œcuménisme du cœur » il faut substituer une réflexion théologique exigeante, un dialogue en vérité, dans les instances spécialisées et armées pour la recherche mais plus encore dans la prière de tous les disciples de Jésus-Christ, et l’écoute de la parole unique de Dieu pour tous.

Un œcuménisme en marche

Il y a des gestes qui en disent long, la prière du Pape Benoît XVI, dans un récent voyage en Turquie, au Phanar à Constantinople avec les mêmes gestes que le Patriarche Bartholomeos 1er est une raison d’espérer une issue favorable à l’avancée du dialogue œcuménique.

Lors du Concile Vatican II, l’Eglise catholique avait pris conscience que l’Eglise voulue par le Christ « subsiste en elle » mais qu’elle n’est plus l’unique chemin du Salut. En effet en dehors d’elle des « Communautés ecclésiales » séparées accomplissent des actions sacrées qui produisent la grâce et donnent accès au salut (Décret sur l’œcuménisme n°3)

Alors l’œcuménisme chance ou défi ?

Et nous voici renvoyés à la prière pour l’unité. « La prière pour l’unité fait partie de ce noyau central que Vatican II appelle « l’âme de tout mouvement œcuménique », noyau qui comprend les prières publiques et privées, la conversion du cœur et la sainteté de vie. Cette communion dans le Christ soutient tout le mouvement œcuménique et indique le but même de cette recherche de l’Unité » (Benoît XVI, Dieu est Amour)

Lors des assemblées de prière pour la semaine de l’Unité, C’est le moment d’ouvrir nos oreilles et plus encore nos cœurs et de chanter l’Amour qui vient de Dieu dans un dialogue retrouvé. « Touche nos oreilles nous entendrons. Souffle sur nos lèvres nous parlerons ».

Article paru dans Eglise en Côtes d’Armor n°1 de janvier 2007.