Mikerson Olivier et Guillaume de Montgolfier
Mercredi 22 juin 2011 — Dernier ajout mercredi 14 septembre 2016

Le dimanche 26 juin, deux ordinations diaconales à Saint-Brieuc

Après cinq ans au séminaire de Rennes, Guillaume de Montgolfier et Mikerson Olivier seront ordonnés diacres en vue du ministère presbytéral par Mgr Moutel, le dimanche 26 juin, en la cathédrale de Saint-Brieuc (15h30). Les deux jeunes hommes de 31 ans ont pourtant des parcours différents. Le premier est né à Saint-Brieuc, le second en Haïti. Guillaume de Montgolfier se destine à être prêtre diocésain ; Mikerson Olivier appartient à la Société des Pères de Saint-Jacques.

Mikerson Olivier (à gauche) et Guillaume de Montgolfier (à droite)
Mikerson Olivier (à gauche) et Guillaume de Montgolfier (à droite)

Le parcours breton de Guillaume de Montgolfier

Guillaume de Montgolfier est né le 6 février 1980, à Saint-Brieuc, puis a vécu avec sa famille à Rezé, près de Nantes, avant de revenir à Loudéac en 1995. A partir de ce retour en Bretagne, Guillaume participe aux propositions de la pastorale des jeunes : « je suis un bébé de la génération Fruchaud », se définit-il. « Mon parcours vocationnel a beaucoup profité de toutes les propositions qu’il a lancées à l’égard des jeunes ». Action catholique des enfants, rencontres « Déclic jeunes », groupe de réflexion Nathanaël, animation des messes avec le Père Patrick Gauthier… Peu à peu, par le biais de ces équipes, Guillaume prend conscience de l’appel du Seigneur. « Une question m’était posée quant à ma vocation spécifique ». Il commence à y réfléchir avec d’autres jeunes réunis par le service diocésain des vocations, tout en poursuivant ses études au Havre, dans la marine marchande. Sa formation terminée, il entre au séminaire interdiocésain de Rennes en septembre 2004. Mais au bout de deux ans, il sent un appel particulier à vivre auprès des personnes avec un handicap mental. Suivent alors deux années de stage dans une communauté de l’Arche du Sénevé, à La Haye Fouassière, en Loire-Atlantique. « Il y vit un temps très profond de maturation humaine ». Il y apprend « l’attention aux personnes, la sensibilité à la souffrance, et aussi l’émerveillement devant la capacité de ces personnes avec un handicap à être proches du Seigneur ». Après cette étape qui marque profondément sa vocation, il retourne au séminaire de Rennes. Depuis trois ans, il vit une partie de la semaine en insertion sur la paroisse de Guingamp. La vie en paroisse lui offre là encore « un approfondissement de [sa] vocation”. “J’y suis très heureux et je sens que j’y trouve ma place ». Lorsqu’il a annoncé à ses parents son désir d’être prêtre, ces derniers n’ont pas été très surpris : « Tout le monde s’y attendait », se souvient le jeune homme. Dans sa famille, l’engagement religieux n’est pas nouveau. Guillaume se rappelle avoir vu ses parents aller à la messe régulièrement, être engagés dans leur paroisse. Un de ses oncles, aujourd’hui décédé, était prêtre, et une de ses tantes est religieuse. Et c’est dans cette lignée familiale que Guillaume de Montgolfier se prépare « paisiblement » à devenir diacre. Il n’en mesure pas moins l’étape « majeure » qu’il va franchir, en s’engageant au célibat et en quittant le statut de laïc. « C’est une étape importante qui me fera vivre aussi le service de mes frères ».

Mikerson Olivier, d’Haïti aux ruelles de Dinan

À quelques jours de son ordination diaconale, Mikerson Olivier se répète intérieurement le Magnificat. À l’instar de Marie, il ressent une grande joie, il chante sa reconnaissance envers Dieu. « Ce cri de joie traverse mon cœur pour dire combien je suis heureux d’être ordonné diacre pour servir mes frères », lance-t-il, enthousiaste. Et l’année qui se profile, avant l’ordination presbytérale il la conçoit comme une année au service de ses frères, « pour être incorporé au Christ serviteur, pour servir les pauvres et les petits ». Mikerson Olivier est né le 17 août 1980, à Haïti, dans une famille chrétienne. Servant d’autel pendant 12 ans, il apprend à servir et à aimer l’Eglise et le Christ. Il trouve dans le Mouvement Eucharistique des Jeunes les “points d’ancrage” de sa vocation. Chaque dimanche, il accompagne un prêtre pour servir la messe, puis visiter les malades. « Déjà, un germe missionnaire était enraciné en moi », se souvient-il. En 2004, il entre en propédeutique a Nord de Port-au-Prince, chez les Pères de Saint-Jacques, une société de prêtres dont la maison-mère est à Landerneau, dans le Finistère. Au cours de cette année de discernement, il est marqué par la phrase du Christ : « Viens travailler à ma vigne » et il découvre que c’est bien au ministère de prêtre que le Christ l’appelle. En accord avec le supérieur de la Société de Saint-Jacques, il poursuit sa formation au séminaire de Rennes, puis est envoyé en insertion dans la paroisse de Dinan. Depuis trois ans, il y découvre une autre Église que celle d’Haïti. « L’Église d’Haïti est très jeune. Ici, je découvre l’Église qui nous a évangélisés au XIXe siècle. Si je suis en France aujourd’hui, c’est le fruit de tous ceux qui nous ont évangélisés. Nous, haïtiens, nous venons en France pour annoncer l’Évangile en retour ». Pourquoi avoir choisi les Pères de Saint- Jacques ? Mikerson Olivier explique que sa vocation s’accorde dans la ligne de la mission “Ad extra” de cette société de prêtres missionnaires en France, au Brésil et en Haïti. Alors qu’il cheminait encore dans un groupe de réflexion sur la vocation, la phrase du Christ « Allez, de toutes les nations, faites des disciples » l’a bouleversé. « J’ai répondu à cet appel en entrant chez les Pères de Saint- Jacques. Leur charisme : laisser sa terre naturelle pour aller en terre étrangère partager la Bonne Nouvelle du Christ. » Et c’est ainsi que Mikerson sera ordonné diacre dans le diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier qu’il continuera à servir, dans la paroisse de Dinan, jusqu’à son ordination presbytérale.

Article paru dans Église en Côtes d’Armor n°6 de juin 2011.