
Témoignage du P. Bernard Le Gal
« En quittant la piste, la scène, le pupitre de chef de chœur, Léon nous laisse un magnifique témoignage. Le témoignage d’un homme et d’un croyant, d’un artiste aux talents multiformes, passionné de musique et de chant choral, qui n’a ménagé ni son temps ni sa peine pour la joie de celles et ceux qui chantaient avec lui, ou se rassemblaient autour de lui et de ses Amis du Rythme et de la Chanson (l’ARC). Il nous laisse aussi le témoignage d’un serviteur inspiré et fidèle de la prière liturgique de l’Église et du chant des assemblées chrétiennes. À la manécanterie d’abord, où, entré à 7 ans, il a été chef de chœur durant 26 ans, de 1978 à 2004. Mais aussi dans la responsabilité diocésaine de la musique liturgique, que lui avait confiée Mgr Pierre Kervennic, de 1987-1988 (date où il fonde la chorale diocésaine) à 2004. Une période où j’ai eu la joie de pouvoir travailler avec lui, et d’admirer au quotidien le sens aigu qu’il avait du service de l’Église et de la prière liturgique dont la musique et le chant sont partie intégrante. Un service qui a rayonné largement au-delà des frontières de notre diocèse et qui lui a valu de recevoir de Jean-Paul II la croix de chevalier de l’Ordre de saint Grégoire le Grand. »
Extrait de l’homélie prononcée par le P. Jean-Claude Marin
Chercheur de Dieu, artiste sensible à la beauté du monde, partageant sa joie de vivre avec la grande famille des siens et de ses amis : trois axes de la vie riche et bouillonnante de Léon Guillou qui nous quitte à la veille de la Sainte-Cécile, patronne des musiciens. Et c’est justement la musique qui peut nous permettre d’approcher le mieux sa vie puisqu’il l’affirme lui-même : « Chanter, c’est ma façon de me battre et de croire. »
Chercheur de Dieu
C’était il y a plus de quarante ans, à Coat an AN Archives nationales Doc’h. Le grand séminaire s’était déplacé et le jeune Léon dirigeait les chants des enfants. Il leur faisait interpréter Bach : « Laisse Seigneur ton ange saint, mettre son âme entre tes mains… » En ce jour de fête de l’école, ce choral nous saisissait, nous soulevait, nous portait vers la beauté du Dieu invisible. Cela m’avait marqué et depuis ce jour j’ai pensé que Léon Guillou –- en plus de celle de père de famille –- avait une vocation : celle de nous sensibiliser avec toute sa fougue, par l’art du rythme et du chant, à la présence mystérieuse d’un Dieu d’une éternelle jeunesse, d’un Dieu plein de rires et de chansons.
Sensible à la beauté du monde
Pour proposer aux chrétiens, comme il l’a fait, de chanter joyeusement leur espérance et leur foi, Léon pouvait puiser à une source secrète : sa sensibilité enthousiaste à la beauté, son tempérament d’artiste. La mer et les beaux ciels de Bretagne, et les voûtes de cette cathédrale ont fait vibrer Léon et, bien sûr, il n’a pas gardé tout cela pour lui. Chercheur de Dieu, sensible à la beauté, il reste avant tout pour nous l’homme du partage. L’ami.







