Vendredi 13 juin 2014 — Dernier ajout mardi 17 juin 2014

Les demeures épiscopales de Saint-Brieuc de 1802 aux années 2000

(partie 1) De 1802 à 1825

Source archives diocésaines de Saint-Brieuc

1802-1825

« A l’époque du Concordat de 1802, écrit le chanoine Le Sage, Bonaparte Consul crut avoir assez fait pour les nouveaux évêques d’assigner à chacun un traitement de 10.000 F et de leur donner, fait d’ailleurs dont je ne suis pas certain, une très modique somme pour frais de premier établissement. Mais il ne se mêla ni de leur mobilier, ni de leur chapelle, à l’exception d’une crosse que chacun devoit laisser à son successeur. Le département devoit fournir un logement convenable à l’évêque qui s’y meubleroit comme il l’entendroit et à ses frais ».

Le département devait fournir un logement convenable à l’évêque… C’était vite dit ! Il y avait bien l’ancien évêché mais il avait été vendu par la Nation.

« L’ancienne demeure de nos évêques, écrit le chanoine Le Sage, étoit au sud de leur cathédrale dont leur cour n’étoit séparée que par la largeur de la rue. Le jardin étoit d’une grandeur plus que suffisante, les édifices quoique vastes n’avoient rien de remarquables : ils attenoient vers l’Est à la chapelle St-Gilles dont l’entrée principale donnoit sur la rue du même nom, mais qui communiquoit avec l’intérieur de l’évêché dont elle étoit censée l’oratoire domestique. Elle fut démolie pendant la révolution… L’état de vétusté de surplus appeloit aussi une reconstruction qu’avoit commencée M. de Bellescize… L’évêché, dans l’état, la chapelle St-Gilles… furent vendus révolutionnairement et achetés par deux beaux-frères, riches marchands de la ville qui, cruellement atteints par la « loi du maximum » et à la veille de se voir ruinés par l’effrayante dépréciation des assignats dont ils se trouvaient comme inondés, se décidèrent, bien qu’avec répugnance, à en jeter à la nation en échange de l’évêché et de ses dépendances. C’est ce que m’a raconté une personne respectable de la famille ».

Mgr Caffarelli arrivait à Saint-Brieuc le 10 juin 1802, il fallait aviser au plus vite.
Jusqu’à la Saint-Michel 1802, l’évêque fut hébergé dans un immeuble – aujourd’hui démoli - de la rue St-Benoit. Quelques pièces avaient été aimablement mises à sa disposition par Mme veuve Ruffelet : solution qui ne pouvait être que provisoire. « Il m’est impossible, écrivait Mgr Caffarelli au Directeur des Cultes, de demeurer plus longtemps chez une personne qui ne m’a reçu que pour quelques jours, que j’incommode et chez qui je n’ai aucune des choses de première nécessité dans ma place ».
Du mois d’octobre 1802 à la St-Michel 1804, l’évêque, nous apprend le chanoine Le Sage, alla habiter « le modeste hôtel de Goyon… Je vins en mars 1804 y habiter avec lui. Le tout y étoit assez mesquin. Il n’y avoit que le strict nécessaire ». Du moins, l’évêque eut la possibilité – comme en témoignent ses archives - d’organiser son secrétariat et d’avoir sous la main les dossiers et rapports qui lui étaient nécessaires.
Nouveau déménagement ! Au mois d’octobre 1804 Mgr Caffarelli prend pension au Séminaire « où il payoit généreusement un logement peu commode et une table frugale ». Il y resta jusqu’en septembre ou octobre 1807. Le Séminaire de la Grenouillère – tel était, son nom ! - était situé « dans le quartier le plus maussade et le plus malsain de la ville : il est trop petit de moitié, son jardin est celui d’un presbytère [1] ».

Fin 1807, Mgr Caffarelli loua une maison située rue Saint-Benoit, appartenant à la famille Chouesnel-Lassale.

« Ce ne fut qu’en septembre 1807, écrit le chanoine Le Sage, qu’il alla occuper la maison ou hôtel du Docteur Lassalle et c’est alors qu’il se mit dans ses meubles. Il étoit homme d’ordre, économe, mais sans aimer l’argent que pour en bien user. Sans fortune, et réduit à son traitement il sut faire de grandes épargnes. Il fut bientôt très élégamment meublé, pourvu d’argenterie neuve… Il employa même des sommes assez considérables pour se procurer deux ou trois mille volumes de bons livres qu’il avoit au moins le goût de posséder ».

« Toutes ses emplettes furent prises sur son traitement… Il étoit, selon l’esprit de l’Eglise et la pratique des évêques de tous les temps, totalement appliqué en aumônes et autres objets intéressant pour la religion. On l’a vu envoyer jusqu’à 10.000 F à la fois pour l’acquisition du Séminaire de Dinan : il donnoit aussi beaucoup et souvent à celui de Saint-Brieuc, aux sœurs de la Charité, etc. Il vivoit cependant chez lui où il offroit volontiers un diner modeste aux prêtres et même aux laïcs que leurs affaires y conduisoient  ».

Mgr Caffarelli mourut le 11 janvier 1815. Un arrangement permit de maintenir le secrétariat et les archives de l’évêché dans cet immeuble Lassalle jusqu’à la Saint-Michel 1816.
Du 29 septembre 1816 au 20 novembre 1825, une partie de l’ancien évêché fut louée par la Préfecture pour abriter les services de l’évêché : l’efficace Jean-Marie de La Mennais était intervenu près des préfets qui se succédèrent durant la Restauration. Mgr de la Romagère put s’y installer le 15 novembre 1819. Le nouvel évêque « nommoit cela son palais, mais il brûloit du désir, sans doute légitime, d’en avoir un autre et qui fut à lui ». Ce palais était, en effet, assez délabré et n’était loué que jusqu’en 1825.

[1L’Hôtel des Postes, place de la Résistance ou du Théâtre, s’élève sur l’emplacement de ce vieux Séminaire.

Evêché Bellescize Evêché Bellescize Evêché Bellescize