Lundi 6 février 2017

Les mots de la liturgie ajustent notre prière à la prière de Jésus Christ et de son Eglise

Méditation à l’occasion de la récollection 2016-2017

Les mots de la liturgie ajustent notre prière à la prière de Jésus et de son Église. Ce que je vous propose ici n’est pas un cours de liturgie, mais plutôt le partage, mon témoignage, à partir de mon expérience de prêtre, depuis 26 ans. Depuis des années, je prie personnellement avec la liturgie des heures, avec les Évangiles pour la lectio divina, avec la célébration des sacrements de l’Église, en particulier, de manière régulière, la célébration de l’Eucharistie. La prière liturgique, je ne l’invente pas, je la reçois de l’Eglise. La prière liturgique n’est pas ma prière, mais la prière de l’Église. Je vous partage tout simplement quelques convictions sur la prière liturgique, que je pratique, et qui m’ajuste, jour après jour, année après année, à Jésus Christ, à la foi de l’Eglise

1) La prière liturgique me fait vivre en communion avec Dieu Trinité

En faisant attention, je découvre, au fil des célébrations liturgiques, que j’entre dans la prière adressée au Père, par le Fils et dans l’Esprit. En prononçant une oraison, par exemple : Je m’adresse à Dieu notre Père… Par Jésus Christ, son Fils notre Seigneur, dans l’unité du St Esprit.. Les prières Eucharistiques sont action de grâce à Dieu le Père, pour l’œuvre du Fils, dans la force de l’Esprit. La fin de la prière eucharistique me marque particulièrement : « Par lui, avec lui, et en lui, à toi Dieu le Père… » La prière liturgique m’enracine dans la foi en Dieu Trinité, elle me fait entrer dans l’amour de Dieu qui circule entre les trois personnes de la Trinité.

2) La prière liturgique me relie au Mystère pascal

La mémoire du Mystère pascal est au cœur de la prière liturgique de l’Église. La mort et la résurrection sont au cœur de la foi des chrétiens, et nous sommes « greffés » à ce mystère pascal à chaque célébration liturgique. Quand je préside à la célébration d’un sacrement, j’ai bien conscience que les paroles et les rites nous greffent à Jésus Christ. J’ai bien conscience que les sacrements sont efficaces parce qu’en eux le Christ lui-même est à l’œuvre ; C’est lui qui baptise, c’est lui qui agit dans les sacrements afin de nous communiquer la grâce, la vie divine, afin de nous donner de vivre, nous-mêmes, du mystère de Pâques. Présider une célébration sacramentelle est pour moi un moment important de prière, un moment d’intimité avec le Christ vivant et agissant.

3) La prière liturgique me fait entrer en dialogue avec Dieu

Les célébrations liturgiques ne sont pas des monologues. On écoute, on répond, on chante, ont dit des prières communes, on proclame le Credo, etc… En présidant les célébrations liturgiques, j’aide l’assemblée à entrer en relation avec Dieu, à répondre à l’appel de Dieu. De temps en temps, je trouve important, pour moi, mais aussi pour l’assemblée, de revenir sur les paroles que nous prononçons au cours des célébrations liturgiques. Dans la liturgie, Dieu nous invite à entrer en dialogue avec lui, en relation avec lui, en communion avec lui, pour vivre de sa vie. Comme prêtre je préside, et je mesure souvent la responsabilité que j’ai, par mon attitude, mes gestes, ma manière de prier, d’aider l’assemblée à vivre la rencontre avec Dieu.

4) La prière liturgique me donne des mots et une année liturgique pour nourrir ma foi

Les mots de la prière liturgique viennent nourrir ma foi chrétienne. Ils structurent ma foi. Ils me font avancer dans la foi de l’Église. Je pense, pas exemple, qu’il est bon de relire de temps en temps, chez soi, une prière eucharistique, le rituel d’un sacrement… Mais il y a quelque chose de plus structurant encore, c’est toute la richesse de l’année liturgique. L’Église déploie, sur une année, tout le mystère du Christ. En partant de sa conception, de sa naissance, en passant par Pâques, l’Ascension, la Pentecôte, jusqu’à la célébration du Christ Roi de l’univers, nous sommes invités à mettre nos pas dans les pas du Seigneur. L’année liturgique est une formidable catéchèse pour tous. Depuis 26 ans je reprends chaque année le calendrier liturgique de l’Église, je n’ai pas l’impression de tourner en rond, mais de tourner en vrille, en creusant…

5) La prière liturgique me fait grandir dans mon attachement à l’Église, peuple de Dieu

La prière liturgique m’aide à passer du « Je crois » au « Nous croyons ». Quand je préside la célébration de l’eucharistie par exemple, j’entre dans la grande prière de l’Église. Je reçois de l’Église les mots de la prière. La messe n’est pas pour moi un acte de dévotion personnelle, mais une prière communautaire. Je pense souvent aux quatre modes de présence de Jésus Christ dans la célébration de la messe : Il est présent dans l’assemblée, dans la parole proclamée, dans les espèces eucharistiques, et dans le ministre qui préside. L’Église est là ! Je trouve magnifique la phrase du Concile Vatican II qui dit que « l’eucharistie est source et sommet de toute la vie chrétienne. » (LG 11) On grandit dans son appartenance à l’Église en participant aux différentes célébrations liturgiques, tout au long de l’année. Je pense en particulier à une confirmation, une ordination, la messe chrismale… Notre sens de l’Église se fortifie en participant à ces moments importants.