Edito de Mgr Moutel - ECA Janvier 2018
Lundi 15 janvier 2018 — Dernier ajout mercredi 17 janvier 2018

Les vœux, ces mots un peu trop grands … mais qui nous tirent en avant

Avec la nouvelle année,vient le temps des vœux que l’on échange. On pense ici ou là que cette tradition est un peu vieillotte, voire franchement ennuyeuse.
Faut-il jeter au panier ces mots qui portent nos désirs pour les autres, pour le monde, pour l’Église ? Non, car même s’ils sont maladroits ou faciles, nos souhaits de nouvel an nous sauvent de la non-communication et de la seule juxtaposition de subjectivités qui n’auraient plus rien à se dire. Ils ouvrent à une relation possible,même épisodique.

Depuis quelques semaines, nous nous efforçons de mettre en œuvre quelques-unes des décisions du synode diocésain. Les mots peuvent nous apparaître un peu trop grands : accueil, fraternité, esprit missionnaire. Il faut bien le reconnaître, nous avons de la peine à vivre ces réalités que nous appelons de nos vœux. Si nous entrons courageusement dans cette étape d’application, c’est parce que nous croyons à la part que Dieu y prend et y prendra.

La première chose que nous pouvons donc nous souhaiter, c’est d’être des croyants, d’être vraiment des chrétiens :

  • Aller à la source.Revenir au Christ et nous appuyer d’abord sur sa Parole et son Évangile dans chacune de nos rencontres, dans nos communautés et fraternités.
  • Prendre un chemin de conversion : renoncer à la prétention de changer les autres et commencer par changer quelque chose en soi-même. « Commence par te garder toi-même en paix, et alors tu pourras pacifier les autres » (de « L’Imitation de Jésus Christ »).
  • Mettre les plus fragiles au centre des préoccupations de l’Église. Quand la valeur marchande prend le dessus sur la valeur de chaque personne humaine, nos cœurs finissent par se refroidir et nos paroles se font plus dures, avec le souci de nous protéger de ceux qui viendraient remettre en cause le confort que nous avons atteint.
  • Proposer la joie. L’absence de convictions et la baisse de l’engagement engendrent une tristesse que les distractions et la fête ne peuvent dissiper. Mais les témoins de la joie sont nombreux : ils font confiance en Dieu qui les aime malgré leurs faiblesses et ils s’enrichissent du dialogue avec ceux qui ne leur ressemblent pas.

Paix, joie, espérance … bien sûr, les mots choisis sont souvent comme des vêtements un peu trop grands pour nous. Impossible d’y renoncer, cependant, car ils nous viennent tout droit de la crèche de Bethléem. Ce qui est arrivé, c’est « une grande joie pour tout le peuple », ce qui est annoncé, c’est « la paix pour les hommes que Dieu aime ».

+ Denis Moutel
évêque de Saint-Brieuc et Tréguier