Lundi 29 mars 2004 — Dernier ajout lundi 27 novembre 2006

Mgr Alexandre Carlo

Missionnaire au Kouy-Tchéou en Chine
Premier vicaire apostolique de Lan-Long
Premier évêque de An-Lung


Alexandre Carlo naquit le 3 mai 1881 à Hénon.

Après des études au Petit séminaire de Tréguier, il entre au Séminaire des Missions étrangères à Paris en 1900. Ordonné prêtre le 29 juin 1905, il part un mois plus tard pour le vicariat apostolique de Kouy-Tchéou, en Chine.

L’arrivée en Chine d’un jeune Breton de 24 ans

En novembre 1922, nouveau changement : le Père Carlo est nommé premier préfet apostolique de Lan-Long. Cette nouvelle préfecture apostolique ne couvrait pas moins de neuf sous-préfectures civiles de la province du Kouy­Tcheou et trois sous­préfectures de la province voisine du Kouang-Si.

Un pays très tourmenté et malsain pour une mission tournée vers les Chinois mais aussi vers les Aborigènes de race Kioy et Miao (environ 7 000 chrétiens).

Un missionnaire courageux dans un contexte chaotique

En avril 1924, après avoir visité les quatre districts du haut Kouang-Si, il se met en route pour Shanghai où il participe au concile général de Chine.

En 1925, malgré la famine et la présence de nombreux pillards, il visite le nord-est de sa mission. En mars de cette même année, une armée de la province du Yunnan, en déroute, pille le Lan-Long pendant un mois.

Début 1926, il fait la visite des chrétientés de Tsihen, Tayen, Lo­Yang et des districts « Dioy ». Pendant ce temps, des bolchévistes, installés au Kouang-Si, tentent d’exciter la population contre la mission.

En 1927, la préfecture devient Vicariat apostolique et le père Carlo est sacré évêque à Kouy­Yang le 16 octobre 1927.

En 1929, c’est la guerre civile. Des bandes rebelles assiègent Lan­Long, créant une atmosphère de panique sur tout le territoire de la mission : des missionnaires, des prêtres chinois sont dépouillés par les brigands, d’autres capturés, roués de coups, plusieurs résidences pillées et incendiées, des chrétiens sommés d’apostasier. En avril 1930, Mgr Carlo s’em­barque pour la France pour parti­ciper à l’Assemblée générale des Missions étrangères en juillet. En octobre, il est à Villefranche-de­Rouergue pour l’ordination épis­copale de Mgr Fallières.

En mai 1931, il est de retour en Chine. Le 12 Juillet, il confère l’onction sacerdotale aux six premiers prêtres « Dioy », dans la cathédrale de Kouy-Yang. Ce sont les prémices de son clergé autochtone.

Dans un contexte de guerre civile et de famine, inlassablement, la mission relève les résidences détruites, construit couvent, écoles, chapelles. En 1932, Mgr Carlo lance la construction d’un petit séminaire qu’il bénit le 6 janvier 1935.

Mais dès le mois d’avril 1935, les premiers éléments de la Grande Marche de Mao Tse Toung arrivent sur le territoire de la mission ! Et c’est la fuite pour 4 000 à 5 000 réfugiés dont Mgr Carlo. La mission est pillée par les brigands et par les « Rouges » et la procure entièrement vidée.

Un bâtisseur « contre vents et marées »

Les quinze dernières années de la vie de Mgr Carlo sont extraordinaires de foi et de courage apostolique : malgré la guerre civile, l’insécurité, les menaces, contre vents et marées, il va relancer des travaux de construction un peu partout, rouvrir le petit séminaire, les écoles, présider à des exercices de retraite, bénir un oratoire dédié à sainte Thérèse, accueillir de nouvelles fondations de religieuses, poser la première pierre de la maison des Vierges catéchistes, participer à la réunion des évêques de la Chine méridionale et au congrès de l’Action catholique à Canton, aller à Manille (Philippines) pour le Congrès eucharistique international !

La guerre continue à détruire, Mgr Carlo continue à construire

La guerre sino-japonaise en 1937 n’empêche pas les murs du nouvel évêché de s’élever, ainsi que ceux de la cathédrale. Mgr Carlo reçoit les voeux des premières vierges catéchistes et ordonne des prêtres chinois (13 en 1948).

En 1950, les troupes communistes occupent le pays. Arrestations, détentions, jugements populaires, travaux forcés et expulsions vont décimer la mission. Le 15 février 1951, Mgr Carlo est expulsé et, sur la route de l’exil, à Kouy-Yang, il meurt d’une crise cardiaque. C’était le 25 janvier 1952.

D’après les documents des Missions Étrangères de Paris
« La Vie diocésaine » n°2, 24 Janvier 2002