Jeudi 22 octobre 2015

Neuf communautés trappistes célèbrent ensemble les 200 ans du retour de la vie monastique en France

C’est un événement historique qui va se vivre dimanche 25 octobre à 11h00 en la cathédrale de Laval. Neuf communautés monastiques de l’Ouest vont célébrer ensemble la messe dominicale hors de leurs abbatiales pour marquer le bicentenaire du retour de la vie cistercienne en France. Au total, 70 moines et moniales cisterciens se retrouveront autour de l’évêque de Laval, Mgr Thierry Scherrer, en ce haut-lieu de l’Église diocésaine.

Abbaye de la Coudre – Le chœur des moniales
Abbaye de la Coudre – Le chœur des moniales

Cette cérémonie marquera le passage de flambeau entre l’abbaye Port du Salut - première abbaye fondée après la Révolution française, en 1815 et qui terminera ainsi les festivités de son bicentenaire – et l’abbaye de la Coudre, fondée en 1816 puis les sept autres abbayes de l’Ouest dont les bicentenaires se succèderont les années prochaines :
- La Trappe de Soligny (Orne) en 2015
- Bellefontaine (Maine-et-Loire) en 2017
- Melleray (Loire-Atlantique) en 2017
- Les Gardes (Maine-et-Loire) en 2018
- Campenéac en 2020 … puis Bricquebec (Manche) en 2014, et enfin Timadeuc en 2041.
Toutes seront représentées dimanche dans les stalles de la cathédrale…

Un peu d’histoire :

La vie monastique et la Révolution

Avant même la Révolution, à l’exception de quelques communautés encore bien vigoureuses, la vie monastique connaissait un profond déclin : devenus des domaines immenses, les monastères cachaient, sous la grandeur, vétusté et délabrement tant spirituel que matériel. Le régime de la commende généralisé depuis François Ier, par lequel des abbés de cour, choisis par le roi, recevaient en « bénéfice » ces domaines sans assumer la charge pastorale des communautés avait ruiné la vie spirituelle et tari les vocations. Louis XV avait déjà programmé la fermeture des monastères. De leur fragilité, la Révolution allait avoir raison, abolissant Ordres et Congrégations, vidant les Abbayes de leurs occupants, s’en appropriant les biens.

Le rameau trappiste

Chez les Cisterciens – fils et filles de St Benoît de l’Ordre de Cîteaux – quelques communautés tenaient bon encore à l’heure des Lumières. De l’Abbaye de La Trappe, dans l’Orne, réformée par l’Abbé de Rancé au XVIIe siècle, était sorti en 1791 un essaim, conduit par Dom Augustin de Lestrange. Il avait pressenti le vent mauvais qui allait se lever et décidé de perpétuer la vie monastique sous des cieux plus cléments. La Suisse accueillit ces moines résolus. Bientôt des moniales allaient les suivre. La tourmente révolutionnaire gagnant l’Europe, ces frères et sœurs se réclamant de la Trappe fuirent devant les insurgés dans un exode qui les conduisit jusqu’en Biélorussie. L’Empire ne leur fut pas moins hostile, et le retour ne put s’amorcer que sous Louis XVIII.

Le retour et la floraison des XIXe et XXe siècles

Abbaye du Port du Salut – Frères et Sœurs rassemblés
Abbaye du Port du Salut – Frères et Sœurs rassemblés

En France, la vie monastique n’avait pas totalement disparu durant ces années noires : elle se maintenait ici ou là dans la clandestinité. Les vocations ne demandaient qu’à éclore. Les Trappistes arrivèrent en Mayenne, à Port-du-Salut, en 1815, puis à la Trappe la même année. Ils furent suivis par leurs sœurs Trappistines aux Forges (Orne, communauté transférée aux Gardes dans le Maine et Loire en 1818) et à Laval en 1816, ainsi que par deux autres essaims de moines - à Bellefontaine (Maine et Loire) en 1816 et Melleray (Loire Atlantique) en 1817. La pauvreté de leurs moyens n’avait d’égal que leur ferveur. Le XIXe siècle allait connaître la résurrection d’un monachisme purifié par l’épreuve. Dès 1824 naissait la communauté de Bricquebec (Manche). La Trappe allait fonder celle de Timadeuc dans le Morbihan (1841), Melleray, celle de Gethsémani dans le Kentucky en 1848 – rendue célèbre par Thomas Merton ; quant aux Trappistines de Laval, elles allaient connaître jusqu’à huit fondations, dont une à Ste Anne d’Auray en 1920, transférée par la suite à Campénéac (Morbihan). La trappe
Le XXe siècle a vu les Cisterciens Trappistes et Trappistines se répandre dans le monde entier : 178 maisons de frères et de sœurs sont réparties aujourd’hui sur les cinq continents.

Le sens de la vie monastique aujourd’hui

Neuf de ces communautés vivent encore dans notre région, parfois de manière précaire, toujours avec un fort engagement. Elles seront présentes ou représentées le 25 octobre. Mais de quel feu sont-elles porteuses ? Aujourd’hui, moines et moniales témoignent que, si Dieu est Dieu, il suffit à combler une vie ; qu’il peut être préféré à tout, même à la fondation d’une famille ; que le célébrer dans la louange quotidienne et élever vers Lui la supplication des hommes répond au désir profond du cœur humain. Les Cisterciens témoignent de cette place première de Dieu dans une vie de sobriété qui ne leur fait pas oublier la condition laborieuse de leurs contemporains. Ils témoignent aussi de la vie en fraternité.
Des liens forts entre les Mayennais et les Trappistes et Trappistines
Parce que proches de Laval et ancrées de longue date en terre mayennaise, les communautés du Port-du-Salut et de la Coudre ont tissé des liens profonds avec les Lavallois, avec les Mayennais. L’Église diocésaine, rassemblée en sa cathédrale le 25 octobre, à 11h00, sera heureuse de célébrer avec elles ce don de la vie monastique et de confier à Dieu son avenir.

Contact :
Abbaye du ND - Port-du-Salut - Contact presse : Dom Joseph tel 02 43 64 18 64
www.portdusalut.com

Abbaye de la ND - La Coudre –
Contact presse : Sœur Priscille tel 02 43 66 61 59 (de 9h30 à 12h et de 14h30 à 17h)
www.abbaye-coudre.fr