Mardi 2 décembre 2014

P. Bernard Le Gal

Le Père Bernard Le Gal est mort le 18 novembre à Saint-Brieuc. Les funérailles ont eu lieu en l’église Saint-Michel de St-Brieuc le le 21 novembre 2014.
Si vous l’avez connu, vous pouvez témoigner en bas de cet article.

Article de Serge Kerrien le 19 novembre 2014.

Le Père Bernard Le Gal est décédé mardi soir. Prêtre du Diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier, il a œuvré pendant de très nombreuses années au service de la liturgie, de la musique et de l’art sacré. D’une immense culture, passionné par la liturgie voulue par Vatican II, il a donné sa vie à former des prêtres et laïcs pour que les célébrations dans nos églises soient simples et belles. Il aimait la noble simplicité de la Liturgie ; ses nombreux talents nous en ont fait bénéficier. Trop modeste, il n’aimait pas occuper les premières places, mais la richesse de sa pensée théologique et de ses connaissances liturgiques ont irrigué les équipes liturgiques, les équipes funérailles et toutes les célébrations diocésaines. La beauté de nos liturgies lui doit beaucoup. Soucieux de formation, il a fait découvrir à tous ceux qui l’ont entendu ou lu, le sens profond des rites liturgiques et le chemin de spiritualité qu’ils ouvrent à chacun. Avec lui, la liturgie était un chemin vers Dieu.

Sachant s’entourer de collaborateurs de qualité, musiciens comme Léon Guillou, artistes, théologiens, architectes, il a veillé à préparer l’avenir, des services dont il était responsable. Ainsi il a créé avec Léon Guillou la chorale diocésaine et lancé les stages pour les jeunes musiciens. Aujourd’hui, note église diocésaine est riche de ces compétences qu’il a su appeler.

Enfin, il a pensé et mis en œuvre des outils pour accompagner prêtres et équipes liturgiques dans la préparation des célébrations. Les « Fiches Dominicales » dont il a assuré la rédaction pendant presque 30 ans ont permis à des centaines de communautés de travailler les textes de l’Écriture, de mettre en œuvre la liturgie de l’Église, d’en entrer dans l’intelligence.

C’est un prêtre à la foi profonde, à la sensibilité délicate, au sens désintéressé du service qui nous a quittés.

Jean Le Rétif : Obsèques Père Bernard Le Gal - 21 novembre 2014

Nous sommes nombreux cet après-midi, pleins de reconnaissance, présents pour accompagner un ami, un prêtre profondément passionné par le monde de ce temps, par l’Église et par toute l’humanité pour laquelle il se sentait engagé. Sa foi profonde, éclairée par la Parole de Dieu, était sa boussole. Discret mais ferme, Bernard, ou Père Le Gal comme tous les diocésains aimaient l’appeler, a été un prêtre, un frère, passeur et pasteur toujours soucieux de manifester et de faire connaître l’Amour de Dieu pour tous.
Homme de prière, perfectionniste jusqu’à vérifier tous les détails de ses interventions, de ses productions et de ses animations, il nous laisse un témoignage qui continuera longtemps à marquer ce diocèse qu’il a tant sillonné et pour lequel il a tout donné. C’est avec émotion et une certaine appréhension que je me risque à l’évocation de ce frère prêtre auquel ma génération et d’autres sont si redevables.
Le Père Le Gal est né le 20 octobre 1929 à Tréveneuc. C’est le 3e d’une famille de quatre enfants. Il a été marqué par l’environnement rural et marin de la côte du Goëlo.
De 1940 à 1947, durant la seconde guerre mondiale, il fait ses études au petit séminaire de Quintin.
En 1947 il entre au grand séminaire de Saint Brieuc. Il sera ordonné prêtre le 3 avril 1954 dans la chapelle de ce grand séminaire, peut-être signe prémonitoire d’une vie de prêtre qu’il vivra en ce lieu.
De 1954 à 1957 il préparera sa licence de théologie à l’Université Catholique d’Angers et à l’Institut Supérieur de Liturgie de Paris où il aura le privilège d’avoir pour professeurs quelques experts en liturgie qui participeront au Concile.
De 1957 à 1959 il sera vicaire à Saint Sauveur de Dinan. Il aimait à évoquer cette période heureuse de son apostolat.
En septembre 1959 il est nommé directeur au grand séminaire de Saint-Brieuc. On appelait alors Directeur tous les professeurs, en lien avec leur fonction d’accompagnateurs spirituels.
Il restera résidant de la grande maison Saint Yves, rue de Genève, jusqu’à ces jours derniers, soit 55 ans dans le même lieu.
Le Père Le Gal va enseigner la liturgie, accompagner des séminaristes dans la direction spirituelle et assurer la formation instrumentale et musicale, tout cela avec délicatesse, abnégation et compétence. Progressivement il s’engagera dans la commission d’art sacré où sa grande sensibilité pour le beau et pour la recherche d’adaptation des lieux pour une meilleure participation du peuple de Dieu pourra s’exprimer.
Dans son parcours il reconnaîtra lui-même dans un témoignage paru dans « Église en Côtes d’Armor » en 2003, combien le concile Vatican II a été un souffle extraordinaire pour lui-même comme pour beaucoup d’autres. Le Concile a été pour eux comme un printemps de l’Église désireuse d’entrer en dialogue avec le monde contemporain, en revenant aux sources les plus pures de sa tradition. Concile dont le premier chantier a été la liturgie dans la vie et la mission de l’Église peuple de Dieu, corps du Christ, temple de l’Esprit, appelée à être un signe levé sur les nations. » (Constitution sur la Sainte Liturgie, décembre 1963).
Il vivra le bouillonnement extraordinaire des années 70-80 d’une Église qui se découvre Église pour le monde. En même temps le liturgiste sensible qu’il était vivra un certain isolement tant à cette époque la liturgie apparaissait opposée à la mission, et la sacramentalisation à l’évangélisation prioritaire.

  • Trouvant du soutien auprès de ses collègues liturgistes régionaux et nationaux Bernard va tracer sa route et nous ouvrir tous à la découverte d’une liturgie au service des Communautés et d’une pastorale sacramentelle authentiquement missionnaire.
  • Il créera des équipes enthousiastes avec des collaborateurs heureux de vivre avec lui des expériences inter-services (théologie, catéchèse, sacrements du baptême et de la confirmation, pastorale des funérailles, service des pèlerinages, art sacré, art floral liturgique, stages de jeunes musiciens, commission des orgues). Il saura susciter, entraîner et faire naître des expériences nouvelles sans faire de bruit mais avec la conviction des bâtisseurs.

Sous son impulsion, des rencontres diocésaines rassemblant des centaines de laïcs, prêtres, diacres, religieux et religieuses se succèdent. La chorale diocésaine se met en place. La Pastorale des funérailles s’organise avec des soirées diocésaines et des formations de zone. Bernard est heureux et nous sommes heureux avec lui. Il garde ses exigences et on doit toujours mieux faire …
La participation « consciente, active et fructueuse » du peuple de Dieu à la liturgie est en train de prendre corps et visage au service de la mission de l’Église.
Prêtre au service du peuple de Dieu et acteur du renouveau liturgique il l’a été aussi à travers la belle expérience des Fiches Dominicales. Avec celles-ci, destinées simplement au départ au service des séminaristes qui se rendaient en paroisse, puis aux premières équipes liturgiques paroissiales du diocèse dans les années 70, il a fait connaître le diocèse de Saint-Brieuc dans le monde entier. Vingt-cinq mille exemplaires partaient de la maison Saint Yves chaque semaine aux quatre coins du monde. Travail de bénédictin, magnifique expérience où Bernard le pasteur a contribué à faire découvrir la Parole de Dieu, à favoriser la participation des laïcs et à célébrer en proposant le chemin du Beau, de l’intériorité et de la fraternité. Pour cela il aimait associer des collaborateurs auxquels il demandait de libérer leur créativité. Depuis son retrait du service de pastorale liturgique il a continué à servir l’art sacré et à apporter sa contribution au service des paroisses de Pléneuf et Erquy, appréciant de vivre en paroisse ce qu’il avait initié durant 50 ans
Lui qui a préparé et animé avec passion les pèlerinages de Lourdes, les pardons de Tréguier et de Querrien, lui qui nous a fait vivre tant de liturgies extraordinaires (ordinations diaconales, presbytérales et épiscopales, messes chrismales, messe du rassemblement Eucharistie-dimanche au stade du Roudourou le 6 mai 2001), qu’il soit accueilli par le Ressuscité du matin de Pâques, qu’il entre dans la joie éternelle de Dieu.
Merci Père Le Gal, Merci Bernard, durant 60 ans tu as été notre ami, notre frère prêtre avec délicatesse, avec foi, avec passion, tu nous as fait revivre l’expérience des pèlerins d’Emmaüs.
Puissions-nous continuer ce chemin de rencontre avec toi dans la communion des saints.

Voir en ligne : Un pionnier de la Liturgie nous a quittés

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