Dimanche 15 mai 2016 — Dernier ajout lundi 4 avril 2016

Marie Balavenne et le Légué

Il y a 350 ans, naissait Marie Balavenne sur le port de Saint-Brieuc. Une femme qui a pris à cœur la misère.

Le 19 mars, s’est ouverte l’année célébrant les 350 ans de la naissance de cette belle figure chère au cœur de la famille des Filles du Saint-Esprit, sœurs, laïques consacrées ou associé(e)s.

Qui était leur fondatrice, Marie Balavenne ?

Née au Légué, Marie Balavenne est baptisée à Plérin le 20 mars 1666. Sa mère meurt huit jours plus tard. Le bébé est confié à des oncles et tantes. Marie passe sa jeunesse à Port-Martin, puis probablement à la Ville Tourault, toujours en Plérin.

A 26 ans, elle épouse Guillaume Despons, « maître de barque » un veuf qui a six enfants. Elle élève avec sollicitude et amour ses enfants adoptifs, jusqu’à la mort de son mari, en 1691. Veuve à 31 ans, elle continue sa tâche d’éducation auprès des enfants Despons, tout en s’occupant des autres enfants et des malades du Légué.

Les familles sont pauvres, elles vivent des maigres revenus de la pêche. Les hommes qui périssent en mer sont nombreux, laissant veuves et orphelins. Des femmes meurent en couches, la mortalité infantile est fréquente. Les personnes âgées connaissent le dénuement. Les malades ne sont pas soignés.

Dévouée aux familles

Dans ce contexte dramatique de l’époque, Marie Balavenne va se dévouer corps et âme près des familles. Son devoir de mère adoptive terminé, elle est bientôt rejointe par Renée Burel, de Plérin. Sous leur conduite, les petites filles apprennent la couture, le tricot, le catéchisme. Les malades sont secourus.
Ensemble, elles sont soutenues dans ce vaste apostolat par Jean Leuduger d’abord prêtre à Plérin, Plouguenast, Moncontour, puis à Saint-Brieuc, tout en étant responsable des Missions bretonnes.

Ainsi naît la première « Maison de Charité ». Ensemble, Marie Balavenne et Renée Burel vont consacrer leur vie au service du Christ dans les plus fragiles. Elles prononcent leur engagement le 8 décembre 1706, jour anniversaire de la fête de l’Immaculée Conception. Les sœurs ont une dévotion à Marie, intercédant pour elles auprès du Saint-Esprit, auquel elles sont « spécialement dévouées et consacrées ».

En 1710, Marie Balavenne et Renée Burel sont rejointes par Charlotte Corbel et Mauricette Majol. En 1712, ces quatre femmes s’installent dans un logement plus vaste. Nous pouvons encore voir aujourd’hui ces deux maisons. C’est avec ce petit groupe que tout a commencé et que la congrégation des Filles du Saint-Esprit a pris son envol.
Les sœurs, celles qui les rejoignent, consacrées à l’Esprit Saint, puisent leur force de vivre, d’aimer, de servir dans l’adoration de la Sainte-Trinité. Elles mettent en actes Matthieu 25 : « J’ai eu faim… »

Vers 1724, les sœurs se déplacent à Plérin, dans une maison encore aujourd’hui occupée par une communauté de Filles du Saint-Esprit. Dans cette maison de Plérin, Marie Balavenne a la joie d’accueillir plusieurs jeunes femmes et de voir se créer des fondations nouvelles.

En 1729, deux sœurs quittent Plérin pour Taden. Là, à l’hôpital de la Garaye, elles seront formées aux soins des malades. Les époux de la Garaye leur confient la maison du « Petit Bon Espoir », qui devient à son tour école et Maison de Charité.

Mais, le 28 décembre 1743, Marie Balavenne décède à Plérin. Restée dans l’ombre toute sa vie, elle a pris à cœur la misère de son temps avec modestie, humilité, discrétion…

Christiane Lefilleul
associée des Filles du Saint-Esprit

Article extrait du dossier publié dans la revue Église en Côtes d’Armor de mars 2016.
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Voir aussi Marie Balavenne … 350 ans