Mercredi 14 juin 2017

Pèlerinage. Retour sur le circuit des chapelles dans le Morbihan

Lundi 12 juin, une quarantaine de pèlerins costarmoricains a visité quatre chapelles du Morbihan, guidés par Serge Kerrien, diacre du diocèse de Saint-Brieuc. L’occasion de découvrir - ou de redécouvrir - le patrimoine religieux, parfois méconnu, de la Province de Rennes.

  • Chapelle Notre-Dame de la Houssaye à Pontivy

Une pierre située dans le chœur porte une inscription découverte par le chanoine Guilon (curé de 1924 à 1926). C’est donc en 1435 que fut bâtie cette chapelle sous le duc Jean V le Sage et sous la juridiction du vicomte Alain IX de Rohan le Grand, dit le Bâtisseur, en même temps qu’il implantait la sidérurgie aux forges de Pontivy et qu’il construisait l’église de Kernascleden. Elle comporte une nef du XVIe siècle avec un seul bas-sud, un transept et un chœur à chevet plat. La nef et la croisée sont séparées par un chancel surmonté d’un Christ en croix de la fin du XVe siècle.

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  • Chapelle Sainte Noyale et son oratoire à Noyal-Pontivy

Située au village de Noyal-Pontivy, la chapelle Sainte-Noyale a été l’église de la paroisse jusqu’à la fin du XIVe siècle, époque de création d’une foire au bourg de Noyal-Pontivy par les vicomtes de Rohan.

L’édifice date de la première moitié du XVe siècle : tour de clocher, partie sud de la nef dont la porte est datée de 1423, porche sud, transept et chœur. La chapelle prend sa physionomie actuelle au XVIIIe siècle : vers 1700 a été ajoutée la curieuse flèche du clocher et le mur nord de la nef a été reconstruit plus au sud, ce qui a eu pour effet de réduire la largeur de la nef. Cet aspect allongé a été accentué par la construction de la sacristie en 1719.

Le retable du chœur s’apparente à l’école lavalloise, tandis que ceux du transept sont de type morbihannais. De la fin du XVIIe siècle, d’inspiration française, les lambris peints couvrent toute la voûte : vie de Sainte Noyale dans les tableaux de la nef, vierges martyres dans la croisée, figures du Christ et de la vierge dans les croisillons et le chœur. Ce fastueux décor était complété par des peintures murales. Sur le placître, l’oratoire à claire-voie dédié à Saint Jean est une construction du début du XVIe siècle. Le retable y a été posé dans les années 1700 et les lambris peints datent du début du XIXe siècle. Le calvaire, quant à lui, est daté de 1424.

La légende : Noyale était la fille d’un roi de Cambrie (nord-ouest de l’Angeterre) et aurait vécu au VIe siècle de notre ère. Elle désirait vouer sa vie à Dieu alors que son père la destinait au mariage. Elle se résolut à fuir son pays pour se faire ermite. Comme beaucoup de saints d’Angleterre et d’Irlande, elle choisit la Bretagne à l’âge de 20 ans accompagnée de sa fidèle servante. A l’instar de nombreux saints bretons venus d’outre-manche, elles traversèrent sur une curieuse embarcation : une branche d’arbre. Non loin de Bignan, au village de Bezo, un tyran local nommé Nizan, s’éprit de Noyale. C’était sans compter sur son inébranlable volonté de se consacrer à Dieu et lui opposa un net refus. Nizan la fit décapiter. C’est à ce moment-là qu’eut lieu le miracle : Noyale prit sa tête entre ses mains et poursuivit sa quête d’un lieu de repos. A quelques kilomètres du bourg de Noyal, trois gouttes de sang tombées de sa tête coupée firent alors jaillir trois fontaines. Sainte Noyale planta en terre son bâton qui aussitôt se transforma en aubépine, tandis que la quenouille de sa servante se changea en hêtre.

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  • Chapelle de Quelven à Guern

La chapelle de Quelven fut construite à la fin du XVe siècle. La présence des armes du cardinal Cibo, évêque de Vannes de 1490 à 1502, sur la clef de voûte du transept, permet de préciser la date de la construction. Sa taille est assez impressionnante pour une chapelle puisqu’elle fait 28 mètres de long et 70 mètres de haut avec sa flèche de pierre. Elle abrite plusieurs œuvres de qualité comme un orgue baroque de 1709 ou une Vierge Ouvrante. Juste à côté de la chapelle se trouve une Scala Santa, c’est-à-dire « le Saint Escalier ». Dans la tradition chrétienne, c’est l’escalier gravi par Jésus lors de son jugement par Ponce Pilate qui le condamna à la crucifixion. Ici, il servait à accueillir le grand nombre de fidèles pour le pardon, occasion pour laquelle la chapelle n’était pas assez grande.

Pardon de Notre-Dame de Quelven le 15 août, précédé de la fête de l’Ange.

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  • Chapelle Notre-Dame de Carmès à Neulliac

De la chapelle reconstruite au XVe siècle subsistent la nef qui portait à l’origine un clocheton charpenté et le transept. Au début du XVIe siècle, le seigneur du Porzo fait édifier la tour de clocher et son porche.

Les travaux de restauration entrepris en 1983 ont permis la découverte, sous les lambris peints en 1705 par La Palme, de la charpente ancienne à chevrons formant fermes et cerces moulurées polychromes et, dans le transept, d’autres lambris peints d’une qualité exceptionnelle de la fin du XVe siècle, représentant des scènes de la vie de sainte Catherine. De cette époque, datent aussi des peintures murales mises à jour dans la nef, et celles conservées derrière le retable sud.

Les toiles du chœur ont, elles, été peintes en 1772, par Déduy après le rallongement de l’édifice et construction de la sacristie en 1768. Les retables, posés au XVIIIe siècle, ont été restaurés en 1809 par Blévin.

Le calvaire, édifié en 1789, fut offert par Louis Audren et Marie Bernard. La fontaine, située à une centaine de mètres au nord de la chapelle, date de la fin du XVIIIe siècle.

Découverte des peintures murales : Etude de maîtrise d’œuvre pour la restauration des retables et des lambris. Sous la direction de Frédérique Le Bec, architecte DPLG et Patrimoine. L’étude préalable comporte différentes phases permettant de mieux comprendre la technologie et l’état de conservation des œuvres, de mieux adapter les traitements de conservation-restauration et d’établir des cahiers des charges précis. Les investigations ont permis de déceler la présence de peintures murales derrières le retable du transept sud, encourageant la dépose temporaire du tableau centrale, puis du retable. Les peintures murales de la chapelle Notre-Dame de Carmes ont été découvertes dans un été de conservation alarmant. De nombreuses fissures et décollement d’enduit ont entraîné d’importantes pertes. Une réalisation de sondages complémentaires est menée pour identifier et localiser d’autres vestiges éventuels.

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Prière
Ami de passage,
Qui que tu sois,
Nous sommes heureux de t’accueillir.
Te voilà dans une chapelle
Que nous te demandons de respecter.
Cette chapelle est le témoin
Que les générations précédentes nous ont laissé,
Témoin de l’habilité de leur savoir-faire,
Témoin de leur foi en Dieu.
Ici ils ont porté leurs joies et leurs peines,
Ici ils ont célébré la présence de Jésus Christ.
Ami de passage,
Cette chapelle est toujours un lieu de recueillement,
Le lieu de la prière
Le lieu du rassemblement pour l’eucharistie.
Nous te faisons confiance,
Ne trouble pas son silence,
Ne dérange pas son ordre,
Ne dénature par sa destination.
Avec tes yeux et ton cœur,
Regarde la beauté du travail des hommes
Cherche la présence discrète de Dieu.

Contact
Diocèse de Saint-Brieuc

Service des pèlerinages
02 96 68 13 50
adpelerinage[at]diocese22.fr