Journée Mariale Diocésaine, Sanctuaire marial diocésain, Notre-Dame de Toute-Aide – Querrien
Dimanche 1er juin 2008

Pèlerins dans ce monde pour une Bonne Nouvelle

Samedi 31 mai 2008

So 3,14-18a
Lc 1,39-56

Frères et sœurs, en ce monde, nous sommes des pèlerins chargés, depuis notre baptême et notre confirmation, d’annoncer au monde une bonne nouvelle, celle d’un Dieu qui nous aime et qui pour nous prouver son amour nous a envoyé son Fils unique, Jésus le Christ, et nous a donné l’Esprit-Saint.

Venus de toutes les paroisses, communautés, mouvements et services du diocèse et rassemblés très nombreux en ce Sanctuaire Marial diocésain de Notre-Dame de Toute-Aide, en ce 31 mai, fête de la Visitation de la Vierge Marie à sa cousine Elisabeth, que sommes-nous venu vivre en ce lieu ? Pourquoi nous sommes-nous rassemblés ?

Dès ce matin, avant de quitter votre paroisse ou dans le car, vous avez pris un temps de prière pour disposer vos cœurs et vos esprits à tout ce que nous allions vivre dans cette journée de prière, de rencontre, d’amitié. Dans ce temps de prière, vous vous êtes redits que c’est bien à l’invitation de la Vierge Marie elle-même que vous vous mettiez en route, que vous répondiez à son appel, pour qu’elle conduise vos pas de pèlerins vers son Fils, vers le Seigneur. Tout ce que nous avons déjà vécu en ce jour nous y a aidés : cette grandiose célébration au champ des apparitions, ces moments de silence, de partage, de prière en ce sanctuaire. Puis ce magnifique jeu scénique. Et nous voici au cœur de l’Eucharistie, sommet de notre rassemblement. En cet instant, je vous invite à entendre particulièrement deux appels du Seigneur : avec Marie, la plus grande des pèlerins du monde, oser proposer le Christ aux hommes de ce temps ; puis comme Marie totalement disponible au projet de Dieu, entendre les appels pressants que Dieu vous adresse.

La Vierge Marie, la plus grande des pèlerins du monde

La plus grande des pèlerins du monde, n’est-ce pas la Vierge Marie elle-même ? A peine venait-elle, au jour de l’annonciation, de se rendre disponible au plan d’amour de Dieu dans sa vie en acceptant d’être la mère de son Fils, qu’elle se mettait en route pour aider sa cousine Elisabeth et surtout pour qu’ensemble elles se réjouissent de cette bonne nouvelle : en elle le Fils de Dieu venait de s’incarner. Dans les temps où elle devait mettre son enfant au monde, elle se fit à nouveau pèlerin pour se rentre de Nazareth à Bethléem afin que s’accomplissent les prophéties annonçant que le Messie sortirait de Bethléem. Tout au long de la vie publique de Jésus, tout en demeurant bien à sa place dans un total effacement, elle accompagna spirituellement celui qu’elle avait enfanté et qui accomplissait sa mission messianique. Son assomption dans la gloire de Dieu la rendit encore plus pèlerin au cœur du monde. Elle vint soutenir la foi parfois éprouvée et chancelante des chrétiens. A travers les siècles, elle se manifesta pour appeler plus intensément à la prière, à la conversion, à l’unité, à la confiance. Elle visita tous les continents et favorisa de grands mouvements de conversion. Toujours elle s’adressa à des personnes pauvres, souvent fragiles physiquement mais qu’elle savait disposées à accueillir le message qu’elle voulait livrer au monde.

La Vierge Marie est bien venue en ce lieu en 1652. Dans ce champ des apparitions où nous avons prié ce matin, elle a confié son message à Jeanne Courtel, cette humble bergère sourde et muette. Elle a demandé à être honorée en ce lieu afin d’éveiller de grande foule à la foi en son Fils nous assurant qu’elle serait toujours « toute aide » pour chacun sur ce chemin de la foi.

Il y a 150 ans, elle apparaissait à l’humble bergère de Lourdes, Bernadette, lui demandant à nouveau d’inviter le monde au rendez-vous de la prière, de la conversion et à vivre de l’évangile. Elle signait sa présence à Lourdes en se déclarant l’Immaculée Conception, comme l’Eglise venait de la reconnaître officiellement. Et c’est bien pour célébrer ces apparitions de Lourdes que nous avons voulu nous rassembler ici aujourd’hui, faisant ainsi le lien entre Jeanne et Bernadette, entre Querrien et Lourdes, même si notre sanctuaire diocésain n’a pas connu le développement de la cité mariale pyrénéenne.

Aujourd’hui Marie se fait pèlerin auprès de chacun de nous. Comme à Jeanne Courtel ici même, comme à Bernadette Soubirous à Lourdes, elle a un message pour chacun de nous aujourd’hui. Ecoutons-le. Recevons-le. Ce message nous pouvons l’entendre de mille façons suivant ce que nous sommes, enfants, jeunes ou aînés, en pleine activité ou retraité, malades, handicapés ou bien portant, mais ce message s’adresse à tous, le voici : tournez vous vers le Seigneur, faites du Christ le centre de votre vie, puisez chaque jour dans les sources intarissables de son évangile, réconciliez-vous, vivez une vie sacramentelle forte. Ce Seigneur qui vous habite et en qui vous vivez, faites-le connaître sans crainte.

Ces appels étaient bien ceux qui étaient contenus dans les messages adressés à Jeanne et à Bernadette quand elle demandait de se convertir, de prier, de construire des chapelles pour venir célébrer le Christ mort et ressuscité et ainsi se fortifier dans la foi et le courage pour en témoigner au cœur du monde.

Frères et sœurs, au cœur de notre pèlerinage diocésain de ce jour, entendez ce premier appel : faites du Christ le centre de votre vie et osez présenter au monde Celui en qui vous croyez, Jésus, Christ et Sauveur. Avec Marie, soyez pèlerins au cœur de ce monde pour faire connaître le Christ.

Comme Marie, soyez totalement disponible au projet de Dieu pour votre vie

Il y a un second appel que je vous invite tous à entendre et à recevoir en ce jour. Comme Marie, soyez totalement disponible au projet de Dieu pour votre vie.

Nous le savons tous, nous en faisons tous la douloureuse expérience, un jour ou l’autre les épreuves sont bien là au cœur de vies, bien lourdes parfois. Elles revêtent des formes diverses : épreuves de santé, épreuves morales, épreuves dans le travail, épreuves dans les relations familiales, épreuves spirituelles. Ces diverses épreuves se mélangent souvent. Nous nous sentons bien pauvres et démunis, seuls et délaissés. Il nous arrive même de penser que Dieu nous a abandonnés. C’est la réalité de nos vies à tous. La tentation est alors bien grande de tout abandonner, de tout laisser tomber. Si nous le faisions, nous tomberions très certainement plus bas encore.

Si nous sommes bien enracinés dans le Christ, si nous lui avons laissé une large place dans notre vie quotidienne, si la prière et la vie sacramentelle sont nos sources vivifiantes, nous pouvons entendre les appels que le Christ nous adresse au cœur de nos vies.

Tout récemment j’ai reçu un courrier d’une personne qui vit une grande souffrance intérieure, elle m’écrit ceci : « Bien sûr, la situation est lourde, douloureuse et déstabilisante, mais une nouvelle fois la confiance ne me quitte pas. Dans les moments de désarroi je relis ces paroles de la lettre de saint Jacques : « Quand vous butez sur toute sorte d’épreuves, pensez que c’est une grande joie. Car l’épreuve, qui vérifie la qualité de votre foi, produit en vous la persévérance. » » Et elle écrit encore : « Je ne suis pas seule, je sais que le Seigneur ne m’abandonnera jamais et que mon entourage ne me lâchera pas non plus. »

L’appel est bien là pour chacun de nous : persévérer dans la foi et l’espérance au cœur des épreuves. Par là même manifester au monde que le Christ, Fils de Dieu incarné, par sa mort et sa résurrection a bien donné sens à tout ce qui fait notre quotidien. Il faut que tous ceux qui s’interrogent puissent se dire : qui est présent en cette personne pour qu’au cœur de ses épreuves elle garde une telle espérance ? Le chemin de la découverte du Christ, centre de nos vies, est alors ouvert pour tous.

Il ne faut cependant pas en rester là car c’est à une disponibilité totale que le Seigneur nous appelle. L’annonce missionnaire de son évangile, le service des frères dans leurs diversité, là où ils vivent et dans toutes les conditions où ils se trouvent, requièrent l’engagement de chacun de nous : jeunes et adultes, sur le chemin de l’initiation chrétienne ou aînés dans la foi. A tous, le Christ demande une très grande disponibilité. Les chantiers d’évangélisation sont nombreux. Les appels qui s’élèvent de tous les côtés nous bousculent. Déjà, grâce à beaucoup d’entre vous, nous y répondons mais le Christ nous invite à faire davantage.

Il nous invite surtout à laisser tomber les peurs qui sont en nous et qui nous paralysent. Il nous invite à bien mesurer nos paroles afin de ne jamais décourager les réponses naissantes dans le cœur des jeunes qui entendent les appels du Seigneur à consacrer toute leur vie à un ministère de prêtre si nécessaire pour l’Eglise et le monde, dans une vie totalement et définitivement consacrée à son amour. Jeunes garçons, jeunes filles, n’ayez pas peur de répondre aux appels du Seigneur jusqu’à tout lui abandonner par amour. Il sera toujours là sur votre route.

Parents, aînés dans la foi, répondez avec joie et confiance aux appels qui vous sont adressés pour permettre aux grands chantiers diocésains de pouvoir porter les fruits tant attendus : l’animation de nos paroisses dans les situations actuelles, la proposition de la foi dans les écoles, les collèges, les lycées, les aumôneries, les paroisses telle que nous l’envisageons dans le grand travail de la réforme de la catéchèse que nous poursuivons et qui déjà porte des fruits. Et dans tant d’autres secteurs pastoraux encore.

Comme Marie, soyons tous totalement disponibles au projet de Dieu pour nos vies.

Voilà les appels qu’au nom du Seigneur, en ce jour de grand rassemblement diocésain et en ce Sanctuaire qui nous est cher, votre évêque tenait à vous faire entendre de la part du Seigneur. En vous les adressant, j’y engage toute ma foi, tout mon amour de ce diocèse, toute mon espérance et ma forte conviction acquise depuis bientôt 16 ans que je suis parmi vous, pour que notre diocèse dispose de tout ce qui lui est nécessaire pour être porteur de la vie du Christ du monde. Il nous suffit de le vouloir chacun et tous ensemble encore davantage. Il nous importe de nous y engager sans réserve.

Nous demandons à Notre-Dame invoquée sous tant de vocables qui nous disent l’ampleur de son soutien, — nous avons évoqué ceux de notre diocèse dans la grande litanie de la liturgie d’accueil -– d’être pour nous « toute aide » afin de répondre à tous les appels que son Fils, le Seigneur Jésus, Christ et Sauveur, nous adresse.

C’est la grande grâce du jubilé que je souhaite à tous de recevoir en faisant ce pèlerinage, avant de vous retrouver très nombreux à Lourdes, en septembre, pour notre pèlerinage jubilaire.

Prenons quelques instants en silence. Puis à la demande de celles et ceux qui ont préparé cette belle liturgie de ce jour, je vous confierai quelques intentions parmi toutes celles qui me tiennent particulièrement à cœur.

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