Mardi 18 juin 2013

Présence et silence - Cercle de silence à Saint-Brieuc

En 2007, à Toulouse, à l’initiative des franciscains, un groupe de personnes décident de manifester leur indignation contre l’enfermement des « sans papiers » dans le centre de rétention de Cornebarrieu et contre des comportements indignes envers les migrants et leurs familles. Il le font « à la manière de Gandhi », en se réunissant en silence. Le « premier « cercle de silence » est né sur la Place du Capitole. Depuis , des « cercles de silence » se constituent une fois par mois dans 170 villes de France, dans une démarche de soutien aux sans papiers.. À St-Brieuc, La pastorale des migrants lance le premier cercle de silence en décembre 2008.

CERCLE DE SILENCE A SAINT-BRIEUC : « PRÉSENCE ET SILENCE »

Présence et silence - Cercle de silence à Saint Brieuc
Présence et silence - Cercle de silence à Saint Brieuc
Information
Information

Jeudi 13 juin, 18h devant l’entrée du centre commercial « Les champs », Jean-Marie allume une lampe tempête, et tout autour, une vingtaine de personnes vont prendre place, pour constituer un cercle. Un cercle qui va parler de lui-même, car il va poser question ;. il va intriguer les nombreux passants qui se pressent au cœur de la ville de Saint-Brieuc. Or ce cercle ne fait pas beaucoup de bruit, puisqu’il s’agit d’« un cercle de silence ».

Des voitures ralentissent pour lire les panneaux. Quelques piétons s’approchent et acceptent un feuillet d’explication. Quelques uns jettent un œil et continuent leur chemin. D’autres s’insèrent dans le cercle pour 5 min ou plus. Il n’y a pas à dire, Le silence interpelle ! C’est d’ailleurs un des premiers buts de cette démarche : sortir les gens de l’indifférence, au delà des mots. « Quand les mots manquent, ou quand ils ne sont plus entendus, le silence devient un cri au delà des cris » Frère Alain Richard. Franciscain.

C’est dans cet esprit que sont la vingtaine de familiers présents ce jour là à St-Brieuc dans le cercle. « J’aime bien l’expression du silence », confie une des participantes, ce jour-là ; « Ce n’est pas rien d’entreprendre cette démarche. On se sent solidaire de fait, et aussi en esprit, en communion avec les gens qui souffrent ».

De fait, lorsque l’on est à l’intérieur du cercle, il y quelque chose de fort qui se vit. Nous fixons la « lampe allumée ». Quelques uns ferment les yeux, le temps d’une prière peut être ou en grande communion avec les gens qui souffrent, qui sont victimes d’exclusion, de rejet, de mépris. Le corps en station debout participe aussi à cette durée dans l’intériorité.

Les personnes présentes ce soir là dans le cercle font remarquer qu’à ce jour, les centres de rétention existent toujours. La fécondité des cercles de silence a malgré tout contribué à ouvrir un chemin de conscience dans l’opinion publique et à favoriser quelques réactions positives à l’égard des sans papiers. C’est aussi un soutien effectif aux associations qui vivent la solidarité avec les migrants.

Extraits de l’entretien avec le Frère Alain Richard (franciscain) (La Croix –
lampe
lampe

8-01/2010)

"… Les centres de rétention sont à bonne distance du centre des villes. Croyants ou athées, hommes et femmes d’âges différents, nous nous rassemblons sur une place de centre-ville, au cœur de la vie des gens

… Le silence appelle à aller plus profondément en soi-même et à écouter sa conscience. Seul à seul, face à soi-même, dans le silence intérieur, nous affrontons les questions dans toute leur complexité et alors, nous découvrons l’ambiguïté qui est en chacun de nous. Bien souvent, nous sommes touchés par l’atteinte à la dignité des sans-papiers et émus par leur sort, mais en même temps, nous avons peur qu’ils restent. Le silence amène à prendre conscience de ce manque d’unité et à essayer de vivre de manière plus cohérente, plus simple, comme dit François d’assise, la simplicité étant l’opposé de la duplicité.

… L’espérance qui fonde notre silence est aussi celle qui nous permet de nous engager, sans condamner personne, pour faire advenir le règne de l’amour et de la compréhension, ce que les chrétiens appellent le Royaume de Dieu."

Le frère Alain Richard a publié Une vie dans le refus de la violence. Entretiens avec Christophe Henning, Éd. Albin Michel, 266 p., 18 euros

Les cercles de silence sont ouverts à toute personne croyante ou non, qui désire manifester sa solidarité avec la cause des sans papiers, tous les deuxième jeudi du mois, devant l’Église St-Guillaume à 18 h à Saint-Brieuc.

cercle de silence à Saint Brieuc Présence et silence - Cercle de silence à Saint Brieuc

Documents à télécharger

Vos témoignages

  • Sans grade 3 juillet 2013 13:53

    Quelles alternatives concrètes proposent les cercles de silence à l’enfermement des sans papiers dans des CRA conformes au DTU ???