Dimanche 11 septembre 2016

Quatrième jour à Lourdes : Journée consacrée à la Cité Saint-Pierre.

Les pèlerins étaient invités, aujourd’hui, à découvrir la Cité Saint-Pierre en équipe pour ceux qui le souhaitaient, avant d’avoir un temps d’échange avec Mgr Denis Moutel, évêque du diocèse de Saint-Brieuc. L’après-midi fut consacré à la célébration eucharistique présidée par ce dernier, en présence des pèlerins valides et malades avant un temps festif proposé par l’Hospitalité.

Echange avec Mgr Denis Moutel

Dans son intervention, Mgr Denis Moutel est revenu sur le synode engagé dans le diocèse de Saint-Brieuc. « Ouvert le 8 décembre 2015, le synode a été marqué par la création de 1.000 équipes synodales. Vous avez été inventifs, réactifs, réflexifs », a souligné d’emblée l’évêque de Saint-Brieuc et Tréguier. « Dans une huitaine de jours, je vous rejoindrai dans vos zones pastorales » pour une marche de douze kilomètres quotidienne. Toutes les personnes qui ont le désir de vivre une expérience d’Église et de témoigner de leur Espérance sont les bienvenues. « Choisir l’espérance [thème du synode diocésain], c’est choisir le don de Dieu et se laisser convertir au sein de nos communautés chrétiennes », a souligné Mgr Denis Moutel. Au terme de ce synode, à la Pentecôte 2017, ce dernier aura la lourde tâche de dégager de grandes orientations pour le diocèse de Saint-Brieuc. « Dimanche 4 juin 2017, nous serons tous réunis à Brézillet. Je vous invite à noter cette date », a-t-il appelé les pèlerins présents à Lourdes. Cette journée sera ponctuée par une célébration eucharistique le matin, puis d’une célébration de clôture l’après-midi avec la divulgation des axes à suivre pour l’avenir du diocèse costamoricain.

« Choisir l’espérance, ce n’est pas seulement choisir l’espoir pour notre santé, notre pays ou pour le monde. L’espoir nous conduit sur un chemin plus profond », a souligné Mgr Denis Moutel. « Notre synode n’est pas un synode d’organisation. C’est d’abord un événement spirituel. Le droit canon nous dit qu’on ‘célèbre’ avant tout un synode. On veut accueillir ce que le Seigneur murmure dans notre cœur. » Une question a régulièrement été posée au secrétariat du synode : Qu’a-t-on perdu et gagné en 40 ans ? « Oui, nous avons aujourd’hui moins de prêtres. C’est une grande tentation que de penser que c’était mieux avant », a répondu Mgr Denis Moutel. « Le Seigneur nous rejoint, nous comble et nous demande une exigence dans le présent. Saint Jean-Paul II avait dit : “N’ayez pas peur !”. Nous n’allons pas arrêter de vivre et de venir à Lourdes malgré le désordre du monde actuel. Il faut que nous disions aux jeunes que la voie est ouverte afin qu’ils puissent prendre leur place dans la société et leurs responsabilités. Si on leur dit qu’il n’y a pas d’avenir, que c’était mieux avant, comment ces jeunes pourront-ils avancer ? ».

Célébration eucharistique

Cet après-midi, la messe fut donnée en extérieur en présence des pèlerins valides et malades du diocèse de Saint-Brieuc. C’est à l’abbé Loïc Le Quellec, curé de Saint-Brieuc, qu’est revenue la tâche de préparer l’homélie de la célébration. « Marie a porté le Fils de Dieu, cette jeune femme a qui l’ange Gabriel a dit : “Veux-tu être celle qui donnera Dieu aux Hommes et l’Homme à Dieu ?”. Nous pourrions nous demander qui, pour nous, a été porteur du Christ. Est-ce ton père ? Ta mère ? Le recteur de ta paroisse ? Un hospitalier ? Un malade ? Un pèlerin ? », a-t-il débuté en ces termes son prêche. « Nous sommes tous porteurs d’espérance de notre humanité, d’une espérance remplie de plénitude et d’amour vrai. Cette joie est possible dans le Christ. »

L’abbé Loïc Le Quellec a directement interpellé les pèlerins costamoricains présents à Lourdes. « Au retour de ce pèlerinage, partagerons-nous cette joie reçue ou la garderons-nous enfermée ? Quelque chose nous transforme, quelqu’un nous touche et nous ouvre un chemin nouveau. Peu importe qui on est et les raisons pour lesquelles nous sommes venus. Nous avons tous fait l’expérience de cette joie de la rencontre. Un jeune avait dit à ses parents : ‘Lourdes, ça ne se raconte pas, ça se vit ». L’abbé Loïc Le Quellec a rappelé avec force que « les églises ont besoin de nous, les malades ont besoin de notre visite. Vous serez leur lien avec la communauté chrétienne pour qu’ils soient toujours membres de notre église. Auprès d’eux, vous témoignerez de la volonté du Christ qui est de servir. »

Mgr Denis Moutel a conclu la célébration eucharistique en adressant un message aux jeunes hospitaliers présents parmi les pèlerins. « Laissez-vous toucher par le pardon, la réconciliation, un échange, une discussion. Repensez à ces moments. N’ayez pas peur d’aller au-devant des pèlerins et demandez-leur pourquoi ils sont chrétiens, pourquoi viennent-ils à Lourdes. Allez leur demander, cela vaut le coup. » L’évêque du diocèse de Saint-Brieuc a conseillé aux jeunes hospitaliers « d’aménager dans [leur] cœur un jardin de solidarité. C’est quand on aime qu’on est heureux. Bannissons les rumeurs et les critiques. Soyons plus simples entre nous afin de proposer et d’accepter un service ». Mgr Denis Moutel a rappelé les propos du Pape François que ce dernier avait tenu, fin juillet, à Cracovie en Pologne dans le cadre des Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ). « Ne soyez pas des jeunes de canapé. Mettez vos crampons et prenez votre place sur le terrain et dans la prière »… Avant de les encourager à continuer leurs engagements paroissiaux et associatifs.

Témoignages de jeunes hospitalières

  • Marie, 18 ans
    « Les piscines m’ont beaucoup marquée. J’ai baigné Emmanuelle, une petite fille qui ne pouvait le faire qu’avec son père. Nous avons pleuré ensemble de vivre ce moment. C’est la première fois que je viens en tant qu’hospitalière. J’avais reçu le témoignage de ma grand-mère et celui de ma mère également hospitalières. Je voulais, à mon tour, vivre cette expérience. Cela m’a donné une autre image des autres. Mentalement, je sais que j’ai changé, j’ai grandi. J’ai retrouvé des personnes de ma classe ici, je me rends compte qu’on ne se connaissait pas. Je peux dire que j’ai retrouvé la foi. Je suis mieux dans mon corps et je n’ai plus de complexes. C’est une expérience qui me servira beaucoup. Si je peux, je reviendrai sans hésiter. Ça me fait du bien, ça me vide. »
  • Thiphaine, 17 ans
    « J’ai toujours aimé la relation avec les personnes. Être hospitalière à Lourdes, ça change complètement une vie. On vit différemment, sans tension, tout le monde est ouvert. Quand on voit comment certaines personnes souffrent, on n’a plus envie de se plaindre. On s’attache à elles. Ils nous racontent leur quotidien et on partage un bout de notre vie. J’ai discuté avec des séminaristes et des prêtres. J’ai appris beaucoup de choses que je ne connaissais pas avant. L’habit qu’on porte, c’est comme un signe de reconnaissance. On sait pourquoi on le fait. Avec cette tenue, on est plus simple. On ne juge pas, il n’y a pas de discrimination entre nous. C’est la plus belle expérience de ma vie jusqu’à présent. Ça nous apprend la vie. »

Voir en ligne : Interview de deux pèlerins sur RCF Côtes d’Armor