Mercredi 9 juin 2010 — Dernier ajout mercredi 30 juin 2010

« Relecture de notre être chrétien »

« Examen de conscience »

« L’examen de conscience est une rencontre avec soi-même, mais une rencontre sous le regard de Dieu, ce qui est le propre du discernement spirituel. Il n’a pas pour objectif de conduire celui qui prie à réaliser sa propre perfection, mais plutôt d’en arriver à pouvoir trouver Dieu en toute chose, en repassant toutes les occasions où il a pu s’éloigner de Dieu. En fait, l’examen de conscience est tout simplement un moyen par lequel le priant peut vérifier sa disponibilité aux appels de Dieu. »
Gaëtan Girard, Discernement ignatien dans l’accompagnement spirituel, juin 1997, p.53

« L’examen vise à développer un cœur qui discerne, actif pas seulement l’un ou les deux quarts d’heure dans la journée, mais continuellement. » [1]

Comme les apôtres au retour de mission, mettons-nous à l’écart pour faire le récit de notre journée au Christ, sous le regard bienveillant du Père, habité par l’audace et la force de l’Esprit qui renouvelle.

Qu’est-ce qui est source et effet de tension, de dispersion : rapport au temps, au rythme, à mon corps, aux autres dont je suis en charge, au Seigneur, à ma communauté, à ma famille.. ?

Pour repérer ces sources, il est bon de prendre le temps de s’arrêter et de laisser monter en soi toutes les tensions. Elles vont s’exprimer tout naturellement et venir encombrer notre esprit. Dans le temps de silence que nous prenons, nous faisons l’expérience même de la dispersion tout en cheminant vers l’unification de nos vies.

Appeler l’Esprit : une première étape

Demander la lumière intérieure et se mettre sous la conduite de l’Esprit Saint.

Viens Esprit de Sainteté,
Viens Esprit de Lumière,
Viens Esprit de Feu
Viens nous embraser.

Faire silence : une deuxième étape

Écouter les gémissements de l’Esprit, c’est faire droit au silence, lui redonner son ampleur et sa force. C’est entendre la Vie en soi, prendre conscience de l’événement que nous sommes.

La création de l’homme se passe dans le silence, loin du tumulte. L’homme est créé dans l’intimité et le mystère de Celui qui met son souffle de Vie en nous. Le silence va engendrer notre parole ; une parole de vie générée par l’Esprit. Rappelons-nous Élie : le vaste tumulte de l’ouragan n’est qu’illusion de la puissance de Dieu et de la présence de l’Esprit. Nos tensions et nos dispersions peuvent être l’ouragan qui barre un chemin à l’Esprit.

Le silence est le lieu du désert,de l’aridité ; lieu où rien ne nous encombre.

Il devient alors un espace de créativité et d’unification. Le silence peut devenir un espace de renouvellement et de transformation. Trop souvent la solitude qui nait du silence est loin d’être considérée comme le lieu de nos rencontres. Pourtant, l’aventure intérieure passé au creuset du silence nous ouvre le chemin de la rencontre.

Intérioriser, c’est accepter de se démettre d’un trop-plein de parole et de bruit pour cheminer dans son for interne et y trouver la secrète présence d’un Dieu qui ne s’impose que par son silence. Récit de Dieu et récit de l’homme convergent en un minuscule point vers lequel nous sommes appelés à marcher.
Le silence devient alors un formidable instrument de transmission du message de la Bonne Nouvelle dans la mesure où il est paradoxalement un haut-lieu de la parole et inhabitation de l’Esprit. Il est nécessaire pour accueillir les inévitables tensions de nos vies et faire qu’elles passent de la dispersion à l’unification.

S’en remettre à Dieu, c’est offrir tout ce que nous sommes, nous abandonnant gratuitement, en confiance, à Celui qui est Parole et silence. Accueillir le silence de Dieu, c’est accueillir notre humanité fragile pour la faire entrer dans la participation divine.

Le silence permet un retour sur soi.

Se retourner sur soi pour y trouver Dieu : troisième étape

Ce n’est pas de l’ordre d’une introspection aux allures de culpabilisation ou pour se passer de la pommade mais cela relève plutôt de la prière d’Alliance et d’une démarche de conversion. Un retour sur la manière dont j’ai vécu ma journée en communion avec Dieu, avec les autres, avec moi-même. Revenir sur mes propres actions, ce qui m’a mis en tension dans ma journée et qui a été facteur de distraction, de dispersion ; ce qui m’a éloigné de Dieu ou des autres.

  • Ce retour sur soi ne peut se faire sans rendre grâce au préalable, pour la journée qui m’a été donnée de vivre. Je fais mémoire des joies, des rencontres qui m’ont donné du bonheur, de tous ces petits riens qui ont procuré de la joie en moi et autour de moi.
  • Quel a été mon rapport au temps ? Aux personnes ? À Dieu ? À moi-même ? Ai-je laissé de la place pour Dieu au cœur de ma journée ? Quand ? De quelle manière ? Si non, pourquoi ? Qu’est-ce qui a apparemment fait obstacle ?
  • Si je pense avoir à demander pardon à Dieu, je le fais, en toute simplicité car lui me connais, « il me conduit par de justes chemins pour l’honneur de son nom. » (Ps 22, 3) Nous lui demandons « la joie d’être sauvé. » Ps 51, 14.

Rendre grâce : dernière étape

Au terme de ce temps de retournement, je rends grâce pour la présence de Dieu au cœur de ma vie. Lui qui scrute les cœurs sait ce dont j’ai besoin et il m’aime. L’heure n’est pas à la culpabilité mais je laisse exploser ma joie d’être aimé de Dieu, d’être créé par Lui.
Je te rends grâce Seigneur pour la merveille que je suis. Je te rends grâce d’être toujours présent, quoiqu’il arrive.

Psaume 138 (139)

« Que je marche ou me repose, tu le vois, tous mes chemins te sont familiers.
(…) ta main me conduit, ta main droite me saisit.
(…) C’est toi qui as créé mes reins, qui m’as tissé dans le sein de ma mère.
Je reconnais devant toi le prodige, l’être étonnant que je suis : étonnantes sont tes œuvres toute mon âme le sait.
(….) Je m’éveille : je suis encore avec toi.
Scrute-moi, mon Dieu, tu sauras ma pensée éprouve-moi, tu connaîtras mon cœur.
Vois si je prends le chemin des idoles, et conduis-moi sur le chemin d’éternité. »

Notre Père
Je me tourne vers le Père, c’est lui la source d’unification de ma vie.

Origine  : Récollection « Laïcs en Mission ecclésiale », Abbaye de Timadeuc, lundi 7 juin 2010.

[1George A. Aschenbrenner, L’examen de conscience spirituel , Cahiers de Spiritualité Ignacienne, 9, 1979, p. 34.