Mercredi 1er juin 2016

Retour sur la récollection des laïcs en mission ecclésiale : une plongée au cœur de la fraternité

Les laïcs en mission ecclésiale du diocèse de Saint-Brieuc étaient invités, les 30 et 31 mai, à participer à une récollection à l’Abbaye de Timadeuc (Morbihan). Durant ces deux jours, la trentaine de participants a pu réfléchir sur comment « vivre ensemble dans la fraternité », à travers des clés de compréhension données par l’abbé Armand Guezingar.

Abbaye de Timadeuc -  voir en grand cette image
Abbaye de Timadeuc

« Jamais l’humanité a été à ce point une seule, planétaire… et vulnérable. Ce n’est pas rien que le Pape François ait donné comme titre à son encyclique “Laudato Si – “Sur la sauvegarde de la maison commune” », a souligné d’emblée l’abbé Armand Guezingar. « Nous avons tous la même destinée, nul ne se sauvera tout seul. Aucune église ne peut se soustraire à cette obligation mutuelle. Très longtemps, les sociétés ont évolué vers l’émancipation et la liberté ; aujourd’hui, il y a un retour vers un lien fraternel ».

Pour le père Guezingar, « choisir la fraternité est avant tout un acte de discernement ». Ce dernier a expliqué que « la fraternité n’était pas celle que l’on choisissait [et] n’était pas spontanée ». Travail de longue haleine, la fraternité est à construire chaque jour et demande de la volonté. « Nous devons retrouver le sens du bien-vivre, point de départ d’une nouvelle civilisation. Dans la civilisation occidentale, nous ne sommes que dans le bien-être, souvent matériel », rappelle le père Guezingar.

Mgr Denis Moutel auprès des laïcs en mission ecclésiale -  voir en grand cette image
Mgr Denis Moutel auprès des laïcs en mission ecclésiale

Un monde sans limites

Le rapport aux autres et au temps est une notion que le père Guézingar a longuement développé, appelant à une remise en question de nos systèmes actuels, devenus complexes. « Avant, l’individu était soumis au temps ; aujourd’hui, l’individu maîtrise le temps. La société est devenue incontrôlable : surveillance vidéo, conditionnement, exaltation de la nouveauté… Aujourd’hui, nous sommes dans le gigantisme ; aujourd’hui, tout est trop grand, trop nombreux, trop rapide… bref, sans limites », explique-t-il.

Le père Guézingar a insisté sur la nécessité de ne pas oublier les plus démunis. « Nous sommes passés de l’état de producteur à celui de consommateur. Les plus démunis, faute de pouvoir d’achat, s’engagent sur le chemin de la marginalisation. On parle désormais des “invisibles” ». A cela, le Père Guézingar a rappelé les fondements de l’encyclique “Laudato Si”. « L’Homme est devenu maître, possesseur et destructeur de la nature. Le Pape l’a redit, l’Homme doit être le pasteur et le protecteur de la nature. Le cri de la nature rejoint celui des pauvres ».

Retour sur la parabole du Bon Samaritain -  voir en grand cette image
Retour sur la parabole du Bon Samaritain

Voir en ligne : Site de l’Abbaye de Timadeuc