Mardi 14 février 2017 — Dernier ajout vendredi 24 février 2017

Retour sur la session 2017 des Conseils épiscopaux à Créhen

Comme chaque année, les Conseils épiscopaux de la province de Rennes se sont réunis en vue de travailler sur un thème commun. Cette année, le thème choisi a été : « Des paroisses missionnaires ». Début février, et durant deux jours, les dix évêques de la province de Rennes ont été présents, accompagnés chacun des membres des conseils épiscopaux, du secrétaire du conseil presbytéral, du responsable de la formation des laïcs, d’un jeune prêtre et d’un laïc.

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© Véronique Larat

Quelles actions mettre en place pour rendre nos paroisses encore plus missionnaires ?

Objectif : annoncer encore et toujours la Bonne nouvelle de Jésus qui rend heureux.

Février 2017 - C’est sur ce vaste chantier qu’ont travaillé les évêques et conseillers épiscopaux de la Province, et une trentaine de laïcs en mission ecclésiale, pendant leur session annuelle de formation à Créhen, les 6 et 7 février. Le père Frédéric Louzeau, théologien et chercheur aux Bernardins, a accompagné la réflexion. Car l’enjeu est de taille aujourd’hui, celui d’aller plus loin encore dans la fraternité, la prière, l’amitié en communauté paroissiale. Des valeurs pas toujours vécues autrement que dans l’idéal. Pourtant, ce n’est pas faute d’y travailler. Et même si les initiatives ne manquent pas sur le terrain - grâce à Dieu ! - on peut aller plus loin, d’autant plus aujourd’hui, dans un contexte de paroisses apparemment en « perte de vitesse », et où l’omniprésence de prêtres et religieux n’est plus ce qu’elle était.

Évangéliser, qu’est-ce que cela veut dire ?

Avec Vatican II, on ne parle pas de Salut au même sens que du temps des grands départs en mission. Mais « s’il ne s’agit plus d’être damné si l’on ne connaît pas Jésus, à quoi bon se casser la tête ? » demande le Père Louzeau. Réponse avec Benoît XVI : ce dont la personne a besoin c’est de cette ouverture intime aux autres. Le Salut est le fait d’être délivré de l’enfermement sur soi. On le sait « le pire qui éloigne de Dieu, c’est l’individualisme ». D’où ce titre prophétique du texte de Pape François « La Joie de l’Évangile ». S’ouvrir aux autres est ainsi source d’énergie, non plus par peur de la damnation mais annoncer joyeusement la Bonne nouvelle du Seigneur. Existe-t-il plus motivant que la joie, pour évangéliser ?

Tous appelés à parler de la Bonne nouvelle

« L’esprit missionnaire vient vraiment de l’Esprit reçu du baptême » a rappelé le P. Frédéric Louzeau. Si donc l’évangélisation s’enracine dans la consécration baptismale, la mission est un don, une grâce. Et elle est pour tous. « On peut être timide, réservé, et être infiniment missionnaire si l’on est poussé par l’Esprit ».

Mais une étape manque peut-être pour s’y mettre. « On ne peut pas évangéliser si l’on ne se laisse pas d’abord évangéliser ». Or, cette étape pour soi-même passe par l’expérience de la souffrance. Celle qui fera vibrer les cœurs dans les paroles de compassion, de partage et de consolation. « Jésus n’est pas venu pour les bien-portants, mais pour des êtres de chair et de sang ». C’est sur les poèmes du serviteur souffrant dans le livre d’Isaïe que le Père Louzeau a enseigné tous ses frères sur ce thème.

Des notions à rappeler pour évangéliser

Ne pas occulter l’idéal ni toutes les exigences de l’Évangile, mais accompagner le chemin de tous pour y tendre. Viser un idéal, cela donne envie à chacun de faire les petits pas qui permettent d’avancer vers, même tout doucement.

La personne humaine n’est pas qu’un individu… elle est aussi pour les autres. Cette dimension dit sa nature missionnaire. Même chaque famille, chaque société, chaque peuple, n’est pas qu’une entité individuelle. Elle est aussi pour les autres… Ainsi, « un peuple peut être évangélisateur autant que des personnes » a redit le Père Louzeau.

Les 4 défis de l’évangélisation aujourd’hui

L’affaissement de la raison au bénéfice de l’immédiateté, de l’appel permanent à l’émotion, affecte la capacité de dialogue et de réflexion. Cela déclenche le fondamentalisme et la violence. L’Église a toute sa place pour aider les intelligences et les consciences à se former. Elle a encore des programmes éducatifs pour aider les jeunes à rebondir, les aider à s’ouvrir à plus grand qu’eux, en dépassant l’affectif ambiant.

La famille fragilisée est un autre défi. Il est important que la paroisse puisse exprimer sa capacité d’annoncer les bienfaits du mariage par exemple.

La mondialisation engendre un sentiment de dépaysement et de disparition du prochain ; un appauvrissement et une globalisation des cultures. L’Église, universelle, a fait la preuve de considérer chaque culture sans la fondre dans la sienne. La paroisse a quelque chose d’extraordinaire en tant que foyer de proximité par excellence. « Sortons donc nos paroisses d’un climat peu accueillant ou trop bureaucratique. Elle n’est pas une structure caduque ».

Devenons sensibles au drame de la Terre : le défi écologique est primordial, car il y a urgence à tout faire pour transformer nos modes de vie. La racine du mal écologique est humaine avant tout nous dit Benoit XVI. Les paroisses ont un rôle à jouer ici pour annoncer Jésus Christ.

*Extraits de notes sur les journées de Créhen par Véronique Larat, déléguée épiscopale à l’information - Diocèse de Laval

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© Véronique Larat