Lundi 9 octobre 2017

Retour sur les 60 ans de la Mission ouvrière dans le diocèse de Saint-Brieuc

En 2017, la Mission ouvrière fête ses 60 ans d’existence, l’occasion d’associer à cet événement la Jeunesse ouvrière chrétienne (Joc) qui a 90 ans cette année ; l’Action catholique des enfants (ACE), 80 ans ; et l’Action catholique ouvrière (ACO), 70 ans.

Samedi 7 octobre, près de 120 personnes ont répondu présents à l’invitation de la Mission ouvrière dans le diocèse de Saint-Brieuc ; l’occasion de retracer l’histoire du mouvement, de confronter les réalités d’aujourd’hui avant de clôturer l’après-midi par une célébration présidée par Mgr Denis Moutel à la chapelle de la Maison Saint-Yves.

Père Henri Cocheril

Ce dernier a ouvert l’après-midi en proposant une rétrospective de la Mission ouvrière. "A l’origine, la Mission ouvrière est prise en charge directement par l’évêque d’un diocèse. L’implantation de la Mission ouvrière se fera, petit à petit, à travers des missions paroissiales", explique-t-il. "C’est au moment-même que se vivait le Concile Vatican II que la Mission ouvrière de Saint-Brieuc s’est mise en place, de 1963 à 1965."

Père Paul Laurent, prêtre ouvrier

Les racines de ma vie personnelle et de sacerdoce, c’est l’action catholique ! J’ai la conviction ’hui que la mission dans le monde rural est toujours d’actualité. On ne fait pas de miracles mais il y a un terreau favorable à l’action catholique à travers une attitude missionnaire. Il y a encore dans des diocèses des prêtres ordonnés dans le monde ouvrier ou en milieu rural. Il y a comme un frémissement !

Monique, membre de l’ACO

L’Esprit Saint souffle où et quand Il veut. Il faut continuer à se battre. Je voudrais dire à l’Église catholique en Côtes d’Armor que le monde populaire et ouvrier - parce que la lutte des classes existe encore ! - continue à grandir. Ce sont les pauvres qui peuvent partager avec les plus pauvres.

Sr Marie-Thérèse, Fille du Saint-Esprit

Notre congrégation a encore la chance d’avoir des communautés dans les quartiers. C’est le cas à Plancoët, Lannion, Guingamp, Saint-Brieuc et à Broons notamment. La diversité est toujours une richesse. On se confronte à l’interculturel et à l’inter-religion. On est en proximité avec les gens issus du Maghreb et de la religion musulmane.

Arnaud, membre de la JOC

J’ai eu une éducation chrétienne par les établissements à travers lesquels je suis passé. Après m’être détourné de l’Église, si je reviens, c’est grâce à la JOC. J’ai envie d’apporter de l’espoir. La Mission ouvrière n’est pas morte ! On ne touchera sûrement pas les mêmes jeunes qu’il y a quelques années mais on touche aujourd’hui des migrants qui représentent une frange des milieux populaires français.

Mgr Denis Moutel

Soyons heureux de ce que nous avons reçu, vécu et partagé de beau et de bon à travers ce 60e anniversaire de la Mission ouvrière. Jésus nous indique qu’on ne peut pas confisquer le Royaume, on ne peut pas capter l’héritage à notre bénéfice. La Bonne Nouvelle est pour tous. Nous ne voulons pas passer à côté de Lui, nous ne pouvons pas vivre la Mission sans Lui.
Formons autant qu’il est possible de fraternités avec toujours un regard bienveillant pour l’autre. Ne fermons pas trop le cercle afin que d’autres puissent y entrer et avoir une mission même petite et simple. Cherchons ces lieux nouveaux où le Christ nous appelle !

Deux textes fondateurs du synode

  • Décret n°2 : "J’ai entendu, dans les équipes synodales et dans l’assemblée, un appel fort à l’imagination pour que nous soyons des “disciples-missionnaires” prêts à “sortir ” en de lieux nouveaux et sous des formes innovantes, à la rencontre des personnes. (marchés, forums, colloques, festivals, “écoute et parole des pauvres”…). Pour tenir compte de ces attentes, je demande que nos communautés chrétiennes s’engagent dans la recherche de ces nouveaux lieux missionnaires et des moyens à mettre en œuvre pour les rejoindre. Nous oserons appeler à des formes de présence et de témoignage innovantes."
  • LS-26 - Présence dans la cité : "L’Église en Côtes d’Armor, par ses représentants (évêque, prêtres), sensibilisera les chrétiens sur l’urgence de leur parole dans les débats sociaux et encouragera leur présence et leur engagement dans tous les secteurs de la vie (économie, environnement, éducation, formation, insertion…). Les paroisses feront connaître les mouvements catholiques qui peuvent accompagner cet engagement. Les EAP s’interrogeront régulièrement sur les lieux et réalités locales où les chrétiens ne sont pas assez présents et appelleront, selon les compétences, à de nouveaux modes d’engagement."

Voir en ligne : Article de la Croix : « Avec le pape François, l’Église appelée à sortir d’elle-même »