Jeudi 19 mai 2016

Saint-Brieuc. Retour sur la journée d’information sur les vêtements liturgiques

Jeudi 19 mai s’est tenue une journée d’information et de réflexion autour des vêtements liturgiques en l’église Saint-Yves (Saint-Brieuc) en vue de mieux connaître leur histoire, leur évolution et leur conservation. Une cinquantaine de personnes a répondu présent à ce temps-fort.

Une cinquantaine de personnes était présent -  voir en grand cette image
Une cinquantaine de personnes était présent

Le vêtement liturgique est lié à l’histoire de l’homme et de son église depuis vingt siècles. Walafrid Strabon, liturgiste carolingien, écrivait vers 840 : « Aux premiers temps, on célébrait la messe avec le costume ordinaire ». Mais « dès le IIIe siècle, certains évêques souhaitaient un vêtement liturgique spécifique », souligne Jeanie Kernec, membre de la commission d’art sacré du diocèse de Quimper. Ainsi, l’histoire du vêtement liturgique est une lente appropriation du costume civil des premiers siècles aux usages cultuels, en même temps que son abandon par les laïques. Par exemple, l’aube est une dérive de la tunique de lin dès le IVe siècle, qui deviendra au VIe siècle vêtement liturgique. Jusqu’au XIe siècle, l’aube est de forme étroite, courte et parfois décorée en sa partie intérieure. Devenue plus amble et allongée jusqu’aux pieds par la suite, l’aube comporte désormais des plis antérieurs et latéraux.

Des vêtements liturgiques étaient présentés -  voir en grand cette image
Des vêtements liturgiques étaient présentés

L’étole, quant à elle, est adoptée dès le IVe siècle comme ornement liturgique. En 675, lors du Concile de Braga, il est interdit aux prêtres de célébrer la messe sans cette étole, qui leur a été remise le jour de leur ordination. Au IXe siècle, elle devient l’insigne spécifique des évêques, prêtres et diacres. Au fil des siècles, l’étole sera de plus en plus décorée, tout comme la chasuble composée de laine, de coton et de tissus unis au début de la chrétienté. C’est à partir du VIe siècle que la soie permettra de différencier la chasuble des vêtements civils, avec l’importation orientale d’étoffes précieuses. Le choix des tissus se fait alors sans considération de couleurs ou de motifs, pouvant être d’inspiration païenne, arabes ou encore animale. Il faudra attendre le XIVe siècle pour que des tissus précieux soient produits en Europe, et particulièrement en Italie (draps de soie, velours…).

Une production « Made in France »

Jeanie Kernec a expliqué son travail de recherche -  voir en grand cette image
Jeanie Kernec a expliqué son travail de recherche

Pressenti dès le IXe siècle et confirmé par le Pape Innocent III, à la fin du XIIe siècle, trois couleurs apparaissent comme récurrentes dans la liturgie chrétienne : le blanc pour représenter le Christ mais aussi l’Epiphanie, la Vierge ou encore la Toussaint ; le rouge en référence à la Passion, les Rameaux, la Pentecôte ou le Vendredi Saint ; et le noir lié à la mort. Monseigneur Guillaume Durant, évêque de Mende au XIIIe siècle, introduit le vert dans le cadre des temps ordinaires et le violet en mémoire des plaies livides du Christ.

La chrétienté au coeur des vêtements liturgiques -  voir en grand cette image
La chrétienté au coeur des vêtements liturgiques

Lors de la Révolution française, les églises sont spoliées, les moniales chassées de leur couvent et les vêtements liturgiques ne sont plus fabriquées. Sous le Concordat de 1801, le vestiaire liturgique connaît cependant un renouveau. A l’instar de Napoléon Ier et de Charles X, les sacres s’imposent à la tête de l’Etat et la population ecclésiastique croît à nouveau avec la création, notamment, de nouvelles congrégations religieuses. Pour faire face, l’industrie lyonnaise va proposer ses services dans la production de textiles, en particulier au travers la soie. « La période des sacres permettra à l’industrie lyonnaise de connaître l’âge d’or ! », assure Jeanie Kernec. Cependant, la qualité des vêtements liturgiques de cette époque connait une grande disparité entre les diocèses, les villes et les paroisses de campagne.