Lundi 1er mars 2004 — Dernier ajout jeudi 29 janvier 2015

Saint Brieuc, patron principal du diocèse

Abbé, évêque, patron principal du diocèse.
Fêté le 2 mai
Attribut iconographique : le loup

La ville de Saint - Brieuc doit son nom à Brigo-Maglos, forme complète de Brieuc (orthographiée à la française) ou Brieg (en breton moderne).

Ce moine du Ve siècle tient une place particulièrement intéressante parmi les saints celtiques de Bretagne. Il fonda, sinon le siège de Saint-Brieuc, du moins l’important monastère qui devint plus tard l’emplacement de ce siège épiscopal.

Voilà pourquoi on le compte au nombre des « Sept Saints de Bretagne ».

Qui était Brieuc ?

Brieuc est né au-delà de la mer, au Pays de Galles. Actuellement, la ville principale de ce comté est Aberystwyth. Depuis quelques années, cette ville est jumelée avec celle de Saint-Brieuc.

Le père de Brieuc se nommait Cerpus, sa mère Eldruda. Tous deux étaient païens, mais un ange annonça à Eldruda que son fils deviendrait un grand saint. C’est pourquoi ses parents conduisirent l’enfant Brieuc à l’école de Saint-Germain. Brieuc grandit, devint moine et fut ordonné prêtre. Il revint dans sa patrie, convertit toute sa famille et fonda au Pays de Galles un grand monastère.

Les années passaient. Brieuc était devenu un vieillard. Mais un ange du ciel lui apparut et lui ordonna de se rendre en Armorique.

Brieuc s’embarqua avec 168 de ses disciples et vint fonder un nouveau monastère sur les bords du Jaudy. Mais il apprend que la peste ravage son pays natal. Nouveau voyage. Sur son intervention, la peste cesse de sévir. Il revient à son monastère, mais c’est pour repartir avec 84 de ses moines.

lls abordèrent à l’embouchure du Gouët, remontèrent un peu la rivière en cherchant un endroit où ils pourraient construire un oratoire. Ils s’engagèrent dans une vallée double qu’arrosait une source aux eaux abondantes. Ils s’assirent pour se reposer.

La fontaine Saint - Brieuc,
La fontaine Saint - Brieuc,
près de laquelle _ s’arrêtaient
les pèlerins du Tro Breiz.

Survint un cavalier qui aperçut ces hommes avec leur visage d’ailleurs et dont les vêtements roux étaient faits de peaux. Il leur demanda qui ils étaient et d’où ils venaient. Sur leur réponse, il s’éloigna au galop et alla prévenir son maître. Celui-ci, le comte Rigual, se met en colère et ordonne de chasser ces étrangers. Mais il est pris d’un mal subit. Il change d’idée et fait venir Brieuc et ses compagnons. Ils arrivent : ils se reconnaissent. Brieuc et Rigual sont cousins. Rigual, alors, fait don à Brieuc de son manoir du Champ du Rouvre. Lui-même se retire dans son château d’Hélion où désormais il habitera. Ce manoir du Champ du Rouvre n’est pas une forteresse. Ce sont quelques habitations protégées par les eaux et par une palissade, dans un vallon sillonné de ruisseaux. Alentour, les hauteurs en pente douce le protègent du vent de la mer et de la vue des pirates. Maître de ce petit domaine, Brieuc, avec ses compagnons, se mit à parcourir la vallée que couvrait la forêt. Ils découvrirent une fontaine aux eaux limpides. Il y construisit un oratoire de ses propres mains.

Les habitants de Saint-Brieuc connaissent bien la chapelle Notre-Dame de la Fontaine. Ils ont puisé de l’eau à la fontaine. Ils prient dans l’« Oratoire de Saint - Brieuc ». Les vitraux leur rappellent les principaux événements de la vie de leur saint patron. Au fond de la chapelle, la grande verrière rappelle la vision du moine Marcan lorsque mourut Brieuc. Marcan dormait ; il vit son maître Brieuc monter dans la gloire du ciel gravissant les degrés d’une échelle mystique. Les anges du Seigneur lui faisaient escorte. « Ici, c’est la maison de Dieu et la porte du ciel ».

Telle est, résumée, la Vie de Saint - Brieuc qu’écrivit au XIe siècle un clerc d’Angers qui se basait d’ailleurs sur une rédaction plus ancienne.

Texte du Chanoine du Cleuziou

Représentation - Reliques - Bibliographie

Représentation

Abbé avec le caractère épiscopal, Brieuc est dominé tout au long de son existence par un double souci : unir les bons, convertir les pécheurs. Ces pécheurs sont figurés par les loups qui, selon la légende, se précipitèrent en bande pour le dévorer, et qu’il dompta par son esprit de foi et sa douceur. C’est pourquoi le loup est son attribut iconographique.

Dessin de Th. Busnel
Dessin de Th. Busnel
illustrant la couverture d’une petite brochure sur le culte du saint.
Imp. Prud’homme, Saint-Brieuc

L’évêque Pierre obtint qu’une partie de ces reliques fût rapportée à Saint-Brieuc. Le comte Alain de Penthièvre tint à les porter lui-même et, ajoute la chronique : « au moment d’entrer dans la Cathédrale, les saintes reliques tressaillirent. On dit que ce fut de la joie que le saint ressentait de revenir à l’endroit où il avait séjourné de son vivant. »

Bibliographie

  • Au XVIIe s., un chanoine de Saint–Brieuc nommé La Devison a écrit une vie de Saint – Brieuc. Ecrite en langage d’époque, elle a un mérite littéraire.
  • Le Frère Albert Le Grand (de Morlaix) qui écrivait également au XVIIe siècle a inséré la vie de Saint–Brieuc dans ses « Vies des Saints de la Bretagne Armorique ».
  • Dom Lobineau (abbaye de St-Jacut), dans ses « Vies des Saints de Bretagne » (1725) a donné une étude critique.
  • M. l’abbé André du Bois de la Villerabel a donné en 1897 une Vie de Saint–Brieuc qui se lit de façon agréable.
  • La Borderie, au tome I de son Histoire de Bretagne, a étudié le rôle de St Brieuc dans le contexte de l’arrivée des Bretons en Armorique.
  • Le chanoine anglican Gilbert H. Doble a écrit une étude de Saint-Brieuc, sa vie, son culte, traduite par L. Kerbiriou en 1930. C’est une mise au point du culte de Saint–Brieuc en Grande-Bretagne et en Bretagne armoricaine.

Hagiographie

La vie de Brieuc a été écrite au XIe siècle par un clerc d’Angers. Il dit avoir eu en mains un texte plus ancien écrit « en langue étrangère » . Cette rédaction « ne nous suggère aucune confiance au point de vue historique » (Duine, Memento des sources hagiographiques, n°62). Cette vie latine a été éditée par Dom Plaine dans les Analecta Bollandiana d’après un manuscrit du XIIe siècle de la Bibliothèque de Rouen.

Au Pays de Galles

Llandyfrieg conserve son nom.
Dans la Cornouailles de Grande-Bretagne on trouve plusieurs St-Breok.
Il est le patron de St-Brieuc des Iffs et St-Brieuc de Mauron.
Des bretons émigrés ont fondé St-Brieux au Canada

D’après les notes du chanoine Jacques Raison du Cleuziou, ancien archiviste de l’Évêché.